L’Anses continue à s’interroger sur les nanoparticules…

    ansesNous avons consacré pas moins de 11 articles (1) aux nanoparticules dont celui du 30.05.2014 intitulé « Les nanoparticules sous l’œil sourcilleux de l’Anses ». Or, la conclusion de cette Agence, saisie dès 2011 du problème éventuel, vient de tomber dans un rapport de 181 p. publié le 05 Mars dernier : « Les travaux de recherche en toxicologie récemment publiés sont souvent contradictoires, rendant encore difficile à ce jour l’estimation de la dangerosité des nanoparticules d’argent ». On appréciera la formulation parfaitement jésuitique…
    Et pourtant le rôle de ces nanoparticules a bien été démontré dans l’apparition de certains cancers, comme l’indiquait notre article du 21.05.2014 !
    Or, ces charmantes petites substances ont envahi pratiquement tout l’espace de notre consommation, depuis les colorants des bonbons de nos enfants jusqu’à nos chaussettes où les nanoparticules d’argent sont utilisées comme antibactériens et antifongiques. On les trouve aussi dans les additifs alimentaires, dans l’emballage de notre nourriture, dans nos vêtements, nos brosses à dents…
    Va-t-on reproduire avec les nanoparticules le scandale de l’usage immodéré des phtalates ou du Bisphénol A qu’on s’efforce maintenant de chasser des produits où ils étaient largement utilisés ?
    L’Anses joue les saint Thomas (ou les Ponce Pilate) sur la toxicité éventuelle des nanoparticules sur la reproduction, les gênes ou le cerveau, mais elle ne craint pas l’accusation de désinvolture en reconnaissant que ces substances ont un effet sur l’environnement « avéré par de nombreuses études, en favorisant la mortalité des organismes aquatiques et terrestre, tout en inhibant leur croissance et leur reproduction ». Il nous semblait que tout l’effort actuel entrepris dans les voies du développement durable et de la protection de l’environnement, était lié à l’idée, enfin admise, que l’environnement et l’humain ne faisaient qu’un et que toute dégradation du premier avaient des conséquences funestes sur le second !
    Alors l’Anses, comme soucieuses de ménager la chèvre (des industriels) et le chou (des consommateurs) accouche de deux recommandations principales.
    1/ Elle consiste à renforcer la traçabilité des données et l’information des consommateurs. « L’argent ne figure pas dans la liste des minéraux pouvant être utilisés pour la fabrication de compléments alimentaires, qu’il soit sous forme nanoparticulaire ou non », rappelle l’Agence.
    En bref, elle nous dit qu’on peut continuer à empoisonner éventuellement les consommateurs à condition qu’ils en soient dument informés.
    2/ Elle recommande la limitation de l’usage des nanoparticules d’argent aux applications dont l’utilité est clairement démontrée suivant un savant dosage où les bénéfices pour la santé humaine contrebalanceraient positivement les dégradations de l’environnement. Ce qui nous ramène au problème de fond : la non prise en compte de l’étroite dépendance de l’une et de l’autre.
    Nous en sommes là et nous pouvons nous demander à quoi nous allons aboutir avec des demi-mesures, inutiles s’il n’y a vraiment rien à craindre (ce dont nous doutons fortement pour notre part) et détestables si, comme le prouvent un certain nombre d’études les nanoparticules d’argent sont nocives pour l’environnement et, à terme, pour nous-mêmes.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

    (1) 02.12.2014 07.11.2014 23.08.201430.05.2014 21.05.2014 24.04.201306.09.201213.03.201217.11.201125.07.201102.04.2011.

    Tags:

    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

    • Voir les commentaires (0)

    Ads

    Vous pourriez aimer aussi

    L’économie bleue une chance pour l’avenir de la santé en France

    Et si les solutions pour assurer la survie de l’humanité sans avoir à revenir ...

    Le Sénat adopte l’amendement Doha au protocole de Kyoto.

    Le projet de loi validant l’amendement au protocole de Kyoto a été adopté sans ...