Les indicateurs extra-financiers font vendre ? Tant mieux.

    Les indicateurs extra-financiers font vendre ? Tant mieux.Selon Gilbert Delahaye, directeur du développement durable du groupe Casino intervenant sur l’article 225 de la loi Grenelle II dans le cadre dune table ronde organisée par l’IFA (Institut français des administrateurs)  qui s’est tenue à Lyon : « les indicateurs extra-financiers ont un impact direct sur [ses] résultats. La mise en place d’un étiquetage carbone sur [ses] produits a par exemple fait décoller leurs ventes »,. Quant à Charles-Henri Malécot, directeur général délégué de la CNR (compagnie nationale du Rhône) il renchérit : « Nous devons être exemplaires et gagner de nouvelles concessions lors des appels d’offres à venir. Labels et indicateurs chiffrés seront des arguments pour convaincre »
    A noter que cet art. 225 du Grenelle II rend progressivement obligatoire la publication de données extra-financières dans les rapports de gestion des entreprises françaises de plus de 500 salariés, ainsi que leur vérification par un tiers indépendant, le décret d’application ayant été publié fin avril 2012. Mais celui-ci risque d’être modifié par le gouvernement pour que la distinction entre sociétés cotées et non cotées soit remplacée par un critère lié à la taille des entreprises. Ce qui semble plus judicieux.

    Stratégie d’Entreprise et RSE (Responsabilité Sociétale (ou Sociale) des Entreprises)

    Il apparaît, selon Gilbert Delahaye, que les indicateurs liés au rapport RSE ont un impact direct sur les résultats de son groupe et que la mise en place d’un étiquetage carbone sur les produits a fait décoller leurs ventes. De même lorsque le groupe présente un dossier pour l’ouverture d’un nouveau magasin, il l’inscrit dans une « perspective du développement durable : bâtiments BBC, recrutement local, formation, etc ». Et il ajoute :  » Les indicateurs financiers ne sont pas suffisants. La RSE est une condition de notre développement et s’inscrit dans un mouvement plus global : nos décisions impactent l’ensemble des fournisseurs qui doivent à leur tour se convertir à la RSE».

    Toujours selon lui il est nécessaire de « former le management, pour qu’il intègre la RSE dans ses objectifs ».  Une suggestion pratique : installer « un comité RSE, chargé de recenser et de faire des propositions d’action (comme supprimer l’huile de palme dans nos produits), de faire évoluer et suivre les indicateurs ».
    La CNR, quant à elle, produit une électricité 100 % renouvelable (hydraulique, éolien, solaire).

    Elle a choisi une politique débouchant sur un plan sur cinq ans qui fait de la RSE l’axe stratégique s’inscrivant « dans la stratégie de renouvellement de la concession d’ici 2023 ». Son directeur général affirme « Nous devons être exemplaires et gagner de nouvelles concessions lors des appels d’offres à venir. Labels et indicateurs chiffrés seront des arguments pour convaincre. »

    Il insiste sur la nécessité de se montrer « plus exigeant face à la multitude des acteurs : salariés, actionnaires, consommateurs, ONG et donc plus transparent. Cette transparence induit un risque, celui d’être copié par nos concurrents, il faut donc garder une longueur d’avance et tenir ses engagements. »

    Si la concurrence débouche sur une exigence plus grande en matière de développement durable et accentue la mise en œuvre de la RSE nous aurions envie de nous écrier : « Bienheureuse concurrence ! »

    D’autres très bonnes idées ont été exprimées au cours de cette table ronde. Par exemple celle qui consiste à « convaincre les administrateurs que la RSE n’est pas une perte d’argent et de temps, mais un investissement qui va dans l’intérêt de l’entreprise à moyen et long terme »,  On ne saurait mieux dire.  Et  Gilbert Delahaye d’ajouter – de manière plus contestable – que « même si la RSE ne se traduit pas toujours en acte, nous devons être préparés et capable de répondre à la demande. Il faut anticiper les futurs comportements d’achat ».

    Que serait une RSE qui ne se traduirait pas en acte ? Une pétition d’intentions ? On reste perplexe ……

    Mais Charles-Henri Malécot semble vouloir revenir à une vision plus concrète et volontariste des choses lorsqu’il affirme : « La loi nous oblige à formaliser ce que nous faisons dans ce domaine. Nous mettons en place les indicateurs extra-financiers qui nous permettront d’avoir une vision globale de l’action RSE et de la suivre dans le temps ». Son entreprise a même institué un agent RSE dont la missions consiste à « dresser l’état des lieux et de mettre en place un comité RSE  […] le budget RSE est défini et programmé sur cinq ans dans le cadre de la mission d’intérêt général », conclut-il

    Le groupe Casino n’est pas en reste qui s’est fixé  » des objectifs, une stratégie et les points à améliorer, à travers 50 indicateurs ». Il a d’ailleurs publié son premier rapport RSE en 2002, en accord avec la loi NRE  de 2001 obligeant les entreprises françaises cotées à faire connaître les conséquences sociales et environnementales de leur activité. Cependant Gilbert Delahaye souligne une difficulté importante qui est celle de faire remonter des informations fiables et comparables. Surtout pour les entreprises présentes dans des pays aux pratiques différentes.

    Il émet d’autre part le souhait que la publication des entreprises soit vérifiable par un tiers. Dernière remarque : « la mise en place d’indicateurs reste difficile d’autant plus qu’il n’y a pas de norme »,
    Nous ne savons s’il est possible d’établir des normes qui soient adaptés à tous types d’activités ou de productions mais nous pensons que c’est dans cette voie qu’il faudrait s’engager en tenant compte des disparités inévitables. Quoiqu’il en soit de cet aspect des choses, nous pensons que ces indicateurs extra financiers investiront lentement mais surement le secteur de la santé pour devenir à terme de véritables critères de choix également pour les patients.

    Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere

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