La lutte contre les substances nocives : plus d’ombres que de lumières…

    microLe saviez vous ? Non ? les récipients en plastique et les boîtes de conserve contiennent des perturbateurs endocriniens. Cela, vous et nous le savions. Substances qui ne demandent qu’à se larguer dans l’environnement quand on les chauffe au micro ondes. Cela nous ne le savions pas. Quoique nous pouvions nous en douter…..

    L’étude (de 2004 !!!.. mais révélée au congrès médical de Bruxelles ce mois-ci) qui a porté sur 2500 enfants âgés de plus de 6 ans soumis « aux effets d’un conteneur en plastique passé au micro onde » a montré que les urines de 93% d’entre eux contenaient des phtalates ou du bisphénol A…. perturbateurs endocriniens dont on connaît de mieux en mieux les effets sur les troubles du sommeil et ceux de la fertilité !

    Autres nouvelles.
    Elles paraissent plus rassurantes car elles font état de « diminution » mais lisez les comme il faut les lire et vous changerez de perspective car, ce qui ressort de ces expérimentations, c’est qu’en fait, en 2011, malgré les mesures prises et les progrès accomplis : 98% des femmes enceintes ont encore du mercure dans le sang et 90% du BPA ! Donc dans le liquide amniotique avec les conséquences que nous connaissons sur l’état de santé de leur futur enfant.
    Pas de quoi crier victoire ni d’afficher un air satisfait….comme quand la courbe du chômage ralentit…tout en continuant d’augmenter !
    Ceci pour répondre à L’Institut de veille sanitaire (InVS) qui vient de publier le deuxième volet du programme national de biosurveillance (dans le cadre du PNSE II) mesurant chez les femmes et leurs nouveau-nés l’imprégnation à différents polluants, et qui montre (pour 2011) que l’exposition au plomb, au mercure et au bisphénol A (BPA) est en diminution, par rapport aux niveaux précédemment retrouvés.
    Soit. Mais le paragraphe précédent dit ce qu’il faut penser de ces « diminutions ».

    • Le plomb
    Pour le plomb la concentration moyenne de 8,30 µg/l est inférieure aux précédentes concentrations relevées. Cette baisse, constante depuis 1990, serait liée à l’interdiction de l’essence plombée.

    • Le mercure
    Idem pour l’exposition au mercure. La concentration mesurée dans les cheveux de 1799 mères dans les jours suivant l’accouchement est estimée en moyenne à 0,40 µg/g pour 98% d’entre elles. Les 2% restant ne présentant aucune trace de mercure détectable. En diminution donc par rapport à aux précédents contrôles. L’origine de cette diminution serait liée à une consommation plus sélective des produits de la mer.

    • Le bisphénol (BPA)
    Les mesures ont été établies à partir des échantillons d’urine prélevés chez 1764 mères à leur entrée en maternité : la concentration de BPA s’est avérée détectable chez 90% d’entre elles avec une moyenne de 0,70 µg/l.
    Là aussi on constate une diminution par rapport à aux précédentes études menées en France ou à l’étranger. Selon l’InVS ce progrès serait expliqué par la « substitution progressive du BPA dans les matières plastiques et les résines en contact avec les denrées alimentaires »
    Espérons que cette substitution « progressive » va encore s’accélérer.

    On attend maintenant avec intérêt les niveaux d’imprégnation relevés dans les domaines de l’alimentation, des expositions professionnelles et environnementales, du mode de vie et portant sur la concentration d’autres métaux tout aussi nocifs : phtalates (bien sûr), pesticides, composés polybromés et perfluorés.
    La publication est prévue pour 2015.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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