Le C2DS® Une aventure extraordinaire, Merci.

    J’ai toujours compris et ressenti l’équilibre du développement durable comme un enjeu d’avenir stratégique majeur. Pour le secteur sanitaire et médico-social bien évidemment, mais au-delà, un réel engagement militant citoyen et sociétal.

    En 1998, je me suis lancé dans la construction de la première « Éco Clinique® » prenant en considération l’ensemble des impacts écologiques, économiques et sanitaires d’une telle réalisation, tant sur le chantier que sur le cycle de vie du bâtiment. Nous en recevrons d’ailleurs, dès 1999, Le trophée national « entreprise-environnement » des mains de la ministre de l’environnement. En 2000, c’était une première européenne en établissement de santé, nous obtenions le certification ISO 14001.

    Ensuite, nous avons très vite ressenti le besoin de rencontrer d’autres acteurs du soin engagés dans ces dynamiques nouvelles pour confronter nos envies, nos découvertes et nos déconvenues. C’est ainsi que nous avons identifié une vingtaine de directeurs d’établissements engagés. Ce fut la création officielle le 17 juillet 2007 du Comité pour le Développement Durable en Santé, le C2DS®, avec François MOURGUES.

    ………………….

    L’idée était de créer un réseau transversal et décloisonné dans le monde de la santé, pour identifier les pratiques relatives à la RSE et les mutualiser pour faciliter le partage.

    Nous étions donc 20 membres fondateurs persuadés qu’il fallait, d’une part supprimer les barrières public/ privé/ et sanitaire/médico-social et d’autre part, nous fédérer pour nous permettre de garder nos convictions intactes et donner envie d’agir aux autres.

    C’est chose faite.

    En 2016, 9 années après cette création, nous sommes près de 500 établissements adhérents sur tout le territoire, nous sommes la seule association qui fédère les acteurs des secteurs publics et privés, dans l’intérêt du patient et des générations futures. C’était le pari.

    Après 3 mandats de 3 années de présidence de ce réseau, j ‘ai proposé de confier le pilotage et l’animation de ce formidable outil à une équipe d’exception et de continuer à m’engager autrement sur ces nobles sujets…

    Ce sont 24 administrateurs dont 6 en charge du bureau, un nouveau président engagé François MOURGUES, une directrice et 3 collaborateurs qui sont maintenant aux commandes de ce 4ème mandat que je souhaite être celui de « l’innovation en conscience ».

    Le sens de mon triptyque ou la quadrature du cercle…

    • La naissance.

    Créer et fédérer un réseau dans le vaste secteur de la santé est complexe et participe à une véritable crispation de gros établissements, peu enclin à l’agilité… Il est donc aisé de ce faire des ennemis ambitieux, tout autant que des amis discrets…

    Mais l’objectif d’action et d’engagement du C2DS étant l’excellence, sans compromission sur le fond… On crée alors également une véritable « résistance » profondément engagée.

    Cette première période de la « naissance » du réseau, correspond à la création des premiers indicateurs, de l’outil d’auto évaluation IDD®, du travail avec l’ANAES sur les premiers référentiel d’évaluation sur le DD.

    C’est conjointement la découverte du monde des lobbies, œuvrant au découragement des initiatives les plus nobles, si ces dernières les imputent…

    La « naissance », c’est aussi défendre les intérêts des nouveau-nés. Dès 2008, nous nous engageons dans une campagne contre les composants de cosmétiques considérés comme perturbateurs endocriniens, mais également contre les phtalates dans les dispositifs pour nouveau-nés. Cette période est en finalité celle de la sensibilisation du secteur sur la responsabilité sociétale et la prise de conscience de ses impacts auprès de toutes ses parties prenantes, internes comme externes.

    • Le développement.

    Puis vient le temps où, pour légitimer son action, il faut se développer et devenir « représentatif ». C’est la phase de la création des groupes de travail, de la professionnalisation, de l’édition des guides des pratiques vertueuses, de l’écriture de deux livres, de la réalisation de deux films, du lancement des campagnes d’éco gestes sur les émissions de CO2, sur le gaspillage alimentaire, sur la qualité de l’air intérieur et de la création de 4 postes à temps plein en charge de la vie associative et de l’animation de son réseau.

    C’est également la période de la seconde version de l’IDD® avec ses déclinaisons sectorielles, EHPAD, MCO, DIALYSE, HAD, PSY, ECOLES, …

    Le C2DS est devenu officiellement l’outil de sensibilisation des professionnels du secteur.

    Nous entrons alors dans la période des discussions avec les différents lobbies en présence, chronophage au possible et sans conséquences factuelles et pratiques au final.

    Cette période est également marquée par le besoin d’outils, de diagnostics, de formation et d’accompagnement, c’est la création de l’agence Primum Non Nocere®, filiale du C2DS, qui décline et invente les outils de la RSE spécialement pour les secteurs de la santé et du médico-social. Ce seront les premiers « bilans carbone hospitaliers », les premières certifications EMAS® du secteur, les premières mesures de qualité d’air intérieur sur plus de 100 sites, la création d’un outil B2ST® de mesures du bien-être et de la santé au travail, les premiers DIAG DD®, et l’aboutissement de la démarche à Très Haute Qualité Sanitaire et Environnementale, THQSE®.

    • L’enracinement

    C’est la période la plus productive, pendant laquelle les acteurs du secteur prennent conscience de la place de ce réseau, de sa légitimité, de sa représentativité et qu’ils doivent désormais, pour être performant, intégrer la dimension RSE dans le quotidien des strcutures.

    C’est la création de la 3ème version de l’IDD Santé-Durable par la fusion de l’IDD du C2DS et du baromètre Santé Durable accompagné de la publication d’un observatoire avec des déclinaisons sectorielles permettant de mieux appréhender l’empreinte du secteur.

    C’est la création de modules de formation, du premier diplôme universitaire sur le DD en santé en partenariat avec la faculté de droit de Montpellier et le CESEGH.

    C’est la période très prometteuse de la reconnaissance de l’exposome, du concept de santé environnementale et du Plan National Santé Environnement (PNSE 3), sujet de notre 10e AGORA.

    Ce sont plus de 100 conférences lors de 3 tours de France qui sont organisées.

    Cette période est aussi celle de l’ancrage international grâce au partenariat avec l’agence BVM communication. Nous avons tissé des contacts dans le monde entier, et lançons une dynamique Francophone avec nos partenaires SSE à Montréal.

    C’est aussi, la création des journées à thème, du « club des partenaires », notre participation à la COP 21 et notre 10ème AGORA.

    L’alchimie de l’expérience et de la transmission… De la résilience à la Reliance

    J’ai découvert pendant toutes ces années, sur tout le territoire, des professionnels de santé engagés, isolés, souvent désemparés mais toujours animés par une farouche volonté de faire le bien autour d’eux.

    Les acteurs qui s’engagent dans des démarches RSE ont tous un point commun : ils œuvrent pour le bien commun avec comme seul intérêt à agir, le « mieux-être ». En cela j’ai eu la chance de les côtoyer et de faire des rencontres extraordinaires.

    Je tiens à remercier de tout cœur tous les adhérents du C2DS qui m’ont fait confiance pendant 9 ans et qui ont su s’engager et persévérer.

    J’ai également pu découvrir tous les secteurs, le libéral, le secteur public, le secteur privé, le sanitaire, le domicile, le social et le médico-social. Les clivages en France sont tels et sciemment entretenus que tout est possible dès lors que l’on arrive à faire tomber les barrières dogmatiques.

    Quoi de plus noble que d’avoir à la même table, un praticien libéral, un directeur de clinique, du DG de CHU, la direction d’un EHPAD et d’un service d’HAD pour travailler sur la charte de déontologie du secteur ?

    J’ai également pu mesurer toute la créativité sur le terrain de ces professionnels qui sont animés par « l’énergie renouvelable de leur passion » au service des autres. C’est une chance dans une vie de découvrir tant d’altruisme.

    J’ai aussi découvert de nombreux journalistes très intéressés par nos sujets et fervents défenseurs de nos thématiques dans un secteur ou le sujet n’est pas implicite ni en politique ni de ce fait dans les médias. Bons nombres d’entre eux ont joué un rôle majeur dans la diffusion des idées et des bonnes pratiques, je les en remercie chaleureusement et les encourage à continuer.

    J’ai également vu croître l’engagement des acteurs sur le sujet du développement durable. En 1998, cela paraissait une lubie marginale… Mais aujourd’hui, il est inscrit comme enjeux stratégique au cœur des rapports d’activités et projets d’établissements de nombre de structures sanitaires et médico-sociales, des fédérations, du gouvernement même, sans avoir toutefois le savoir-faire ou l’expérience nécessaire pour l’appliquer réellement…

    La prise de conscience des acteurs est telle, que sur tout le territoire, nous avons des demandes, des besoins, des questions de plus en plus précises et des besoins d’expertises. Le nombre d’adhèrent au C2DS est un indicateur de la prise de conscience globale de la thématique.

    Mais…

    Pendant ces trois mandats, j’ai également pu mesurer l’autre versant de l’engagement bénévole et militant. En fait, tout ce que l’on conseille de ne jamais dire…

     C’est le côté sombre de l’histoire mais qui mérite quand même d’être évoqué, au risque d’égratigner certains acteurs du monde de la santé, comme ses lobbies, ses industriels, ses fédérations, ses médecines du travail, son ministère de la santé, de l’écologie, et de leur ribambelle d’agences, la « machine molle » administrative Française qui a plus tendance à formater et contraindre qu’à soutenir l’épanouissement de l’innovation vertueuse et durable…

    J’ai vu tant d’incohérences, qu’il ne serait pas possible de les lister sans devenir totalement dépressif. J’ai également pu mesurer l’incapacité de nos politiques et de leurs partis à mettre en place une politique de santé pérenne, avec une vision à 20 ou 30 ans. L’absence de programme sur les deux précédentes élections présidentielles en était une caricature affligeante. 2017 s’annonce du même acabit à moins que nous arrivions à nous mobiliser pour que nos sujets prennent place dans le débat politique.

    À titre d’exemple, le secteur de l’aérospatial a des budgets et des programmes jusqu’en 2050, le secteur de la santé ne connaît même pas son budget pour l’an prochain ! Comment dans ce contexte, dans un pays comme le nôtre, avec de plus en plus de personnes âgées dépendantes, une réelle épidémie de maladies chroniques, et une pénurie de professionnels de santé, bâtir le « monde de la santé » de demain pour nos enfants et le leurs ?

    Les débats à l’assemblée nationale, les propositions ou projets de loi, m’ont éclairé sur les affirmations d’Henri QUEUILLE « En politique, il n’est pas de problème qu’une absence de solution n’arrive à résoudre ».

    J’ai vu tant de gâchis, qu’il n’est pas difficile de comprendre que l’assurance maladie soit chaque année sujette à déficit et ce durablement.

    L’absence de vision, de prévention, l’absence de communication entre ministères de la santé et de l ‘environnement, sont des facteurs d’accélération du mal être des professionnels de santé qui ne se retrouvent plus dans ce monde axé sur la maladie et non sur la santé.

    En France, l’administration représente bien trop souvent un frein face à la volonté de modernisation et d’adaptation de certaines structures de santé publique. La contrainte des lois, type Grenelle 2, la confronte pourtant de plein fouet aux enjeux du développement durable de ses structures sanitaires et médico-sociales. L’efficience est un objectif louable si les critères de responsabilités éthiques et l’innovation sont soutenues. Le développement de la santé environnementale auprès des générations futures, ne doit pas faire les frais d’une technocratie chronophage coupée du terrain et de ses réalités.

    Des lobbies omniprésents, très organisés, avec des moyens conséquents, n’ont pas, face à eux, le lobby éthique et citoyen pourtant nécessaire que j’appelle de mes vœux.

    Ils déséquilibrent le débat politique et il est temps de s’organiser pour montrer que nous comptons tout autant !

    J’ai donc compris que les énergies sont en « bas », sur le terrain et non pas dans le sommet de la pyramide dont j’ai cru, à tort, qu’il « changerait le monde ».

    Comme le disait Henri QUEUILLE : « Quand l’immobilisme est en marche, rien ne saurait l’arrêter ». C’est un aphorisme dont je n’aurais pas compris le sens il y a 9 ans, j’en mesure aujourd’hui toute la portée…

    Et demain ?

    Et bien, j’ai toujours envie de rêver.

    Après ces 9 années très denses, qui nécessitent, une disponibilité d’une centaine de jour par an… Je vais continuer à œuvrer pour un développement durable et solidaire en santé en me centrant sur l’équipe de mon agence Primum Non Nocere, auprès de cette équipe de 20 personnes qui a accepté que je sois plus mobilisé pour les autres que pour elle-même.

    Alors je vais me consacrer à créer, innover, bâtir la suite avec eux pour que la RSE ne soit pas dans le secteur de la santé un argument de marketing, le sujet phare des services de communication mais bien un des facteurs de l’amélioration de la santé publique, de la réduction des impacts environnementaux et de l’optimisation des dépenses de santé.

    Nous sommes aujourd’hui en charge de l’accompagnement RSE d’une centaine d’établissements publics et privés, d’industriels, de centrales d’achats et participons à leur transition économique, écologique et énergétique.

    Nous étions partis d’une page totalement blanche il y a bientôt 20 ans, nous avons dû nager à « contre-courant » longtemps et maintenant, je suis bien persuadé qu’en ayant emporté avec nous de nombreux acteurs, le sens du courant est en train de s’inverser.

    Alors œuvrons pour un lobbying éthique qui puisse-t-être le cœur d’une démarche de santé publique dans l’intérêt de tous.

    Œuvrons pour que la formation initiale des professionnels intègre ces sujets, pour que l’éco-conception des soins devienne implicite dans tous les services, rendons la RSE accessible à tous.

    C’est à cela que je vais me consacrer.

    Alors rendez-vous dans 10 ans.

    Olivier TOMA  –  Le 26 Mai 2016.

    Co-fondateur du C2DS et de l’agence Primum Non Nocere.

    www.politiquedesante.frhttp://www.primum-non-nocere.fr/

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