La France est 15ème au classement des Systèmes de Santé !

    La France est 15ème au classement des Systèmes de Santé !

    C’est ce qu’affirme l’étude conduite par la revue médicale britannique The Lancet : nous sommes quinzièmes dans le classement des systèmes de santé mondiaux. Classement qui constate par ailleurs la croissance des inégalités entre les pays, même si 167 d’entre eux se soient, relativement, améliorés.

    On peut toujours accuser la perfide Albion de vouloir nous tailler des croupières, mais ce serait vouloir tenter d’excuser le fait que 15ème sur 195 pour un pays qui, comme le nôtre, a toujours joui d’une immense réputation en matière médicale, n’est pas très brillant après des décades de « réformes » plus technocratiques que soucieuses de la réalité. Et le fait que l’écart entre les pays les plus et les moins performants se soit creusé depuis 1990 ne nous console ni ne nous rassure vraiment.

    Etude et Méthode

    L’indicateur retenu a été celui qui mesure la qualité et l’accessibilité des systèmes de santé. La performance de chaque pays, notée de 0 à 100, « a été établie selon les taux de mortalité de 32 maladies pour lesquelles les décès peuvent en théorie être évités, à condition d’un accès rapide à des soins efficaces (tuberculose, cancer du sein, leucémie, certaines maladies cardiovasculaires…) ».

    Les extrêmes

    Qui est arrivé en tête ? La principauté d’Andorre avec un score de 95. La Centrafrique est dernière avec un score de 29. Comme quoi on ne peut se livrer à des guerres tribales ou pseudo-religieuses et se consacrer à améliorer la santé des populations qu’on massacre allègrement. Résultats assez évocateurs, non ?

    Les résultats : Andorre, 1er, avec 95 points. Islande, tout de suite après avec 94 points. La Suisse arrive ensuite avec 92. L’Europe de l’Ouest remporte – presque – les 15 premières places dans lesquelles pourtant se sont infiltrées l’Australie (6ème avec 90 points) et le Japon (11ème avec 89).

    La France est donc la lanterne rouge des pays occidentaux à la 15ème place. Ce qui en dit long sur la pertinence des méthodes et solutions mises en œuvre dans ce domaine par les responsables des deux derniers quinquennats !

    Quelques réflexions iconoclastes

    Les Etats-Unis et leur libéralisme effréné – le Royaume-Uni qui, à l’inverse, a totalement étatisé son système, n’arrivent respectivement qu’à 35ème place avec 81 points et à la 30ème avec 85.

    Moralité, ne vous faites pas soigner aux USA si vous n’avez pas de fric et en Angleterre si vous dépassez le stade de la crise de foie. Bien sûr, vous devrez avant tout éviter la Somalie (34 points), l’Afghanistan (32 points) et la Centrafrique (29) : trois douces contrées où il n’est pas nécessaire de jouir d’une très mauvaise santé pour mourir jeune.

    De l’optimisme avant toute chose

    Malgré tout il semblerait que les choses s’améliorent puisque la moyenne des résultats a augmenté depuis 1990 passant de 40,7 à 53,7. Ainsi l’étude précise-t-elle : « 167 pays ont vu l’accessibilité et la qualité de leur système de santé augmenter de façon significative ». Humour so british ?.

    Sans doute puisque dans le même temps, les inégalités se sont aggravées : l’écart entre le premier et le dernier de la liste qui était de 66 points en 2015 n’était que de 62 points seulement en 1990.

    Cherchez l’erreur.

    Les chiffres derrières les chiffres

    Une autre façon de considérer ces résultats consistait à analyse « l’écart entre les performances réelles des pays et celles que leur niveau de développement devrait normalement entraîner  » L’étude de The Lancet le fait.

    Le constat est inacceptable pour certains, encourageant pour d’autres : les performances des Etats-Unis sont inférieures de 10 points à ce qu’on pourrait attendre d’eux. L’Afrique du Sud est 25 point au-dessus par rapport à son niveau de développement. Quant aux premiers du classement, la différence est nulle.

    Et le professeur Christopher Murray, de l’Institut américain des mesures et évaluations de la santé (IHME) de l’Université de Washington et responsables de l’étude de conclure, avec autant d’humour que ses collègues britanniques :  « Ces résultats sonnent comme un avertissement : l’augmentation du niveau de développement n’entraîne pas forcément une amélioration de la qualité et de l’accès au système de santé ».

    En effet. Pouvons-nous suggérer à ces distingués scientifiques et statisticiens une étude originale où la performance des systèmes de santé serait envisagée à partir du rapport à établir entre les investissements dans le dit système et ceux consentis dans le domaine de la guerre.

    Je me demande si les USA, la Corée du Nord et la Chine ne se trouveraient pas alors associés en queue de peloton. Surtout quand on sait qu’en Chine, et son milliard d’habitants, pour prendre un seul exemple, il n’existait pas un seul service de traumatologie sur tout le territoire à la fin du vingtième siècle.

    Je me demande si c’est toujours le cas, mais voilà un « bond en avant » à accomplir digne des convictions « socialistes » de ses dirigeants. Non ?

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE 

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