Les enfants, premières victimes du réchauffement climatique.

    Les enfants, premières victimes du réchauffement climatique.

    13enfantC’est un cri d’alarme que lance l' »American Academy of Pediatrics » en prélude à la COP 21. De quoi « chauffer » les consciences planétaires avant la grand-messe parisienne.

    En quoi consiste-t-il ?
    D’après l’Academy la pollution et le réchauffement planétaire entraînent des conséquences physiques, psychologiques, directes et indirectes sur la santé des enfants et adolescents. Et elle cite des chiffres en appelant pédiatres et professionnels de santé à « se mobiliser ».
    D’après les chiffres avancés, 88% des enfants de moins de cinq ans sont touchés par des maladies attribuables au changement climatique. Tant dans les pays dits en voie de développement que dans les pays industrialisés.

    Comment ?
    D’abord par la pollution de l’air à laquelle les enfants sont particulièrement sensibles du fait de la vulnérabilité de leur métabolisme encore immature et par leur plus grande exposition à l’air, la nourriture et l’eau.
    C’est ainsi que la pollution de l’air favorise les pathologies respiratoires telles que l’asthme qui se classe désormais comme N° 1 des maladies chroniques pédiatriques

    Un facteur redoutable : la chaleur
    Le réchauffement climatique à travers des vagues de chaleur de plus en plus longues et intenses, font grimper la morbidité et la mortalité infantile affirme les auteurs de l’Academy en s’appuyant sur une étude du fameux « Massachusetts Institue of Technology » (MIT). D’après cette étude il faudrait s’attendre à ce que la mortalité infantile liée aux coups de chaleur augmente de 5,5% chez les filles et de 78% chez les garçons (où est passé le principe de parité ?) les enfants de moins d’un an étant les plus exposés du fait de l’immaturité de leur système thermorégulateur.
    Sont aussi exposés les jeunes athlètes car il apparaît que chez eux (notamment les joueurs de football américains) le nombre de décès liés à un coup de chaleur a doublé au cours de ces dix dernières années.
    Sont aussi à considérer, d’après les chercheurs, les liens qu’on peut établir entre le réchauffement climatique et les maladies vectorielles : paludisme, dengue, chikungunya, virus du Nil, maladie de Lyme. Cette dernière toucherait quelques trois cent mille Américains chaque année et tout particulièrement les enfants de 5 à 9 ans.
    Bien sûr, le réchauffement provoque aussi une augmentation des infections et on estime qu’il entraînera 48 000 décès annuels supplémentaires par maladies diarrhéiques chez les moins de 15 ans en 2030.
    De même faut-il s’attendre à la hausse des infections émergentes comme la fièvre de la vallée (coccidioidomycose) et les méningo-encéphalites amibiennes.

    Les catastrophes naturelles.
    Mais les maladies favorisées par la chaleur ne sont pas les seules à affecter la santé et la vie de nos enfants.
    Il y a aussi la sécheresse extrême, les inondations, les incendies, les ouragans.
    La fréquence de ceux-ci a triplé entre 2000 et 2009 par rapport à la période 1980-1989.
    De plus, ces catastrophes naturelles – qui accroissent bien évidemment les risques de malnutrition, d’infections pédiatriques, de rougeole, de paludisme – compromettent aussi l’équilibre mental des enfants : davantage de dépressions et de stress post-traumatique. C’est ainsi qu’après les ouragans Katrina et Rita 5000 petits Etats-Uniens ont été séparés de leur famille, rappellent les auteurs de l’étude.

    Nécessité d’agir.
    L' »American Academy of Pediatrics » en appelle alors à tous les professionnels de santé et notamment aux pédiatres, à lutter – à leur niveau – contre la pollution et le réchauffement climatique.
    Elle propose alors plusieurs mesures :
    Promouvoir l’éducation concernant les répercussions pédiatriques du changement climatique. Notamment celle des parents. Il faut, dit-elle, les encourager à:
    – utiliser des moyens de transport en commun,
    – réduire leur consommation de carburant
    – consommer de protéines végétales
    – promouvoir des politiques locales, internationales, et internationales qui réduisent les émissions de GES.

    Il nous paraît important d’accompagner impérativement l’éducation nationale sur ces sujets pour qu’elle puisse être un relai efficace de ces préoccupations. Il faut que, dès la petite enfance, le principe de prévention vienne enrichir les gênes de nos générations futures.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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