Les Agences Régionales de Santé : mission impossible ?

    Les Agences Régionales de Santé : mission impossible ?En Bretagne, l’ARS a dû trouver le moyen de supprimer des emplois pour réduire les dépenses tout en améliorant les conditions de travail. Le coût ? Un million d’Euros consacrés au « dialogue social ».Ce dialogue tarifé lui a permis de réorienter vers le CHU de Brest l’activité pédiatrique du centre héliomarin de Roscoff et de fermer son laboratoire d’analyses biologiques qui sera externalisé. Huit personnes auraient pu se retrouver au chômage, mais toutes ont conservé leur emploi grâce à des dispositifs de reclassement pertinents.

    Certes, des tensions sont apparues au cours des négociations mais l’ARS a pu éviter le clash prévisible en allouant 45.000 € au plan de reclassement des personnels touchés par cette réorganisation.

    C’est toujours l’aide de l’ARS qui a permis de réaliser le projet de fermeture de deux établissements existants – ceux de l’hôpital de Lorient et du Centre de santé mentale de Caudan – et la construction d’une cuisine commune.  Bilan : quatre ans de concertation et 106.000 € alloués aux indemnités de mobilité et aux départs volontaires.

    Présente sur tous les fronts de l’adaptation du monde breton de la santé en ces époques de restrictions budgétaires, il faut citer les 176.000 € alloués au transfert des activités de restauration de l’hôpital de Vannes et du Centre spécialisé de Saint-Avé vers un syndicat inter-hospitalier qui ont amené quinze suppressions d’emplois; les vingt reclassements entraînés par la fin d’activité de chirurgie de l’hôpital de Paimpol (96.000 €).

    Mais l’ARS ne se cantonne pas aux « liquidations » elle a aussi financé à hauteur de 487.000 € les douze projets retenus suite à un appel concernant des « contrats locaux d’amélioration des conditions de travail » dans les établissements et orientés principalement vers les troubles musculo-squelettiques affectant les aides soignant(e)s et la prévention des risques psychosociaux.

    Alain Gautron, directeur de l’ARS, définit ainsi le rôle de son administration : « Qu’il s’agisse des réorganisations ou de l’amélioration des conditions de travail, c’est le rôle de l’État d’accompagner les efforts des établissements. L’objet, c’est d’abord l’amélioration de la prise en charge des patients ». Et, pour lui, cela passe par « l’apaisement des tensions qui peuvent émerger« .

    Il souligne aussi que si les réorganisations sont coûteuses, elles sont aussi génératrices d’économies de fonctionnement pour l’avenir.

    En conclusion Alain Gautron note que « la situation financière globale des établissements bretons est plutôt bonne et elle va en s’améliorant« . Il cite notamment le cas du CHU de Brest, qui représente « un cas de retour à l’équilibre stabilisé« , même si apparaissent des « situations plus difficiles mais passagères car liées à des restructurations en cours« .

    Nous ne pouvons que saluer l’optimisme et l’efficacité de ce directeur d’ARS qui prend les problèmes à  bras le corps et leur apporte les meilleures solutions possibles. Mais nous nous interrogeons avec inquiétude sur l’avenir de sa mission et celle du devenir de l’hôpital et de ses professionnels, lorsqu’on nous annonce un plan de rigueur, sans doute nécessaire, mais qui obscurcit la vision que nous pouvons avoir de l’avenir. Comment l’envisager si les établissements n’ont pas accès aux moyens financiers – tout aussi nécessaires – pour faire évoluer le système de santé et garantir partout qualité et sécurité des soins ???

    
    
    Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere
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