Comme on fait son lit – de roseaux – on épure !

    Comme on fait son lit - de roseaux – on épure !La ville de Montpellier a décidé de consacrer  150 millions d’euros à  la station d’épuration Maera, qui aura une capacité de traitement de 470 000 équivalent/habitants. Plusieurs innovations technologiques remarquables sont  à signaler dans ce projet d’envergure, mais ce qui séduit Primum-Non-Nocere c’est l’utilisation par la station de Cournonsec d’une épuration par lits plantés de roseaux

    En fait, après six mois de travaux, trois secteurs de la commune de Cournonsec trop éloignés du centre urbain pour un raccordement au réseau principal, ont été dotés d’une station d’épuration faisant appel au concept de lits plantés de roseaux, en accord absolu avec les objectifs définis par le Grenelle de l’environnement.

    En fait, la phyto-restauration mise en œuvre par cette station d’épuration, est une technique connue depuis l’Antiquité qui consiste à utiliser les plantes et l’écosystème des zones humides pour épurer les eaux usées domestiques.

    Il nous aura fallu deux siècles de sophistication industrielle, finalement destructrice, pour redécouvrir, sinon « l’eau tiède » du moins des procédés naturels bienfaisants à la portée de tous.


    Plein feu sur le roseau.

    C’est le roseau commun, plante possédant un système racinaire profond et volumineux – le rhizome – susceptible de fixer de nombreux micro-organismes, qui constitue la carte maîtresse du système. Le roseau en collaboration avec les micro-organismes absorbe allègrement les éléments nutritifs contenus dans les eaux usées et, ensemble, la purifient. Procédé « rustique, économique [qui] demande peu d’entretien et respecte l’environnement. Procédé qui traite intégralement les eaux usées, sans [consommation] « d’énergie et sans production de boues car les résidus sont minéralisés. Il exploite les capacités de filtration d’un sol reconstitué à partir de sables et de graviers et planté de végétaux adaptés, les roseaux. L’installation est constituée de deux étages de traitement successifs ayant des rôles complémentaires » explique l’Indépendant.com.

    De plus le dispositif non seulement  s’intègre de façon harmonieuse dans le paysage mais son entretien ne diffère pas de celui du jardinage ordinaire.

    Pas de problème d’odeurs non plus : l’aération-oxygénation nous en dispense fort heureusement ! Pas de risque de production de boues : elles sont remplacées par « un résidu peu volumineux, stable et minéralisé, à l’aspect de terreau sur le premier étage de traitement à raison de 1,5 centimètre par an« . Pas de problème de stockage ou de traitement de déchets : « un simple raclage de la surface du premier étage suffit tous les dix ans » ! Et en plus c’est beaucoup moins cher que d’autres dispositifs techniques : un million partagés par Montpellier Agglomération et par l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée et Corse.

    Nous, à Primum-Non-Nocere, appelons de tous nos voeux à l’évaluation des ces procédés appliqués au secteur hospitalier, pour diminuer nos rejets de médicaments et d »effluents liquides dans la nature…..et qu’on retrouve dans les eaux de boisson !

    Si l’immense secteur de la santé en France pouvait bénéficier  de ce procédé naturel, propre et sain, le roseau dépollueur en obtiendrait une gloire encore plus grande que celui de la Fable où il se contente de « plier et ne point rompre » …

    Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere

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