Le combat pour la Qualité de l’Air, Extérieur et Intérieur, mobilise les bonnes volontés.

    © Copyright 2013 CorbisCorporationLe gouvernement vient de publier un « Plan d’actions sur la Qualité de l’Air Intérieur. Il semblerait donc qu’on ait pris la mesure des enjeux dans ce domaine crucial en matière de santé environnementale.

    Le plan rappelle que les agents incriminés  proviennent d’origines diverses : dans le domaine « extérieur » on pointe : les appareils à combustion, matériaux de construction, mobiliers, produits de décoration… Mais comme nous passons en moyenne 70 à 90  dans l’univers intérieur –  domicile, lieu de travail, enseignement, transports, la qualité de l’air intérieur n’en est pas moins préoccupante pour la santé publique. C’est pourquoi d’ailleurs un Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) avait été créé en 2001.

    Rappelons que certains polluants présents dans l’air intérieur sont cancérogènes, que d’autres sont à l’origine de pathologies du système respiratoire (rhinites, bronchites) ou favoriser l’apparition de maux de tête, fatigue, irritation des yeux, nausées…

    Les enjeux sanitaires et économiques sont importants dans ce domaine puisque dans notre pays 3,5 millions de personnes souffrent d’asthme, et 50 000  d’insuffisances respiratoires graves !

    Coût annuel de la nocivité de l’air intérieur : 10 et 40 milliards d’euros par an, dont 1 milliard de remboursement des médicaments anti-asthmatique !

    Le « Plan » gouvernemental nous offre beaucoup d’autres précisions. Mais ce sur quoi nous voudrions insister en tant que responsables d’établissements de santé, c’est que nous devons absolument protéger nos patients, résidents et salariés des composés organiques médicaux omniprésents dans notre secteur. Notamment vis à vis des spécialités très touchées par ce fléau comme les podologues par exemple, qui peuvent être exposés à des seuils 10 fois supérieurs aux valeurs limites d’exposition pour la santé humaine.

    Nous vous communiquons aussi en lien l’affiche de la campagne du C2DS sur l’amélioration de la QAI

    Une autre intervention a retenu notre attention sur le sujet qui nous préoccupe et qui montre que l’effort de réduction de la consommation énergétique s’accompagne d’un confinement de plus en plus  sévère des bâtiments et locaux. Le risque est évident : un air intérieur de plus en plus vicié dans les bâtiments de demain.

    C’est pourquoi, lors des « assises nationales de la qualité de l’air » organisées récemment à Paris, le député Martial Saddier qui en est le président a pu affirmer :  » Un loi sur la transition énergétique sans volte « QAI » serait une faute politique« .

    Il a étayé son propos sur son expérience de la gestion de la qualité de l’air extérieur dans la région touristique du Mont Blanc en tant qu’élu de Haute Savoie, en appuyant sa démonstration par des exemples relatifs à Grenoble-Alpes métropole ainsi que de la région Ile-de-France.

    C’est ainsi que nous avons appris que, contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’air de la vallée de Chamonix était « l’un des plus pollués en France et en Europe« .  Alors que la région est « l’une des plus touristiques de France » pour son bon air ! Pourquoi ?: « le problème n°1 n’était pas les transports, mais le chauffage au bois !… » 

    « En hiver, 55 % des particules PM10 émises sont liées au chauffage bois » a précisé le député. Et ce taux grimpe avec les feux d’artifice…C’est pourquoi ils ont été supprimés pour le nouvel an ! Véritable révolution pour les habitués du crû.

    Autres facteurs : les feux en plein air pour éliminer les herbes ou le bois sec, de tradition immémoriale…Il vaut mieux utiliser une « Flamme verte » appareil de chauffage labellisé par l’Ademe, conseille-t-il.

    Autres préconisations : aider les personnes modestes à remplacer leurs véhicules antérieurs à 1997 très polluants. Installer un « tramway de fret » sur Grenoble-Alpes. Réglementer et réguler (entendez  par là : « limiter fortement » en langage politique) le stationnement en centre-ville puis dans le centre étendu.

    Tous les efforts consentis par les citoyens (ne plus brûler les herbes, meilleure isolation, véhicules moins polluants, limitation de stationnement) sont bel et bon, déclare Mme Senée, maire écologiste d’Evecquemont et conseillère générale d’Ile de France, mais qu’en est-il des dizaines d’avions qui passent quotidiennement au-dessus de la commune ?

    Bonne question.

    Tous les intervenants tombant d’accord sur le fait que les mesures par les collectivités doivent être accompagnées par l’Etat si on veut aboutir à de réels résultats.

    Pour notre part nous conclurions volontiers que le vrai défi de la transition énergétique consiste à réduire la consommation énergétique tout en améliorant le traitement de l’air : extérieur et intérieur.Les systèmes « double flux » connectés à des détecteurs miniaturisés de COV pourraient régler le problème  en partie. En parallèle avec les 1O écogestes de notre campagne C2DS).

    Certes il faudra financer tout cet effort. Mais l’effort financier consenti aujourd’hui, servira à économiser demain les dépenses imposées par les maladies provoquées par cet air insalubre que nous sommes contraints de respirer dans la plupart de nos bâtiments actuels.

    Ce sera donc tout bénéfice : et pour la santé de nos enfants et pour les finances de la Sécu.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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