Les nanoparticules polluent les friandises de nos enfants. Faut-il laisser faire ?

    © Copyright 2012 CorbisCorporationOn les trouve notamment dans les M&M’s, les chewing-gums, Mentos sans oublier les glaces et les guimauves, parfum dioxyde de titane. Un régal !

    Il y a trois sources de production des nanoparticules :

    • Naturelles : les volcans (en activité bien sûr), les réactions de photosynthèse, les poussières du désert…
    • Par combustion : gaz d’échappement entre autres.
    • Industrielles : là c’est un vrai festival car on les utilise dans les

    – Cosmétiques où elles sont censées améliorer la tenue des rouges à lèvres, accentuer les arômes, fluidifier les crèmes solaires, durcir les dentifrices…..

    – Textiles : amélioration de la résistance à l’eau, au feu, à l’abrasion…

    – Médecine : dépistage précoce d’une maladie ou d’une infection…

    – Alimentation : exaltent le goût, l’odeur, la couleur des aliments, élargissent la conservation.

    Bref, la panacée universelle (ou presque) pour les industriels

    Si bien que la Commission européenne, a pu chiffrer le marché des nanotechnologies, à 700 milliards d’euros en 2008 et prévoit 2 000 milliards de dollars en 2015.

    Les industriels et la commission européenne, c’est une chose. Mais la santé en est une autre et les autorités sanitaires s’inquiètent de cette invasion des nanoparticules dans nos produits de consommation courante

    D’autant qu’il existe un certain nombre d’études  qui montrent que les nanoparticules peuvent être un risque pour la santé de l’homme et l’environnement.

    Qu’est ce qui les rend inquiétantes ?

    D’abord leur petite taille : de 1 à 100 nanomètres (nm) – qui facilite leur circulation à l’intérieur du corps et leur impact sur le sang, le foie, les poumons, le cœur, le cerveau sans oublier le fœtus,

    Ensuite leur réactivité extrême à l’environnement du fait même de leur structure moléculaire.

    Ces deux caractéristiques les rendent particulièrement aptes à entraîner des effets que nous n’avons pas encore évaluées sur nos équilibres physiologiques et biologiques,  mais que nous pouvons deviner à la lumière de l’expérience vécue aves les phtalates et les parabènes…..

    Or, leur propriétés multiples qui les rendent si intéressantes pour fournir des nutriments et des vitamines,  exalter les arômes, conserver, épaissir, colorer…ont conduit l’industrie agro-alimentaire à multiplier leur usage aussi bien pour purifier l’eau que pour servir d’antiagglomérant, gélifiant, de protecteur d’UV dans les emballages, chasseurs de microbes et détecteurs de contamination. La liste n’étant pas exhaustive.

    Grist Twilight Greenaway journaliste fait remarquer avec justesse qu’en la matière la tactique est la même que pour les OGM :  » premièrement, les diffuser dans les produits alimentaires en masse ; et évaluer les risques ensuite (ou jamais). »

    C’est l’Université d’Arizona qui a tiré la première la sonnette d’alarme en 2012 avec son étude sur les « Nanoparticules de dioxyde de titane dans les aliments et les produits de soins personnels ». Elle dénonçait leur utilisation courante dans « les confiseries préférées des enfants : m&m’s, chewing-gums, mentos sans oublier les glaces et les guimauves » où elles se trouvent en grande abondance.  Désignées par  tio2, ou nano-tio2  elles  rendent les bonbons plus attractifs (couleur et saveur).

    Inacceptable lorsqu’on sait qu’en 2007 le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) avait classé le dioxyde de titane, dans sa forme nanoparticulaire, comme cancérigène possible.

    Une autre étude du CEA parue en 2011 enfonçait le clou en démontrant que les nanoparticules de dioxyde de titane employées à forte dose, peuvent traverser la barrière hémato-encéphalique, et atteindre le cerveau. Pour quels effets ?

    De son côté, l’Université de Lausanne affirmait toujours en 2011 : « Avec le dioxyde de titane, on se retrouve dans la même situation qu’avec l’amiante il y a 40 ans.

    L’amiante et le nano-TiO2 sont vraiment similaires et ont la même puissance

    Nos données suggèrent que le nano-TiO2 devrait être utilisé avec une plus grande prudence qu’il ne l’est actuellement.

    De meilleures précautions doivent être prises pour limiter son ingestion, dans l’industrie comme dans la vie quotidienne.

    Nous disposons maintenant de données scientifiques de bonne qualité et désormais, c’est une question politique.

    Il y a déjà des commissions dans plusieurs pays qui réfléchissent à des mesures. »

    Réfléchir c’est bien, mais comme nous l’avons martelé à plusieurs reprises, le principe de précaution, inscrit dans notre Constitution, c’est mieux.

    Vous avez dit traçabilité ? On peut rêver…

    C’est le règlement Reach qui sert de Bible à la Commission européenne  pour gérer les risques liés aux nanomatériaux. En 2010 le Comité scientifique européen des risques sanitaires émergents recommandait une concentration de 0,15 %. A compter du début de l’année un règlement oblige, en France, les industriels à déclarer leur recours aux nanoparticules à l‘Agence nationale de sécurité sanitaire. Mais cela ne convainc personne car le secret industriel et commercial donne la possibilité aux industriels de ne pas dévoiler la composition de leur produit !

    D’où notre pessimisme quant à une véritable « traçabilité » dans l’état des dispositions actuelles.

    Mais rassurez-vous,  on continue à « évaluer » à « réfléchir » (du côté de l’Anses et de celui de l’INERIS, par exemple) pendant que nos enfants se gavent de sucreries aux nanoparticules.

    Là encore, faudra-t-il attendre une cataclysme à la Médiator pour, enfin, prendre les dispositions nécessaires à protéger nos enfants…et même leurs parents  ?

    Olivier TOMA  – PRIMUM-NON-NOCERE

    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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