Encore un effort messieurs les technocrates et nous pourrons enterrer notre système de santé.

    Encore un effort messieurs les technocrates et nous pourrons enterrer notre système de santé.Le  Quotidien des Agents de la CFDT publie une importante étude portant sur les conditions de travails dans 492 établissements publics et analysant 38455 réponses de la filière soignante : 90% de femmes, 10% d’hommes.

    Âges : 10% de moins de 25 ans – 46% entre 26 et 45 ans – 42% entre 41 et 55 ans – 3% de plus de 56 ans

    Services concernés : 29% Gériatrie, 22% Médecine, 13% Chirurgie, 10% Psychiatrie, 6% Soins de suite de rééducation,5% Obstétrique, 5% Pédiatrie, 5% Urgences, 4% Réanimation.

    Statuts : 81,5% Titulaire/Stagiaire, 9,7% CDD5, 4% CDI, 2% Autres…

    D’où il ressort que « les personnels soignants ressentent une forte dégradation de leurs conditions de travail » et que « pour 71% d’entre eux cela a un impact sur leur santé ». Cette constatation du mal-être extrême qui affecte le personnel soignant de nos établissements de santé, n’est pas nouvelle. Nous y avons déjà consacré  plusieurs notes et notre ouvrage à paraître « Hippocrate, au secours ! Ils sont devenus fous…. » se livre à une critique parfaitement étayée de ce phénomène. Nous nous contenterons ici de reproduire quelques chiffres mis en lumière par l’enquête. Nous pensons qu’ils parlent d’eux-mêmes et laissons à nos lecteurs le soin d’en tirer les réflexions qui s’imposent.

    En ce qui concerne le 1er volet de cette enquête :

    « Les conditions de travail » on constate que :

    93% des personnes trouvent leur travail stressant

    57% éprouvent des problèmes liés au stress et 15% ont de plus en plus de mal à l’accepter car cela dégrade leur qualité de vie. Ce constat concerne tous les secteurs et toutes les tranches d’âge confondus. Le pic de ce mal-être est atteint à 41 ans et dure jusqu’à la fin de la carrière.

    « Dégradation des conditions de travail depuis cinq ans« 

    60 à 77% des personnels (suivant les Services cités haut) considèrent qu’elles se sont aggravées – 19 à 37% qu’elles se sont maintenues – 2 à 4% qu’elles se sont améliorées (ce sont sans doute ce qu’on appelle « d’heureuses natures »)

    « Au chapitre de la « Santé au travail » on note que :

    71% des personnes interrogées affirment que « le travail a un effet négatif sur leur santé » – pour 41% personnes on constate des douleurs musculaires et 20% ont des difficultés avec le sommeil.

    « L’organisation du travail » est jugée « incohérente avec les besoins des services et des personnes« .

    62% des personnels travaillent en effectif minimum toute la semaine (à cause des congés et des fins de semaine notamment) – 54% pensent que « le mode de gestion des absences dégrade les conditions de travail » – 39% se plaignent de l’accroissement des tâches administratives. Surtout les infirmier(e)s des blocs opératoires, infirmiers anesthésistes, puéricultrices et sages-femmes – 42% déclarent être rappelés sur leur temps de repos.

    « L’organisation médicale » :

    59% des personnes affirment que les médecins maintiennent les prises en charge des patients sans tenir compte des effectifs ! – 42% déclarent avoir été confrontés au refus du médecin de garde de se déplacer – 41% pensent que l’organisation médicale désorganise complètement le travail – 55% estiment que l’organisation médicale ne tient pas assez compte des malades et de leur famille – 67% veulent que l’on réorganise leur service pour que améliorer l’articulation entre organisation médicale et non-médicale.

    Une « Organisation déstructurée« 

    Voici, toujours d’après l’étude, les éléments qui dégradent le plus la vie personnelle (plusieurs réponses étaient possibles) :

    Pour 50% l’impossibilité de prendre des congés ou des RTT quand on le souhaite – Pour 45% les rappels sur les repos

    Pour 30% le dépassement régulier du travail journalier – Pour 28% les changements d’horaires intempestifs – Pour 17% la non-programmation des congés – Pour 17% les heures supplémentaires.

    « Le Management hospitalier »

    14% des personnes disent avoir des difficultés à parler de leurs problèmes sur le lieu de leur travail – 4% affirment que cela leur est impossible.

    Concernant le chapitre important de

    « La Qualification et de la Reconnaissance » au travail, on constate que

    Dans 90% des professions réglementées (Diplômes d’Etat) on répond que la qualification correspond au métier – Dans 41% des ASHA on considère que le niveau de qualification n’est pas en adéquation avec le métier exercé – Lorsqu’on demande si le niveau de qualification correspond au métier exercé actuellement: – 86%s personnels répondent oui

    8% répondent que leur niveau de qualification est supérieure – 6% que leur qualification est inférieure.

    « Reconnaissance au travail »  enfin, on constate, effarés que :

    97% des personnes disent s’investir dans le travail. Mais, 17% seulement estiment être « reconnues » et l’ensemble du personnel, tous secteurs et tous métiers confondus, ne se sent pas reconnu.

    Eminent résultat d’une gestion purement technocratique et comptable de notre Service de Santé. Qu’on en juge :

    55% considèrent que la reconnaissance au travail s’est dégradée au cours des cinq dernières années – 26% des moins d’un an d’ancienneté se sentent reconnus, alors qu’après un délai de un à cinq ans, ils ne sont plus que 17% !

    Ajoutons pour terminer que « Parmi les éléments du travail qui dégradent le plus leur vie personnelle » les sondés mettent un N°1 à 55% « le manque de reconnaissance professionnelle ».

    Beau résultat d’ensemble après des décennies de plan de réorganisation tous plus géniaux les uns que les autres.

    Soucieux de ne pas en rester au constat, Primum a développé un outil de mesure du bien être au travail  » B2ST® », qui permet d’effectuer des mesures rapides et concrètes du bien être, de la santé et de la satisfaction au travail, avec des plans d’actions et des indicateurs de suivi, grâce à un portail internet :http://www.leportail-de-primum.com/ que nous vous engageons à aller visiter.

    Olivier TOMA – Primum Non Nocere

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