Les perturbateurs endocriniens nous empoisonnent…et nous coûtent cher.

    pertuCombien ?

    Combien nous coûtent les perturbateurs endocriniens alors que la Commission européenne (sans doute influencée par de puissants lobbies) oublie de les réglementer ?
    C’est la question que se sont posée dix-huit chercheurs et ils sont arrivés à une somme de 157 milliards d’euros par an ! Pas moins. Cela fait cher pour absorber des poisons, n’est-il pas ?

    Où ?

    Dans les biberons en plastique pour le bisphénol A,
    Sur la peau des fruits pour les pesticides organophosphorés,
    Dans les cosmétiques pour le paraben notamment,
    Dans de nombreux contenants alimentaires,
    Dans l’air intérieur qui contient des Composés Organiques Volatiles dangereux et pourtant évitables,
    Dans l’eau de notre robinet pour le perchlorate…

    Bref, il est solidement établi désormais, grâce à une série d’études épidémiologiques réalisées sur ces vingt dernières années, que nous sommes soumis, quotidiennement, à l’action croisée de produits chimiques déséquilibrant dangereusement notre système hormonal : baisse de fertilité, obésité, pubertés précoces, baisse du quotient intellectuel, cancers sont quelques unes des agressions qui nous guettent
    Certes le bisphénol A et certains phtalates sont désormais interdits, mais les plus nombreux sont encore autorisés. Et la Commission européenne se refuse à régulariser la situation avant 2016 ! Mieux : elle veut d’abord évaluer le coût économique d’une éventuelle régulation.
    Il est donc clair que le point de vue économique va l’emporter sur les enjeux de santé publique si on laisse faire les technocrates de Bruxelles.

    Les données

    C’est pourquoi dix-huit chercheurs européens et américains ont procédé à cette évaluation du coût économique des nuisances infligées par les perturbateurs endocriniens en Europe.
    Et les chiffres obtenus ont été publiés en mars dernier dans The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism (JCEM) : 157 milliards d’euros par an, soit 1,23 % du PIB de l’Union européenne. De quoi largement couvrir les frais entraînés par la régulation. Non ?
    La méthode retenue nous est expliquée par Martine Bellanger : [Elle] inclut, entre autres, celle utilisée par les experts du Giec : elle consiste à éplucher consciencieusement la littérature scientifique disponible. Certaines de ces relations sont en effet très bien documentées. Nous avons considéré leurs différentes probabilités pour les déficits intellectuels, les troubles de déficit de l’attention (ou hyperactivité), l’obésité infantile, le diabète, l’infertilité masculine et la mortalité associée à un déficit de testostérone. Nous avons enfin estimé les coûts de ces troubles pour le nombre de cas probablement dus aux perturbateurs endocriniens. »

    Les atteintes à la santé publique

    Ce sont les atteintes aux capacités cognitives (quotient intellectuel) et les troubles neuro-développementaux entraînés par les perturbateurs endocriniens qui nous coûtent le plus cher.
    C’est ainsi que tous les ans l’exposition des fœtus aux organophosphates et aux retardateurs de flamme (agents ajoutés à des produits industriels pour les rendre moins inflammable), fait perdre près de 14 millions de points de quotient intellectuel (QI) entraînant un coût estimé à 132 milliards d’euros.
    Pour établir la relation QI/coût financier les chercheurs ont « utilisé les données basées sur le test Wisc qui, reconnu par les psychologues, révèle différents types d’intelligence (verbale, abstraite, sociale…). Des points de QI perdus se traduisent par une baisse d’inventivité, d’innovation des individus, soit un manque à gagner pour la société. Lorsque la perte est importante et donc handicapante, des assistanats doivent être mis en place, ce qui coûte encore plus cher. »

    Mais ce n’est pas tout.

    Le rapport révèle que les perturbateurs endocriniens entraînent annuellement environ 316 cas d’autisme et entre 19 400 et 31 200 cas d’hyperactivité.
    Quant aux phtalates, ils provoquent l’infertilité masculine ainsi qu’une baisse du taux de testostérone chez les hommes de 55 à 64 ans, entraînant respectivement 618 000 procédures d’aide à la procréation et 24 800 décès.
    Mais on peut aussi leur attribuer légitimement 53 900 cas d’obésité et 20 500 nouveaux cas diabètes chaque année chez les femmes âgées.
    Le bisphénol A, lui, serait responsable de 42 400 nouveaux cas d’obésité infantile chaque année.
    Sans oublier que ces perturbateurs endocriniens sont en partie responsables des cancers des testicules.

    Que font les Etats ?

    Pas grand-chose pour le moment.
    Aussi le rapport établit-il (et cela rassurera peut-être les comptables de la Commission) que « des actions de régulation pour limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens les plus dangereux engendreraient des économies substantielles et amélioreraient la santé publique ».

    En attendant que des mesures vigoureuses soient enfin prises pour nous protéger de ces poisons ? QUE FAUT IL FAIRE ?

    Manger bio le plus souvent possible (laver les fruits pollués aux pesticides ne suffit pas) – utiliser des biberons en verre et des tétines en silicone – aérer très régulièrement les intérieurs – ne pas dormir avec un grand écran allumé (la poussière et les écrans contiennent d’importantes doses de retardateurs de flamme bromés), former les enseignants et les médecins.
    Pour le moment ces gestes simples sont ceux qui permettent de réduire les risques pour notre santé et d’alléger la facture des perturbateurs endocriniens.
    Le C2DS lance une campagne « OPE » organisation sans Perturbateur Endocrinien » que nous vous suggérons d’appliquer et de promouvoir…

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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