Les actes de violence en croissance dans nos établissements de santé

    vhEn 2013 l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) dénombrait 12 432 signalements d’atteintes aux personnes et aux biens. Soit une augmentation de 12,8 %) par rapport à 20012 : 11 021 cas recensés pour un le même nombre d’établissements à une unité près : 353 contre 352 !!
    C’est l’Ile-de-France qui se taille de loin la part du lion avec 31 % des déclarations (3 845 signalements). Peut-être parce-que l’HPHP a mis en place une politique de déclaration exhaustive des atteintes, mais, à notre avis il y a d’autres explications qui tiendraient plutôt aux évolutions sociologiques des populations d’IDF car ces violences n’existaient pas ou peu il y a quarante ans.

    On distingue :

    – 29 % de signalements dans les hôpitaux publics,
    – 6 % dans les établissements privés d’intérêt collectif et
    – 3 % dans les structures à but lucratif.
    – Pour 2013, 12 % des établissements sanitaires ont saisi l’ONVS pour seulement 2 structures médico-sociales par méconnaissance de l’existence de l’observatoire.

    Une classification des agressions

    – 72 % des déclarations concernent l’atteinte aux personnes (les plus insupportables),
    – 28 % les atteintes aux biens.
    – 24% des actes de violence s’exercent contre les services de psychiatrie
    – 14 % contre les urgences
    – médecine et gériatrie arrivent à égalité avec 9%,
    – 45 % des violences sont physiques et 32 % verbales.
    – 22 % des signalements concernent des menaces
    – 1 % de ces menaces se font avec armes (soient 63 signalements en VA).

    Du côté des biens matériels on dénombre :

    – 90 % de dégradations légères
    – 6% de vols avec effraction
    – 4 % à main armée !.

    Du côté des victimes

    – 10% sont des médecins
    – 78 % sont les personnels des établissements,
    – 13 % sont les patients.
    – 2% des cas concernent le personnel de sécurité.

    Pour les soignants

    – 46% des cas affectent les infirmier(e)s
    – 44% les paramédicaux
    – 10 % les médecins (soient 1 140 personnes).

    Les agresseurs

    – 9 sur 10 sont les patients eux-mêmes (soient 7 075 cas) ou leurs visiteurs et accompagnants (1 632).

    Les causes apparentes

    – Dans 25% des cas le conflit est relatif à la prise en charge du patient.
    – Dans 5 % des cas l’alcool est en cause ;
    – Dans 4% des cas l’agression est liée à un refus de prescription.
    – 2 257 dépôts de plainte ont suivi les violences – contre 1 818 en 2012 ! – et 260 mains courantes.

    « On ne peut donc pas dire qu’il y a plus de violences [les chiffres publiées disent pourtant exactement le contraire]. Ce qui augmente cependant c’est l’aggravation du sentiment d’insécurité ressenti par les personnels de santé. La tolérance face à des violences dont les causes sont parfois mal identifiées ou à des violences gratuites, est devenue très faible » conclut l’ONVS.

    Sa solution ? renforcer la prévention. Couplet sans cesse entonné par la chorale socio-libérale depuis quarante ans. Mais sans cesse invalidé par l’augmentation exponentielle des violences et de l’insécurité dans tous les secteurs de la société et particulièrement dans le monde de la santé car il faudrait ajouter aux chiffres publiés par l’ONVS, ceux qui concernent la médecine de ville où médecins, infirmier(e)s, pompiers, SAMU et pharmaciens paient eux aussi un lourd tribut entraîné par le laxisme généralisé déguisé en « politique de prévention ».

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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