Ainsi en a décidé la FDA qui, après analyse de ces poudres, a décidé de les interdire à l’usage des gants chirurgicaux.
    Pourquoi ?

    Parce que l’Administration américaine considère les gants chirurgicaux poudrés comme « responsables de risques graves pour la santé des patients et des professionnels« , la dite poudre étant soupçonnée de provoquer des problèmes respiratoires.

    Explication

    Les gants chirurgicaux sont poudrés pour qu’ils soient plus faciles à mettre et à enlever. Rien de plus logique. Le problème c’est que la poudre utilisée peut contenir des protéines provoquant de graves  réactions allergiques avec problèmes respiratoires. Le mécanisme d’action passe par l’inflammation des voies respiratoires et du tissu qui se forme entre les organes internes après la chirurgie.

    Comme ces risques ne peuvent être éliminés grâce à de nouvelles mises à jour sur les étiquettes d’avertissement, la FDA a sagement décidé de proposer une interdiction de ce matériel médical. D’autant qu’il existe des solutions alternatives qui n’utilisent pas de poudre.

    Il apparaît qu’une décision aussi radicale est très rare de la part de la FDA : il faut remonter à juin 1983 pour en découvrir une semblable qui consista à interdire les fibres capillaires prothétiques (implantables) destinées à masquer une calvitie.

    « Cette interdiction vise à protéger les patients et les professionnels de la santé d’un danger dont ils pourraient même ne pas être au courant  [….] Nous prenons très au sérieux les interdictions et ne prenons cette décision que lorsque nous estimons qu’il est nécessaire de protéger la santé publique  » explique le du Centre de la FDA pour les dispositifs et la santé radiologique.

    Qu’en est-il en France ?

    Interrogé sur le sujet, notre service juridique nous a apporté les précisions suivantes :

    « Apparemment le problème vient du fait que la poudre de maïs (on n’utilise plus de talc depuis 1948) utilisé dans les gants en latex notamment favorise les allergies et peut entrainer des problèmes respiratoires. Cela peut avoir des conséquences pour les patients avec les gants chirurgicaux (inflammation au niveau de la plaie, granulomes et adhérences postopératoires). L’étiquetage n’étant pas suffisant pour la FDA, elle a choisi une interdiction totale des gants poudrés.

    Si le Royaume-Uni et l’Allemagne ont déjà interdit l’utilisation des gants poudrés, ce n’est pas le cas de la France. Seuls quelques établissements ont cessé d’en utiliser, tels que le CHU de Montpellier. 

    En France, les gants sont considérés comme des dispositifs médicaux et doivent donc respecter la réglementation relative aux DM (articles R5211-1 et suivants du Code de la santé publique).  A première vue, aucune disposition n’interdit l’usage des gants poudrés. »

    Il faudra sans doute attendre une série de catastrophes pour que nos administrations s’émeuvent et prennent les mesures de protection nécessaires. Que faire ?

    En fait, ce sont nos centrales d’achat et acheteurs hospitaliers qui ont certainement la solution, puisque, comme disait Coluche «  quand on sait qu’il suffit qu’on n’achète pas, pour que ça ne se vende plus »… On imagine aisément le reste.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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