Le tango source de santé.

    tango thérapie - source GoogleDanser le tango améliore l’état des malades cardiovasculaires ou souffrant de Parkinson et d’Alzheimer… L’Argentine l’a adopté  dans ses pratiques thérapeutique, à titre préventif ou  de soutien psychologique

    Le tango « rajeunit »

    Le tango mobilise tous les soirs, dans les salles de danse de la capitale,  de nombreux « anciens » (voire très « anciens ») qui y retrouvent une seconde jeunesse.

    A tel point que les chercheurs s’étant emparés de la question ont mis en lumière ses vertus tant physiques que psychiques.  Si bien que le tango est désormais entré dans la pratique thérapeutique courante  de nombreux hôpitaux.

    Equilibre et coordination

    L’Hospital de Clinicas de Buenos Aires a ainsi ouvert un atelier tango à destination des parkinsoniens dont certains ne l’avaient jamais dansé. Les malades retrouvent une certaine agilité grâce à sa pratique.  « Le tango ne soigne pas la maladie, qui est dégénérative, mais il aide à ralentir ses symptômes »explique un médecin de l’hôpital. Cette maladie affectant la réalisation de mouvements automatiques, l’état des patients est amélioré du fait que « le tango stimule une mobilité non automatique, qui aide à compenser ». Observation corroborée par une étude réalisée par la faculté de médecine de l’université Washington de Saint-Louis (États-Unis).

     Stimulation des sens et de la mémoire…

    L’étude précitée montre aussi que si une amélioration de la mobilité résulte aussi bien de la pratique de la gymnastique que de celle du tangon, celui-ci offre provoque chez les danseurs  un meilleur équilibre et une meilleure coordination des gestes.

    Si bien que le tango est de plus en plus préconisé pour prévenir les chutes des personnes âgées  et pour stimuler la mémoire, notamment celle des malades d’Alzheimer .

     Le cœur

    La Fondation de cardiologie argentine Favaloro, quant à elle, a mis en évidence que la fréquence cardiaque atteint 60 % de sa capacité maximum en dansant le tango. Pourcentage idéal entre une trop faible sollicitation et une stimulation excessive comme avec le rock ou la salsa.  « La pratique régulière du tango permet de faire baisser les facteurs de risque pour les artères, le cholestérol, le diabète, la pression sanguine… En plus, elle développe de nouveaux canaux de circulation et permet une revascularisation naturelle », explique le Dr Marani qui travaille à la Fondation.

    On peut obtenir des résultats identiques avec la marche ou le vélo mais le tango  motive davantage les patients qui se pressent dans la classe de tango. Les patient(e)s mettant en évidence l’attrait d’une danse qui se pratique en couples.

    Une dimension psychologique

    Cette dimensions psychologique a donné naissance en Argentine à un mouvement de tangothérapie, initié par un psychiatre et psychanalyste local qui a, dans la foulée, organisé en décembre passé un congrès international destiné à échanger autour des expériences menées grâce au du tango. Et d’expliquer : « Cette danse a la particularité de laisser une très grande part à l’improvisation. Il faut diriger et prêter une attention intime à son partenaire, c’est un bon point de départ pour explorer les difficultés relationnelles ». C’est ainsi que d’après le thérapeute  » un timide évitera, par exemple, l’enlacement; un obsessif contrôlera ses mouvements, une personne atteinte de troubles obsessionnels compulsifs essaiera d’éviter de toucher son partenaire « …

    Sortir de l’isolement

    Le tango est la méthode choisie par la psychologue Alba Balboni avec des patients qui souffrent d’isolement. Après la danse, ces personnes se réunissent en privé et échangent leurs impressions. Et la thérapeute d’expliquer  « l’enlacement, que la méthode Trossero encourage à pratiquer très serré, n’est pas seulement sensuel…. À l’heure des communications virtuelles, il nous rappelle le contact initial et rassurant avec la mère, le père. Cet enlacement est notre câble avec la vie. »

    En France

    Chez nous l’OSE et l’INSERM Dijon ont repris l’exploration des liens entre musique (tango) et mouvement chez les Alzheimer. L’étude fait partie du projet de l’Agence Nationale de la Recherche (2013- 2016), intitulé « maladie d’Alzheimer et apprentissage moteur implicite ». Les fonctions cognitives, l’équilibre des sujets seront comparés à l’impact d’un autre atelier utilisant d’autres méthodes.

    Seront ainsi accueillis pendant deux semaines dans le cadre d’une abbaye cistercienne, des patients âgés venant des accueils de jour de l’OSE, atteints de troubles dégénératifs et qui ont donné leur accord pour cette expérience.

    Celle-ci sera placée sous la responsabilité de la chorégraphe Carolina Udoviko. L’OSE collaborant avec des chercheurs de l’Inserm, espère ainsi développer des méthodes non médicamenteuses mais contrôlées scientifiquement. Il s’agit, grâce aux exigences propres au tango, de développer équilibre, regard, sensibilité à la musique, capacité d’interagir avec le(la) partenaire pour compenser la perte d’harmonie du mouvement et, en stimulant d’autres fonctions, d’augmenter son autonomie.

     

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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