Feuille de route 2015 : des mesures attendues et défendues par le C2DS

    C2DSLe gouvernement a adopté hier sa feuille de route environnementale pour l’année 2015, lors d’un comité interministériel pour le développement durable. Le document fait suite à la conférence environnementale, qui s’est tenue les 27 et 28 novembre dans la capitale. Le Comité pour le développement durable en santé (C2DS) œuvre depuis 2006 pour que les établissements de santé réduisent leur impact environnemental. La nouvelle feuille de route annoncée hier par Ségolène Royal et Manuel Valls pose les jalons de différentes mesures défendues par le C2DS depuis sept ans. Le C2DS se félicite de la concrétisation au niveau national de ces mesures.

    Pour une réduction des résidus médicamenteux
    La mesure n°12 concernant le rejet de résidus de médicaments dans l’environnement, notamment dans l’eau, est l’un des chevaux de bataille du C2DS depuis sept ans. Le texte prévoit entre autres une réduction à la source des résidus de médicament par l’élaboration d’un guide technique national, « une réflexion sur l’évolution du périmètre d’intervention de l’association Cyclamed au cours des travaux de renouvellement de l’agrément de la filière médicaments non utilisés », la généralisation de la dispensation à l’unité des médicaments, une étude de faisabilité de la mise en place d’un indice de classement des médicaments en fonction de leur toxicité et de leur persistance dans l’environnement. Le C2DS propose depuis 2006, à l’instar de l’indice PBT instauré en Suède, de mettre en place un étiquetage environnemental des médicaments, de promouvoir des expérimentations dans des établissements et cabinets volontaires, et également de rendre publiques les notions d’impacts environnementaux introduits dans les Autorisations de Mise sur le Marché (AMM) des médicaments. Deux adhérents du C2DS, le Centre hospitalier de Tarascon, l’Hôpital Privé Nord Parisien à Sarcelles et la CAHPP, Centrale d’achat de l’hospitalisation publique et privée, expérimentent actuellement ce classement pour en connaître son adaptabilité en France.

    Perturbateurs endocriniens
    Le texte du gouvernement annonce que « Les autorités françaises demanderont à l’Union européenne d’accélérer ses travaux sur une définition des perturbateurs endocriniens. » Une information sera insérée dans le carnet de maternité et le carnet de santé des nouveau-nés lors de leur révision prévue en 2015 « afin de protéger les femmes enceintes et les jeunes enfants ». « Un groupe de travail définira en 2015 une méthodologie d’évaluation des solutions de substitution » de ces substances. Ce plan national relatif aux Perturbateurs Endocrinien (PE) est une belle avancée. Mais il est important de rendre cette démarche accessible au grand public et aux professionnels, et d’en vulgariser l’approche, qui à ce jour, n’est réservée qu’à des initiés. Ainsi le C2DS lance auprès de ses 450 adhérents une campagne Organisation sans perturbateurs endocriniens avec une vingtaine d’éco-attitudes à partir de mars 2015 et propose également de créer un label et une démarche « OPE », Organisation sans Perturbateur Endocrinien. Une dynamique qui pourrait se décliner dans un futur proche à l’échelle d’une ville, d’une école, d’un commerce, d’un hôpital, d’une crèche…

    Un bémol
    La qualité de l’air intérieur ne figure toujours pas dans la feuille de route de 2015. Le C2DS tire la sonnette d’alarme et informe depuis 2014 les pouvoirs publics sur le caractère urgent de cette pollution qui touche de plein fouet les établissements de santé. Un décret de 2011 visant à améliorer l’air intérieur dans les établissements recevant du public devait entrer en vigueur en janvier 2015 mais il sera reporté à 2018. Les établissements hospitaliers et médico-sociaux, espaces de vie et de travail confinés, sont directement concernés par ces problèmes de pollution intérieure provenant de différentes sources (chauffage, ventilation, isolants, détergents, effluents médicamenteux, matières plastiques, textiles, etc.). Le coût, en termes de santé publique généré par la mauvaise qualité de l’air intérieur, est évalué à 19 milliards d’euros par an selon les études réalisées par l’ANSES, l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur et Pierre Kopp, professeur d’économie à la Sorbonne-Panthéon. Le C2DS et son pôle d’expertise, l’agence Primum Non Nocere, ont réalisé une cinquantaine d’analyses auprès de leurs adhérents et découvert que le niveau de concentration de composés organiques volatiles pouvait être vingt fois supérieur aux seuils admis. Les professionnels de santé tels que les podologues, dentistes et prothésistes sont particulièrement exposés aux dangers de la mauvaise qualité de l’air intérieur. C’est donc maintenant qu’il faut agir.

    Olivier TOMA.

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