Les risques professionnels et le cancer du sein – les secteurs les plus exposés.

    Les risques professionnels et le cancer du sein - les secteurs les plus exposés.BioMed Central vient de publier une étude qui établit un lien bien assuré entre le cancer du sein et certaines activités professionnelles.

    Sont plus particulièrement visées celles qui exposent leurs pratiquant(e)s au contact de substances cancérigènes et de perturbateurs endocriniens. A savoir les  employés du secteur agricole, automobile, les industries de la matière plastique, de conserves alimentaires et de la métallurgie.

    L’étude constate ainsi que les femmes ayant travaillé pendant 10 ans dans ces secteurs d’activité ont un risque accru de 425% de cancer du sein. Etude qui, d’après ses auteurs – James Brophy T, de l’Université de Striling en Ecosse et ses collègues canadiens du Centre régional de Cancérologie de Windsor et des US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) vient combler un domaine négligé de la recherche.

    Les travaux ont porté sur 1006 cas de cancer du sein et 1.147 témoins sains appariés dans le sud de l’Ontario. « Les chercheurs ont recueilli des données professionnelles et reproductives des participantes, les antécédents ou risques d’exposition à des agents cancérigènes ou à des perturbateurs endocriniens, et chez les patientes atteintes de cancer, l’état de la pathologie tumorale ».

    Il a été ainsi mis en évidence que les femmes exposées de manière potentiellement élevée aux agents cancérigènes et perturbateurs endocriniens, courent un risque élevé de cancer du sein. Comme on vous le signalait plus haut : 10 ans en secteurs exposés tels que ceux indiqués plus haut = 42% de risque en plus :

    • 36% pour l’Agriculture à cause de l’exposition aux pesticides, agents cancérogènes mammaires et souvent aussi perturbateurs endocriniens.
    • Risque multiplié par 5, dans le secteur automobile, de développer un cancer du sein double quand les femmes travaillent à la fabrication des pièces en matière plastique.
    • Risque de cancer du sein double multiplié par 5 aussi, pour les femmes travaillant dans le secteur de la conserverie alimentaire et particulièrement chez les personnes ménopausées.  Risque imputable à l’exposition aux produits chimiques contenant des résidus de pesticides et aux émissions liées aux revêtements de polymère des boîtes de conserve.
    • 73% de risque supplémentaire pour les femmes employées dans le secteur des métaux : l’outillage, les fonderies de métal et la fabrication de pièces métalliques. Les causes : exposition à divers métaux et produits chimiques potentiellement dangereux.
    • Risques plus élevés (mais non quantifiés dans l’étude) de développer un cancer du sein double, pour les femmes travaillant dans le secteur des Bars,  Casinos et Hippodromes. Les facteurs incriminés ? le tabagisme passif auquel ces femmes sont exposées, ainsi que le travail de nuit qui dérègle le système endocrinien.

    Les auteurs du rapport suggèrent donc de lancer de nouvelles études en insistant sur la nécessité impérieuse  » d’inclure les antécédents professionnels dans l’épidémiologie environnementale et professionnelle du cancer du sein« . On pourrait ainsi mieux allouer les ressources affectées à la prévention des maladies liées aux expositions professionnelles à ces substances cancérigènes ou perturbatrices.

    Nous ajouterons pour notre part que ces études doivent s’étendre impérativement au secteur de la santé dont les professionnels sont tout aussi exposés à ces substances nocives. Ce qui semble avoir échappé aux auteurs du rapport de BioMed Central.

    A bon entendeur…..

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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