Et si on remplaçait le plastique par des algues ???

    algues« Voilà une idée qu’elle est bonne » n’aurait pas manqué de répondre le regretté Coluche.
    En parfait accord d’ailleurs avec la société Algopack qui a mis en oeuvre cette véritable entreprise de salubrité publique.

    Le projet ?

    Il est simple mais ingénieux : cultiver des algues, les transformer en granules destinés à fabriquer des objets rigides et biodégradables qui, à terme, nous débarrasseront du plastique et de ses nuisances multiples.

    Que des avantages.

    Le fondateur d’Algopack, Rémy Lucas, nous l’affirme:

     « L’algue est vertueuse : elle capte 960 kg de CO2 à la tonne, elle ne consomme pas de pesticides, ni d’engrais et elle envoie de l’oxygène à la mer. Or, les océans meurent à cause des plastiques. 460 kg de plastique sont déversés dans la mer chaque seconde.»

    C’est une idée qui vient de loin.

    La famille de Rémy Lucas arpente les plages bretonnes depuis deux siècles pour en récolter le goémon. C’est une famille de « pêcheurs » certes, mais d’algues. Ce n’est donc pas d’hier qu’on s’est intéressé à cette denrée si précieuse et pourtant si méprisée généralement chez les Lucas.
    Mais Rémy a commencé par suivre un autre chemin – l’air du temps sans doute – et il a officié comme ingénieur en plasturgie pendant un bon bout de temps.

    Mais l’héritage culturel a été le plus fort et s’est rappelé à lui  et s’est manifesté sous une forme nouvelle.  Sa formation technique et à son expérience professionnelle, lui ont permis de marier cette longue fréquentation du monde des algues et son intérêt pour le développement durable   et c’est ainsi qu’il a pu créer Algopack, une société originale entre toutes puisqu’elle cultive des algues marines pour les transformer en granules et les proposer aux industriels de la plasturgie.

    Une véritable alchimie en quelque sorte, même si ce n’est pas du plomb transformé en or.

    La recette.

    Installez-vous en Bretagne,  cultivez-y  amoureusement des algues brunes, récoltez les,  et transformez les en granules similaires à du plastique grâce à un procédé industriel original que nous ne vous révèlerons pas ici. Vendez les ensuite aux industriels qui les transformeront à leur tour en objets d’usage courant : « contenants alimentaires, jouets, éléments de smartphones« .

    L’éthique industrielle

    Un seul principe intangible chez Algopack : l’exclusion rédhibitoire de tout dérivé de pétrole dans le processus fabrication.

    Le fondateur précise : « Nous avons aujourd’hui plus d’une vingtaine de clients et de partenaires, comme le groupe Orange ou d’autres groupes internationaux dans le secteur de l’automobile, du packaging, de la grande distribution, de l’ameublement. La première génération de plastique était 100 % pétrosourcée. Puis, il y a eu les bioplastiques d’origine agricole comme le maïs. La troisième génération de biomatériaux est celle de la chimie bleue dont Algopack est le pionnier, c’est une filière en pleine expansion ». C’est pourquoi il a sagement sécurisé sa ressource d’algues dans différentes zones du monde.

    Un cercle vertueux

    Algopack cultive les algues au lieu de se contenter de les prélever dans la mer. Ainsi ne perturbe-t-il pas l’écosystème marin.  De plus le procédé, entièrement local, permet d’intégrer les déchets de certaines industries dans le processus, notamment ceux de la cosmétique. Lorsqu’ils sont hors d’usage, les objets retrouvent une 3ème vie puisque, entièrement biodégradables (disparition en 12 semaines en terre) ils donnent naissance à des d’engrais.

    On remarquera que cette économie « mime » parfaitement le cycle naturel : on prélève juste le nécessaire, d’ailleurs en favorisant ses conditions de croissance (on élève les algues) – on le transforme en un produit sain et vertueux – et, son usage rempli, il retourne à la terre nourricière.

    Un filon de choix

    Il s’agit des sargasses bien sûr. Cette mer d’algues brunes qui s’étend dans l’Atlantique Nord, au large de la Floride et des Caraïbes et qui pose quelques problèmes de navigation, pourrait devenir une abondante source de matière première, depuis qu’elle se déleste  régulièrement de ses végétaux sur les plages des Caraïbes. Soit depuis cinq ans environ.
    Le fondateur d’Algopack  pense être en mesure d’utiliser  cette manne naturelle pour alimenter son activité.

    On lui souhaite d’y parvenir de tout cœur.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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