L’OMS est catégorique : la pollution de l’air et les particules fines sont des cancérigènes indiscutables.

    © Copyright 2013 CorbisCorporationSur les quatre groupes de cancérogènes définis par l’OMS, la pollution de l’air se classe dans le groupe N° 1. Classement confirmé par les études scientifiques menées par le Circ qui y voit une cause majeure du cancer des poumons et qui l’associe à un risque plus élevé du cancer de la vessie. Qui ajoute :  » Bien que la composition de la pollution de l’air et son exposition varient considérablement entre différents lieux, les conclusions du groupe de travail s’appliquent à l’ensemble du monde ». Et le problème ne semble pas devoir se régler dans l’immédiat, car « les études indiquent que ces dernières années les niveaux d’exposition ont augmenté de manière conséquente dans certaines parties du monde, en particulier dans les pays en voie d’industrialisation rapide et à forte population. »

    L’air extérieur n’est pas le seul cancérogène « certain » : il partage ce redoutable privilège avec les gaz d’échappement des moteurs diesel, les solvants, les métaux, la poussière, qui ont tous fait l’objet de différentes études.

    Qu’est ce qui pollue l’air extérieur ? Simple : les transports, les générateurs électriques stationnaires, les émissions de l’industrie et de l’agriculture, le chauffage et la cuisine résidentiels.

    Cible privilégiée de cette pollution atmosphérique, même inférieure aux normes réglementaires européennes ? Les femmes enceintes qui risquent de donner naissance à des bébés de petit poids.

    Conclusion : il faudra revoir les objectifs en matière de qualité de l’air si on se réfère à la vaste étude nommée ESCAPE (European Study of Cohorts for Air Pollution Effects) observant l’influence de la pollution atmosphérique sur la croissance fœtale chez 74 178 parturientes entre 1994 et 2011 et portant sur 14 études de population dans 12 pays européens, menées dans des conditions bien précises et dont les conclusions sont sans appel :

    –          5 µg/m3 en particules fines en plus (PM 2,5) pendant la grossesse, majorent de 18 % le risque d’hypotrophie (poids de naissance inférieur à 2500 g)

    –          les effets de cette exposition se feraient sentir sur la croissance fœtale, même pour des concentrations inférieures à la limite fixée par les normes européennes : 25 µg/m3

    –          interviennent d’autres polluants atmosphériques de manière plus atténuée : l

    –                      les particules inférieures à 10 micromètres (PM 10)

    –                      et celles ayant un diamètre compris entre 2,5 et 10 µm (PM 2,5-10)

    –          sans oublier le dioxyde d’azote et les oxydes d’azote

     En résumé :

    –          les particules fines liées à la pollution atmosphérique et à la densité du trafic, sont associées à un risque d’hypotrophie et à une réduction du périmètre crânien à la naissance

    –          interviennent aussi le tabagisme, le poids et le niveau d’éducation maternels

    Des hypothèses

    –          la réduction du périmètre crânien suggère des atteintes au développement  neurologique

    –          mais on pourrait attribuer aux polluants : des perturbations endocriniennes, des altérations des échanges placentaires et/ou un stress oxydatif

    Perspectives

    –          les taux d’exposition moyens aux PM 2,5 enregistrés pendant la grossesse variaient entre 10 et 30 microgrammes/m3  suivant la zone.

    –          si les niveaux de PM 2,5 étaient réellement réduits à 10 microgrammes/m3, – valeur cible définie par l’OMS – les chercheurs estiment à  22% la diminution  des cas de petits poids de naissance.

    C’est d’ailleurs ce que précise le Dr Rémy SLAMA, coordonateur de l’étude : « Une proportion importante des cas de petit poids de naissance pourrait être évitée en Europe si la pollution de l’air urbain (…) diminuait ».

    En attendant il ne reste qu’à conseiller aux femmes enceintes d’éviter les « situations à haut risque d’exposition, tels les carrefours de circulation« . C’est ce que fait Jonathan Crigg, spécialiste britannique de la qualité de l’air, dans un récent article.

    Après le « sortez couvert !  » aurons-nous droit à « rasez les murs ! » ?

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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