L’INRS publie – enfin – une brochure pour repérer les nanomatériaux en entreprise

    Nano01« Cette brochure s’adresse à tous les préventeurs de terrain qui sont amenés à identifier des opérations potentiellement exposantes aux nanomatériaux en entreprise…..[Elle] est constituée en 2 parties. La première dresse un état des connaissances sur les nanomatériaux : généralités (définitions, réglementation, toxicité, exposition professionnelle), repérage et identification des nanomatériaux, évaluation des risques et mesures de prévention. La seconde traite des secteurs concernés par la fabrication ou l’utilisation de nanomatériaux. Cette partie se présente sous forme de fiches pour une dizaine de secteurs d’activités : Agroalimentaire, Construction, bâtiment et travaux publics, Cosmétique, produit et équipement de soin et d’hygiène, Energie et environnement, Peinture, vernis et encre, Pharmacie et santé, Plasturgie et caoutchouc, Textile, habillement, papier et carton. Pour chaque secteur d’activité, sont répertoriés les nanomatériaux manipulés et les propriétés ou fonctionnalités apportées en fonction des applications envisagées ».

    Pour notre part nous ne pouvons que nous réjouir de la publication de cette brochure de mise en garde. Car la « mise en garde » constitue l’un de nos engagements et, concernant les nanomatériaux, nous n’y avons pas failli. Il n’est peut-être pas inutile de nous remettre ces articles en mémoire. En remontant dans les archives de ce Blog, nous pouvons donc citer :

    • Notre article du 21.05.2013 où nous écrivions : « Nous le soupçonnions, le National Institue for Occupational Safety and Health (Niosh) nous le confirme : oui, certaines nanoparticules sont toxiques, oui elles sont cancérogènes. Ces conclusions surviennent à la suite de la mise en place de rigoureux protocoles d’analyses dits « universels » destinés à supprimer les difficultés liées aux divergences entre laboratoires d’analyse et à dépasser des résultats plus ou moins contradictoires suivant les plans d’étude adoptés. »

    • Un article du 24.04.2013, relatifs à la présence de nanomatériaux dans l’alimentaire et notamment dans la confiserie : « On les trouve notamment dans les M&M’s, les chewing-gums, Mentos sans oublier les glaces et les guimauves, parfum dioxyde de titane. Un régal ! Il y a plusieurs sources de production des nanoparticules : – Naturelles : les volcans (en activité bien sûr), les réactions de photosynthèse, les poussières du désert… – Combustion : gaz d’échappement entre autres. – Industrielles : là c’est un vrai festival car on les utilise dans les Cosmétiques [….] les Textiles [.…] la Médecine [….l’ Alimentation [….] Bref, la panacée universelle (ou presque) pour les industriels Si bien que la Commission européenne, a pu chiffrer le marché des nanotechnologies, à 700 milliards d’euros en 2008 et prévoit 2 000 milliards de dollars en 2015. Les industriels et la commission européenne, c’est une chose. Mais la santé en est une autre et les autorités sanitaires s’inquiètent de cette invasion des nanoparticules dans nos produits de consommation courante. D’autant qu’il existe un certain nombre d’études qui montrent que les nanoparticules peuvent être un risque pour la santé de l’homme et l’environnement ». Et nous exposions alors les conclusions de ces études que nous ne pouvons reproduire ici.

    Article du 06.09.2012 « Rapport : « Les effets sur la santé reliés aux nanoparticules » de l’IRSST (Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail). « Le domaine des nanoparticules est en plein essor avec des développements industriels se traduisant par la production chaque année de plusieurs centaines, voire milliers de tonnes pour certaines nanoparticules. Les travaux des laboratoires et leur transfert technologique, à ce jour, ont porté principalement sur des développements technologiques visant la production de nouveaux matériaux aux caractéristiques uniques, mais dont les effets sur la santé et sur l’environnement n’ont été que très partiellement établis. La recherche des impacts potentiels de ces nanoparticules sur la santé ou sur l’environnement débute à peine et le manque de connaissances scientifiques est flagrant à plusieurs niveaux comme cela a été montré dans ce rapport ».

    Article du 13.03.2012 « Le JO publie aussi un … décret qui désigne les organismes pouvant être destinataires des informations relatives aux dangers des substances nanoparticulaires et aux expositions auxquelles elles exposent. Son désignés : l’AFSSAPS, l’InVS, l’INRS, l’INERIS, des organismes chargés de toxicovigilance, les entreprises qui produisent, distribuent ou importent des substances nanoparticulaires et des laboratoires de recherche publics et privés. C’est l’ANSES qui gérera les déclarations adressées au ministère de l’Environnement et les données qu’elles contiennent et qui pourra les adresser à l’ensemble de ces organismes….ou ne pas le faire car cette mission ne paraît pas impérative dans le texte ». Et nous enfoncions le clou : « Inutile de préciser que ces mesures, purement administratives, ne nous rassurent pas du tout car, en attendant que nous nous soyons fait une opinion fondée et définitive sur l’impact de ces nanoparticules sur les équilibres physiologiques de l’être humain des dégâts risquent d’être commis qui s’avéreront irréversibles. Et les interdire alors ne servira pas à grand-chose. Notre consigne est donc d’éviter autant que faire se peut d’acheter des produits en contenant jusqu’à ce que nous soyons certains de leur totale innocuité. Si tant est que nous ayons un jour cette certitude…. »

    Article du 17.11.2011 « On découvre avec effroi que les nanoparticules de dioxyde de titane que vous absorbez benoîtement dans votre crème solaire, peuvent altérer certaines fonctions cérébrales en cas d’exposition prolongée. Ce sont des chercheurs du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique) qui nous mettent en garde après étude sur un modèle cellulaire in vitro et dont les résultats sont très troublants ».

    Article du 25.07.2011 « Le 14 juin 201, l’Afssaps recommande, concernant le Dioxyde de titane, présent dans les cosmétiques, les médicaments et les matériaux de construction et décoration « de ne pas utiliser de produits cosmétiques, notamment les produits de protection solaire contenant du TiO2 sous forme nanoparticulaire sur – la peau lésée à la suite d’érythèmes solaires (ou « coups de soleil ») par exemple, et ceci en l’absence de données d’absorption cutanée spécifiques – le visage et dans les locaux fermés lorsque ces produits sont contenus dans des « sprays » aérosols. Cela, dans l’attente de données permettant de finaliser l’évaluation du risque par voie aérienne » Dans le même temps ces nanomatériaux sont largement utilisés pour les revêtements et ravalements de nos façades. Et nous nous demandons de qui se moque-t-on vraiment ? A quoi sert que l’Afssaps ponde des mises en garde quand les produits qu’elle déconseille formellement sont déjà couramment utilisés puisque nous respirerons déjà des NM largués tant par les revêtements de nos façades que par nos bombes aérosols et nos sprays ? »

    Article du 02.04.2011 « Un outil d’évaluation et de gestion des risques liés à l’utilisation de nanomatériaux dans l’industrie a été développé par des experts de l’Anses et présenté dans un rapport fin 2010. La norme internationale ISO, en cours d’élaboration, devrait s’inspirer de cette méthode. D’après Dominique Gombert, directeur de l’évaluation des risques à l’Anses, cet outil intervient à la suite de trois rapports et avis publiés sur le sujet, en 2006 (voir le JDLE), 2008 sur les risques pour les travailleurs (voir le JDLE), puis 2010 sur l’évaluation des risques pour la population et l’environnement (voir le JDLE). »

    Nous arrêtons là l’évocation de ce long travail d’«éveilleur des consciences » en matière de santé publique, tout particulièrement vis-à-vis de l’utilisation imprudente des nanomatériaux et nous espérons que cette brochure sera suivie d’autres initiatives qui nous débarrasseront de cette source de préoccupation.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

     

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