Les Champs Electromagnétiques à l’index de l’INRS

    ch electL’INRS vient de publier une brochure fort bien documentée sur les moyens de prévention à mettre en oeuvre contre les champs électromagnétiques. On ne saurait trop insister sur la pertinence de cette brochure qui arrive à point nommé et sur l’intérêt de la faire connaître le plus largement possible car le sujet est beaucoup plus « sensible » qu’on le croit.

    Pour notre part, nous avions déjà attiré l’attention de nos lecteurs sur le danger que les champs électromagnétiques, entre autres facteurs nocifs, font courir à notre santé et, notamment en multipliant les risques de cancer et en s’attaquant à la fertilité humaine.
    Ainsi rendant compte – dans un article du 27 mai 2012 – de la très ferme mise en garde de l’Académie américaine de Médecine Environnementale, nous écrivions :
    « [L’Académie] a publié, le 12 avril dernier, un communiqué sans ambiguïté quant aux effets (contre)-sanitaires des Champs Electromagnétiques. Les très basses fréquences comme les très hautes fréquences (radiofréquences) sont également dénoncées. Et, pour faire bonne mesure, l’AAME recommande l’application immédiate de précautions quant au déploiement des compteurs électriques dits intelligents et des technologies sans fil.
    Elle précise par ailleurs : « Citant plusieurs études scientifiques, l’Académie Américaine de Médecine Environnementale, conclut que des effets biologiques délétères importants surviennent suite à des niveaux d’exposition non-thermiques, montrant un lien de causalité. L’Académie Américaine de Médecine Environnementale exprime son inquiétude quant aux effets significatifs mais peu connus des Champs Electromagnétiques et radiofréquences, sur la santé humaine. ».
    C’est pourquoi elle insiste sur la nécessité de développer la recherche indépendante et pour que soit reconnue l’hypersensibilité électromagnétique comme un problème croissant dans le monde.
    Viennent en appui des alarmes et recommandations de l’AAME, sans encore constituer des niveaux de preuve suffisants puisque les modes d’action ne sont pas encore totalement précisés :
    – l’accroissement des tumeurs du cerveau chez l’enfant
    – le nombre croissant de personnes développant une hypersensibilité à cette pollution électro-magnétiques, dont des jeunes de plus en plus nombreux
    L’AAME considère ces données comme le signal fort du danger que ces pollutions physiques constituent pour la santé et l’environnement et des désordres sanitaires à en attendre si aucune mesure n’est prise ».

    Dans un article plus ancien (02.04.2011) consacré à la construction à Ottawa d’un immeuble de 74 logements spéciaux pour personnes qui souffrent d’hypersensibilité chimique et électromagnétique, nous précisions déjà :

    « Le problème de l’hypersensibilité se porte bien (si on peut dire) aux USA où une enquête de 2003 a révélé que 13% de la population se disait hypersensible à de très faibles doses de polluants (métaux lourds, solvants, moisissures, monoxyde de carbone, champs magnétiques, etc ) parmi lesquels 2% ont perdu leur emploi à cause de cette infirmité.
    Quoique reconnue par la Commission canadienne des droits de la personne et traitée dans des cliniques médicales dépendant des universités de Toronto et de Halifax, l’hypersensibilité environnementale, en tant que syndrome, était encore méconnu au Canada.
    Il semblerait donc que ce soit en train de changer…
    Pour ce qui est de la France, la position de Primum-Non-Nocere est sans ambigüité : tous les établissements de santé sans exception, doivent être construits avec les produits les plus sains possible, pour respecter la santé de leurs occupants.
    Nous appelons les députés et les députés européens à déposer une proposition de loi pour que les matériaux qui entrent dans la composition des bâtiments recevant du public et plus particulièrement, des enfants, des femmes enceintes, des nouveaux nés, obtiennent, comme les médicaments, des AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) qui tiennent rigoureusement compte de ces paramètres »
    Et nous concluions de la façon suivante : « A quand une législation nationale et européenne sur le sujet ? »

    Mais nous ne nous étions pas contentés de publier des articles sur le sujet, nous avions aussi organisé une « Matinale » dans nos locaux de Béziers où Cédric Lebrun, l’ingénieur thermique de notre Agence, avait sensibilisé une trentaine de chefs d’entreprise sur le sujet. Nous en rendions compte, sur ce blog, de la manière suivante, le 9 juillet 2013 :

    « Depuis cinq ans, avec la montée en puissance des appareils sans fils, l’exposition à des radiofréquences est en augmentation massive. De plus, les signalements d’hypersensibilité et de maladies en relation avec les champs électromagnétiques et l’exposition aux radiofréquences (RF) vont aussi crescendo. De nombreuses études corrèlent l’exposition aux RF avec différentes maladies, cancers, maladies neurologiques, problèmes de reproduction, dysfonctionnements immunitaires et hypersensibilité aux ondes électromagnétiques. Les différentes ondes électromagnétiques sont réparties en radiations ionisantes, comme les ultraviolets et les rayons X, et radiations non ionisantes, comme les ultrasons et les radiofréquences, qui incluent le Wifi, les téléphones portables, les nouveaux compteurs, aussi appelés compteurs intelligents.
    On sait depuis longtemps que les radiations ionisantes peuvent avoir un impact sur la santé. Plusieurs études in vitro, in vivo et épidémiologiques démontrent qu’une exposition à des RF non thermiques a des conséquences biologiques nuisibles satisfaisants les critères de Hill de toxicité (3). Des articles scientifiques publiés dans des revues de références ont décrit : dégâts génétiques, anomalies de reproduction, dégénérescence neurologique, dysfonctionnement du système nerveux et immunitaire, troubles cognitifs, dommage protéique, atteinte rénale, effets sur le développement »

    Faute d’une législation encore à venir, nous disposons aujourd’hui d’un outil de prévention efficace. Nous espérons qu’il rencontrera tout l’intérêt qu’il mérite de la part de l’ensemble des acteurs qui interviennent sur la qualité de notre environnement.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

    • Voir les commentaires (1)

    • hugo

      effectivement , certaines installations professionnelles peuvent générer un champ électromagnétique d’une forte intensité (soudeuses haute fréquence, fours à induction, imagerie par résonnance magnétique…), et certaines activités professionnelles impliquent une exposition à des niveaux supérieurs aux expositions générales (proximité d’antennes de télécommunication, fours industriels à micro-ondes…), ce qui nécessite de déterminer et d’évaluer les risques potentiels pour la santé des travailleurs exposés : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/rayonnements/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=126&dossid=338

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