Les nanomatériaux, l’UE : la protection de notre santé et de notre environnement.

    Les nanomatériaux,  l'UE : la protection de notre santé et de notre environnement.Le projet NANOHOUSE («Life cycle of nanoparticle-based products used in house coating») censé établir des « critères d’évaluation des risques pour les nanomatériaux manuf acturés qui assisteront les experts dans la prise de décisions politiques et d’innovations » va coûter 2,4 millions d’euros aux contribuables européens. Passons sur les appellations et définitions à rallonge contenues dans le 7ème Programme Cadre.

    Les scientifiques à l’origine de ce projet partent du principe que la conception  des produits entraîne la libération non intentionnelle de nanomatériaux manufacturés (NM). D’ou la nécessité pour décider en toute responsabilité du développement futur d’un produit quelconque, d’associer les connaissances du cycle de vie à une évaluation systématique des catastrophes potentielles (très rassurant !).

    Ils suggèrent donc d’utiliser les critères définis dans NANOHOUSE pour évaluer et minimiser les risques potentiels. En particulier dans le secteur de la construction puisque celui-ci utilisera les dits nanomatériaux pour développer 15 à 30% des revêtements de façades dans les quatre ans qui viennent.

    Toutes ces suggestions, estimations et supputations ne nous rassurent guère, mais il paraît qu’il faut vivre avec son temps….Surtout quand on apprend en lisant « Environnement International » que ces émissions « non intentionnelle » de nanomatériaux manufacturés utilisés pour ravaler nos façades pourrait « perturber la santé de l’homme et l’environnement » (sic).

    Pourquoi les utiliser ? Pour bénéficier de leurs propriétés physiques, chimiques et mécaniques à des échelles considérablement plus petites. Ce qui intéresse beaucoup la médecine, la construction et les transports qui, si nous comprenons bien, en dépendent déjà de manière irréversible : « les NM sont résistants aux ultraviolets et rayures, ils sont ignifuges et s’auto-nettoient ». Que demander de plus ?

    Qu’ils ne nous agressent pas, parbleu ! Or, ce ne semble pas être le cas (voir ci-dessus).

    Certes les responsables du projet (chercheurs du CEA et acteurs industriels – donc juges et parties – de Belgique, France, Italie, Pays-Bas et Suisse) affirment que « les critères d’évaluation pourront être utilisés pour assurer que le développement des produits est sûre et durable ».  Nous, on veut bien mais on préfère voir à l’usage. Si les garanties en ce domaine sont aussi sûres que celles auxquelles nous a accoutumés une certaine industrie pharmaceutique, on a beaucoup de souci à se faire.

    S’appuyant sur l’ensemble des travaux antérieurs, certains critères ont été retenus : effets environnementaux, solubilité dans l’eau, sédimentation, stabilité par rapport à l’incinération, toxicité humaine, réparation de l’ADN (tiens ! pourquoi faudrait-il le réparer ?) impact sur les installations d’eaux usées, dégâts portés sur les barrières de tissus, effets de translocation sur l’épiderme, système respiratoire ou gastro-intestinal…Nous espérons qu’on n’en oublie pas ?

    N’en jetez plus ! Une telle liste de dégâts « possibles » ou « supposés » devrait déjà éveiller notre suspicion. Mais, grâce à Dieu, on apprend que les études antérieures avaient montré qu’il était possible d’éliminer près de 90% des NM…ce qui permettait de « réduire » (vous avez  bien lu « réduire » et non « empêcher« ) les catastrophes environnementales.

    On apprend aussi en lisant ce rapport que « la majorité des particules de NM peuvent former des agglomérats (regroupements) qui se retrouvent dans les sédiments et peuvent être exposés aux organismes qui y vivent« . On nous explique alors « que le nano-argent, par exemple, peut avoir un effet néfaste sur l’environnement, mais [que] davantage de recherches sont nécessaires pour savoir ce qu’il en est du dioxyde de titane nanostructuré« .

    En effet, ce serait bête de mourir idiots.

    Mais attendez, ce n’est pas fini. On lit : « L’émission directe de NM dans l’air dépend de la conception du produit [….] cette fraction de NM serait intégrée dans des particules de plus grandes tailles. [Les dits chercheurs] ont associé l’oxyde de titane à des degrés de variation de perturbation des fonctions cellulaires dans le cerveau, les poumons et d’autres organes importants. Les NM peuvent également servir de vecteurs pour d’autres substances toxiques »

    Charmant ! Quand les nanomatéiraux ne sont pas assez efficaces pour causer des dégâts sur notre sante ou notre environnement à eux tout seuls, ils trouvent des alliés toxiques !

    La conclusion de l’article de « Cordis actualité » où nous puisons cette information est un chef-d’œuvre d’humour, sans doute involontaire

    « Les méthodes actuelles pour quantifier le risque exact sur la santé humaine n’est pas une tâche aisée, et les chercheurs expliquent qu’il n’existe sur le marché aucune méthode ou aucun outil  fiable pour cela« .

    Il nous restera toujours la prière.

    Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere

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