Ecrans et jeunes enfants

    exposition écrans enfants

    Les écrans sont les ennemis de nos jeunes enfants.

    Après le CSA qui tire la sonnette d’alarme depuis dix ans, c’est le ministre de la santé qui vient nous rappeler qu’exposer les tout petit aux écrans est dangereux :  télévision, smartphones, tablettes sont préjudiciables au développement et à la santé tout court de nos enfants âgés de moins de trois ans.

    Or, quand on sait que beaucoup d’enfants sont exposés aux écrans à partir de 18 mois (ça les fait tenir tranquilles !) on peut craindre le pire.

    C’est pourquoi, l’an passé, Agnès Buzyn a pris de relai de la campagne du CSA qui vise «  à bannir les écrans pour les moins de 3 ans ».

    Quels sont les risques ?

    En 2013 l’Académie de Médecine répondait à cette question : « Toutes les études montrent que les écrans non interactifs (télévision, DVD) devant lesquels les bébés (de moins de 2 ans) sont passifs n’ont aucun effet positif »  mais peuvent au contraire provoquer « prise de poids, retard de langage, déficit de concentration et d’attention, risque d’adopter une attitude passive face au monde ». Ce qui ne dispense pas les parents de faire preuve de vigilance et de modération dans l’usage que leurs enfants font des écrans interactifs.

    Et après trois ans ?

    « Il faut leur éviter toute exposition prolongée à la télévision » recommande l’Académie, et en particulier la publicité  « qui brouille les repères de l’enfant » Celui-ci ne distinguant la réalité de l’imaginaire qu’après trois ans.

    Le CSA se montre encore plus explicite et radical : « Avant 3 ans, l’enfant se construit en agissant sur le monde : la télévision risque de l’enfermer dans un statut passif de spectateur [….] Pour développer ses capacités, l’enfant doit utiliser activement ses cinq sens ». D’où l’importance de favoriser chez lui la manipulation des objets, le dessin, le modelage, etc.

    Et le CSA poursuit : « L’exposition passive à des images diffusées sur un écran ne favorise pas ce type d’interactions et peut au contraire freiner le développement du tout-petit enfant ».

    Quant à la fable qui voudrait que l’écran apaise les petits enfants, elle est mise à mal par l’observation suivante qui établit que  « le regard du bébé est capté par le flux d’images et de sons provenant de l’écran qu’il ne comprend pas, ce qui peut donner l’illusion d’un effet calmant [….] mais ce calme sera souvent suivi d’une agitation mal comprise des parents ». Qui ne trouveront rien de mieux que d’augmenter l’exposition aux écrans, « risquant ainsi d’accentuer son effet néfaste sur l’enfant ». Comme quoi on ne guérit pas toujours le mal par le mal, mais en en supprimant la cause.

    Du côté de la neuropsychiatrie on nous explique qu’ »il y a toujours un équilibre à trouver entre la mémoire interne, cérébrale et les mémoires externes (écrans, réseaux sociaux [….] de plus, mettre son cerveau au repos, en se laissant aller à la rêverie sans objet d’attention, est un moyen puissant de préserver son équilibre cognitif, et donc ses capacités de mémoire ». 

    Où en sommes nous ?

    Le CSA avait décidé d’inverser la vapeur et de lutter contre le mercantilisme des chaines anglo-saxonnes qui se voulaient dédiées aux bébés et cherchaient à s’installer en France, en leur interdisant l’accès de nos antennes. Avec les réactions que l’on devine suscitées par les lobbies si prompts à crier à la censure.

    Mais aujourd’hui où l’on compte 5 par foyers désormais, la ministre de la santé fait remarquer : « Nous voyons aujourd’hui combien cette alerte était nécessaire et combien cet enjeu est toujours d’actualité ».

    En effet selon une étude de l’Inserm, « les enfants de 2 ans sont majoritairement exposés à la télévision, et peu exposés aux consoles de jeux, tablettes et smartphones, tandis que 2 enfants sur 3 regardent la télévision tous les jours et 1 enfant sur 2 commence à la regarder avant 18 mois ».

    Suit le couplet habituel qui prône l’irresponsabilité sous couvert d’éviter la culpabilisation (les parents sont des électeurs avant tout !). Ainsi le ministre affirme-il : « S’il ne faut pas culpabiliser les parents, il ne faut pas ignorer les risques qui pèsent sur les jeunes enfants [….] qui vont « des conséquences sur le développement du cerveau, l’acquisition du langage et le niveau de concentration [….] à des problèmes de santé physique […] des troubles du sommeil et de la vision [….] à l’obésité liée à la sédentarité ».

    Les mesures.

    Elles semblent devoir se développer à travers deux chartes en cours d’élaboration au ministère :

    • l’une qui porte sur l’exposition des enfants à la pornographie
    • l’autre sur l’influence des écrans en matière de comportements alimentaires.

    Toutes choses bien insuffisantes si le public, c’est à dire les parents justement, ne protègent pas leurs enfants de ces dangereux miroirs aux alouettes.

     

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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