Le Formol (Formaldéhyde) ennemi de nos fonctions cognitives.   

    Le Formol (Formaldéhyde) ennemi de nos fonctions cognitives.   

     Le formaldéhyde est utilisé dans des nombreux secteurs d’activité. Certes il est soumis à certaines restrictions mais il est manipulé par beaucoup de personnes malgré tout. Or au-delà des risques cancérigènes qui avaient amené aux dites restrictions, il apparaît – d’après une étude menée à partir de la grande cohorte Constances (https://www.constances.fr/) qu’il pourrait aussi altérer les fonctions cognitives.  


    Qu’est-ce que le Formaldéhyde? 

     C’est un liquide transparent, la plupart du temps commercialisé sous le nom formol. A température ambiante, une partie de ce liquide passe dans l’air (il s’agit d’un composé organique volatil COV), d’où la forte odeur ressentie. Il est assez couramment utilisé comme désinfectant, biocide, fixateur ou liant.  


    Son champ d’action

     Il est très vaste puisque de nombreuses catégories professionnelles y sont exposées : soignants, techniciens de laboratoire, travailleurs de l’industrie du textile, de la chimie et du métal, charpentiers, agents d’entretien, employés dans les soins funéraires

    Tous par conséquent, soumis aux risques cancérogènes et mutagènes mais, désormais, susceptibles – en plus – d’atteintes à leurs performances cognitives.

     

    L’étude INSERM / Université de Montpellier

    Les faits ont été mis en lumière en conclusion d’une étude menée par l’unité 1298 Inserm/Université de Montpellier, équipe Cognition, Institut des neurosciences de Montpellier (INM) et s’appuyant sur des données de la cohorte Constances, qui inclut près de 200 000 adultes régulièrement suivis. 

    Cette étude spécifique consacrée aux effets du formol a porté sur 75 322 volontaires, âgés au minimum de 45 ans et dont l’âge moyen était de 58 ans : 8% d’entre eux ont été exposés au formaldéhyde au cours de leur vie professionnelle.
    On a pu calculer le taux d’exposition grâce à un outil appelé matrice emplois-expositions, mis au point par Santé publique France.  

    Laissons parler l’étude elle-même :

    « La probabilité d’exposition à la substance, l’intensité et la fréquence de l’exposition des volontaires ont été estimées pour chaque emploi occupé et selon sa durée, permettant d’obtenir une dose d’exposition cumulée au formaldéhyde au cours de la vie. Par ailleurs, le niveau de performance cognitive des volontaires a été mesuré par des neuropsychologues à l’aide de sept tests cognitifs de rappel de mots, de mémoire, d’attention, de raisonnement et d’autres capacités de réflexion. Les fonctions cognitives des participants ont ainsi été évaluées de façon globale et par domaine. 

    Après avoir tenu compte de plusieurs facteurs susceptibles d’impacter les capacités cognitives (âge, niveau d’étude, statut socioéconomique ou encore conditions de travail), les chercheurs ont constaté que les personnes exposées au formaldéhyde au cours de leur vie professionnelle présentaient en moyenne un risque 17 % plus élevé que les personnes non exposées d’avoir de moins bonnes performances aux tests de raisonnement, d’attention, de langage et de mémoire. Ce chiffre atteignait 19 % chez les personnes les plus exposées au cours de leur carrière (doses d’exposition cumulées les plus élevées). 

    Les chercheurs ont par ailleurs observé un effet de la durée d’exposition, avec un risque de trouble cognitif global augmentant de 21 % en cas d’exposition pendant au moins 22 années. Néanmoins, même les expositions récentes étaient associées à un risque. Et le temps n’estompait pas totalement cet effet, comme l’indiquent les compétences moins bonnes observées chez les personnes qui ont été exposées de longue date, notamment à des doses importantes. 

    À noter que ces observations permettent d’établir une corrélation entre l’exposition au formaldéhyde et un risque de trouble cognitif, et non un lien de causalité. Elles établissent une photographie du risque à un instant donné, mais ne rendent pas compte de son évolution dans le temps […] Ces résultats fournissent cependant de nouveaux arguments relatifs à l’importance de limiter l’exposition à ce produit et de disposer de matériel de protection adéquat pour prévenir ses effets toxiques. « 

    Fin de citation.  


    Conclusion 

     Bien que plusieurs réglementations successives aient restreint l’utilisation de cette substance depuis près de quarante ans – interdiction pour la désinfection des matériels et surfaces en centres de soins ou encore diminution de son usage dans l’industrie textile – nous voudrions rappeler que ce produit, très dangereux à plus d’un titre, reste encore trop présent à l’hôpital de manière directe ou indirecte.  

    Direct par son utilisation pour la manipulation et la conservation des pièces anatomiques.
    Indirecte dans les matériaux de construction et rénovation (qualité de l’air intérieur)

    L’avis de PRIMUM-NON-NOCERE 

     Nous en profitons pour rappeler, au passage, que le formaldhyde est présent dans votre environnement intérieur mais qu’on peut l’éviter : https://www.econo-ecolo.org/eliminer-formaldehyde/ 

    De plus, il existe des procédés permettant de supprimer le formol ou d’en réduire l’exposition dans les établissements de santé :
    – Par exemple en mettant « sous-vide » les pièces anatomiques, sans formol.
    – Mais aussi en utilisant des contenants qui bloquent le formol dans le bouchon de sorte que le personnel ne soit pas en contact avec lui 

    De toute façon ce sujet doit devenir une priorité pour protéger la santé de nos soignants qui dans certains services peuvent être exposés à des seuils critiques…

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