La gestion de l’eau : une urgence pour le Sénat

    La gestion de l’eau fait l’objet d’un rapport alarmant – « Eau : urgence déclarée  » – présenté par deux Sénateurs. Ce rapport demande d’anticiper rapidement les conséquences du  changement climatique sur nos ressources en eau et les conflits qu’il ne manquera pas de provoquer.

    Cette initiative sénatoriale ne fait que confirmer les dispositions des Sdage (Schéma directeurs d’aménagement et de gestion de l’eau) concernant la nécessaire « Adaptation » des agences de l’eau à la nouvelle situation. Rien de nouveau sous le soleil, sinon une façon pour les Sénateurs de nous convaincre de leur efficacité.

    Les solutions sénatoriales.

    Evidentes et connues : réduire les fuites dans les réseaux d’eau potable – changer les pratiques agricoles – abandonner certaines variétés cultivées. Rien d’original non plus à conseiller de  dessaler l’eau de mer ou de réalimenter les nappes phréatiques. Solutions connues mais coûts peu encourageants qui freinent leur mise en pratique.

    Ressurgit sous la plume de nos distingués sénateurs, la réutilisation des eaux usées traitées, contrecarrées par les exigences réglementaire imposées par le ministère de la Santé. Sujet de polémiques avec les opérateurs privés.
    Et, comme une polémique en amène souvent une autre,  nos deux inventeurs de l’eau tiède prônent vigoureusement les retenues d’eau alors que l’Irstea  (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture) en a démontré les impacts négatifs sur l’environnement.

    Bref un rapport qui ne quitte le « réchauffé » que pour de l' »indigeste » ?

    Deux points positifs à retenir

    • le premier concerne les concessions hydroélectriques
    • le deuxième la décentralisation de la gestion de l’eau.

    Sur ces deux thèmes le rapport sénatorial conseille :

    • « la mise en concurrence des concessions hydroélectriques … à mener avec vigilance », et affirme que « l’affectation au secteur privé pourrait compliquer la coopération nécessaire à la bonne répartition des usages« .  Et il dénonce :
    • le « morcellement des compétences et la centralisation excessive« . Les auteurs suggèrent ainsi que l’échec  de la directive-cadre sur l’eau est directement lié à l’échec de la politique de l’État sur les territoires.  Et de préciser : « Le comité de bassin n’a rien d’un parlement de l’eau. C’est le grand écart entre ce que fait le ministère de l’Environnement via les agences de l’eau et ce que souhaitent les acteurs locaux ».
    • D’où la proposition de créer des organismes décentralisés par bassin ou sous-bassins pour gérer la ressource au plus près des territoires.

    Un débat en séance publique sera organisé sur le sujet à l’automne prochain auquel participera le ministre de l’Environnement.

    L’eau et le système de santé.

    Dans le domaine qui est le nôtre, nous ajouterons en guise de conclusion que les établissements de santé doivent s’engager dans un programme de réduction des consommations d’eau avec l’aide des agences de l’eau dont voici la liste :

    Agence de l’eau Adour-Garonne
    Agence de l’eau Artois-Picardie
    Agence de l’eau Rhin-Meuse
    Agence de l’eau Loire-Bretagne
    Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse
    Agence de l’eau Seine-Normandie

    Ces Agences accordent différents types de subventions très diverses à partir d’un éventuel dossier-type à compléter qu’on trouvera sur leurs différents sites.

    Quant aux rejets, nous ne saurions éviter de rappeler la nécessité  de mettre en oeuvre un indice qui évaluerait la persistance, la bioaccumulation et la toxicité pour identifier et réduire les rejets des molécules médicamenteuses dans l’environnement. Le règlement REACH, qui permet de mesurer risques et dangers des substances chimiques, est certainement  une voie tout indiquée.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

    http://www.environnement-magazine.fr/article/47617-rapport-du-senat-declare-l-urgence-sur-gestion-de-l-eau/

    https://politiquedesante.fr/2016/02/16/cafesante-3-leau-un-enjeu-pour-lhumanite/

    https://politiquedesante.fr/2015/07/06/les-eaux-francaises-un-cocktail-de-substances-chimiques/

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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