L’asphyxie programmée du système de santé français.

    L'asphyxie programmée du système de santé français.UBU-Roi a encore frappé en matière de santé publique si on en juge par les chiffres suivants : aux dernières nouvelles le Secteur Hospitalier Public bénéficiera d’une diminution de tarifs de – 0,83%. Le Secteur Privé, luant à lui, sera gratifié de – 0.05%… de baisse !

    Vous avez bien lu : les deux tarifs sont en baisse…

    A la trappe la demande de revalorisation de 1% exprimée et justifiée par le Secteur Privé : on y répond par une tarification en baisse. Quant aux parlementaires en charge du dossier qui réclamaient un ONDAM hospitalier à 2.8%, ils devront peut-être se mettre en grève comme les magistrats pour se faire entendre.

    Pour ce qui est du Privé, cela fait donc 5 ans qu’il voit son chiffre d’affaires stagner et baisser. Quel autre secteur d’activités accepterait une telle situation ?

    Mais la partialité du système qui tend à « nationaliser » le secteur de santé sans le dire, apparaît dans toute sa perversité quand on constate que les MIGAC (système très opaque de dotations arbitraires) augmentent de 2.8% et sont octroyées à 99% au seul Secteur Hospitalier Public.

    Deux poids deux mesures ! En une époque où on dénonce des attitudes de discrimination à tout propos et hors de propos, on constate que l’Etat s’en rend coupable le premier en lésant gravement les citoyens du Secteur Privé au profit des fonctionnaires du Secteur Public, pour des raisons purement idéologiques où les considérations sanitaires n’ont aucune place.

    Comment continuer à fonctionner et à assurer notre responsabilité de « soignants » envers le public, avec des tarifs qui diminuent en permanence alors que la population vieillit et demande de plus en plus de soins ?

    C’est une situation qui ne peut durer : attendre que le problème de la tarification (et des déviations idéologiques qui la conditionnent) se résolve de lui-même, sans doute par la disparition programmée du « Privé » en le paupérisant et l’asphyxiant progressivement, outre qu’il s’agit d’une attitude inacceptable sur le plan du droit, est à l’opposé d’une dynamique de Développement Durable.

    Les Associations de citoyens vraiment soucieux du Bien public, notamment en matière de santé, et singulièrement les Associations de Patients, doivent prendre le problème en main et défendre leur système de santé, tant public que privé, car les personnels des deux Secteurs, ne sont pas responsables des aberrations idéologico-technocratiques de l’administration dont ils sont, au contraire, les victimes d’un côté comme de l’autre.

    Croire que nous allons améliorer la santé et la sécurité sanitaire des Français en diminuant les tarifs  hospitaliers (pour le Privé surtout), tout en augmentant, dans le même temps,  les exigences techniques et administratives, les normes de fonctionnement, le prix de l’énergie, les salaires et – pourquoi pas ? – les impôts, ce n’est pas seulement imiter le catoblépas, animal stupide qui se mangeait les pattes, c’est commettre une forfaiture envers l’ensemble des citoyens actuels et surtout à venir, en condamnant à terme, le fonctionnement de leur système de santé.

    Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere

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