Le bruit, facteur à réduire pour préserver notre santé

    bruit ennemi de la santé et des arbres

    Le bruit, ennemi héréditaire de notre santé !

    Nous avons consacré plusieurs articles au bruit au cours des dernières années. Il nous faut y revenir à la suite de l’étude de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET) consacrée à ses conséquences sur notre santé.

    Nous y apprenons que plus de 5 millions de personnes en France souffriraient de malentendance, dont 15 % porteraient des aides auditives. Sans aller jusque là il faut signaler la fatigue auditive qui accompagne une surexposition au bruit (concert, discothèque, vociférations sportives) et qui vous plonge dans une sorte d’état cotonneux provisoire, heureusement réversible.

    Mais répétée, cette expérience conduit à deux conséquences opposées

    • Hypoacousie   qui peut être aussi entraînée par une exposition à un son de plus de 130 dB tel qu’un avion au décollage. La surdité progressive peut alors s’installer et devenir irréversible.
    • L’hyperacousie, état dans lequel l’oreille interne amplifie tellement le son que les malades souffrent d’un seuil de tolérance au son très réduit : certains devant s’isoler pour fuir un bruit qui, quoique normal, devient pour eux insupportable. A l’origine de cette pathologie : surexposition au bruit, irrigation imprudente de l’oreille, migraine, autisme…
    • Les acouphènes : ceux-ci font percevoir bourdonnements, sifflements, cliquetis ou gazouillis sans aucune origine sonore quelconque.  Les acouphènes sont souvent associés à une perte auditive, due à une exposition au bruit trop importante. Par exemple chez les personnes exposées sur leur lieu de travail : chantiers (marteau-piqueurs et autres…) soldats (tir sans protection) musiciens…

    Lire aussi : beaucoup de bruit pour rien ? Non, il nous coûte 57 milliards d’euros.

    Mais l’audition n’est pas la seule à en souffrir.

     

    D’autres fonctions peuvent être affectées.

    • Le cerveau, perturbé par le bruit, peut peiner à traiter les informations et perdre ses capacités de concentration et de réflexion.
    • Le système endocrinien producteur et régulateur de nos hormones, agressé par le bruit, peut se trouver perturbé et provoquer des réactions inadaptées. : sécrétion plus élevée d’hormones telles le cortisol et l’adrénaline. D’où l’apparition de troubles passagers : augmentation de la pression artérielle ou du rythme cardiaque. Mais, à la longue, ces troubles peuvent dégénérer en hypertension et en problèmes cardio-vasculaires (infarctus du myocarde).

     

    Des victimes inattendues du bruit : les arbres.

     

    Le magazine Sciences et Avenir dans un récent article nous apprend que «  non seulement le bruit nuit aux arbres et à la diversité des plantes, mais son impact négatif peut durer bien après le retour du silence ». A l’origine de cet état de fait, les bruits liés à l’activité industrielle, aux travaux publics (construction de routes) et du bâtiment.

    « Non seulement le bruit nuit aux arbres et à la diversité des plantes, mais son impact négatif peut durer bien après le retour du silence » précise l’étude.

     

    Pourquoi ?

     

    Des scientifiques américains se sont penchés sur la question en s’intéressant à des arbres exposés à un niveau de bruit élevé pendant quinze ans.

    Selon leurs conclusions :

     

    • Le bruit chasse les pollinisateurs tels que les insectes.
    • Le bruit conduit à une « réduction de 75% de jeunes pousses de pins à pignon dans les zones bruyantes par rapport aux zones plus calmes »
    • Pire : ils ont constaté que les populations observées – genévriers et pins à pignons – non seulement ne se remettaient pas après que la pollution sonore eut disparu et que les geais – qui dispersent les graines – fussent revenus sur des plantations redevenues silencieuses, mais que, bien au contraire, le nombre de nouvelles pousses continuaient à décliner sur le long terme, les oiseaux refusant de revenir sur ces sites !

     

    Un des chercheurs appartenant à l’université polytechnique de Californie, co-auteur de l’étude a pu écrire : « Les effets de la pollution sonore provoquée par l’Homme s’infiltrent dans la structure de ces communautés forestières […] Ce que nous constatons, c’est que faire disparaitre le bruit ne signifie pas nécessairement une reprise des fonctions écologiques ».

    Dont acte.

    L’étude a bien mis en lumière la réaction des animaux pollinisateurs restant à l’écart de la zone observée, alors même que le bruit a cessé. Ainsi mettent-ils beaucoup de temps à réinvestir les zones précédemment a-t-elle ajouté… quand ils les réinvestissent !

     

    Il est donc urgent que le législateur et l’administration prennent en compte les nuisances sonores sur la nature dans l’évaluation des impacts de l’urbanisation.

    Problème d’autant plus aigu que les nuisances sonores coûtent 57 millions d’Euros à la Sécu !

     

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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