Médicaments périmés : bilan et préconisations

    En 2011 la moitié des 14 500 tonnes de médicaments périmés ont été transformées en énergie par Cyclamed. Qui les récupère auprès des pharmacies qui sont tenues de recueillir les médicaments non utilisés de leurs clients…si ceux-ci veulent bien les leur rapporter.

    Il faut trier les médicaments périmés

    Ne surtout pas les déverser dans l’évier ou dans la poubelle. Les principes actifs de vos médicaments sont des pollueurs actifs des eaux et des sols.  C’est pourquoi on retrouve leurs traces dans les stations d’épuration. Sans parler des risques qu’ils font courir à vos enfants s’ils restent à leur portée

    Il faut s’en débarrasser?

    Comment ? En les rapportant – périmés ou non – emballage compris, dans toutes les pharmacies de France, dans le respect de la loi de 2007.

    Lesquels choisir?

    Tous les produits prescrits par votre médecin doivent être repris : cachets, gélules, sirops, aérosols, crème. Sont exclus de cette obligation : les médicaments vétérinaires, les compléments alimentaires ou les cosmétiques.

    Et après ?

    Les non périmés ont été longtemps redistribués en France ou à l’étranger par des organismes humanitaires. Mais, des trafics ont été constatés et des mauvaises utilisations à cause de notices incomprises. On a donc décidé de les incinérer pour produire de l’énergie. L’enfouissement étant fort déconseillé par Cyclamed pour éviter des  » problèmes environnementaux à long terme « .

    Bilan actuel ?

    La reprise s’améliore progressivement. De 11 990 tonnes en 2007 elle est passée à 14 565 tonnes en 2011. Une étude du CSA évalue la quantité de médicament inutilisés à 23 330 tonnes par an.

    Côté comportements :

    • on chiffre à 67% le nombre de Français qui rapportent leurs médicaments en pharmacie,
    • 54% seulement en région parisienne
    • 34% chez les 18-24 ans qui ont encore des progrès à faire en matière de sens collectif.
    Mais il faut aller plus loin et agir différemment

    D’abord en diminuant les prescriptions. C’est ce que préconise Olivier TOMA, fondateur du C2DS. «Il n’y a pas de volonté de réduire l’impact des médicaments en France » constate-t-il.

    Une solution existe et il la propose depuis longtemps : suivre l’exemple suédois et adopter l’indice PBT en France Cet indice attribue une note de 1 à 9 aux médicaments selon leur impact environnemental. Du moins nocif au pire !  Les médecins ont donc un moyen sûr de mesurer les conséquences environnementales de leurs prescriptions en d’en tirer les leçons nécessaires pour orienter leur pratique.

    Une ouverture bienvenue

    Cette recommandation que le C2DS et son président essaient de faire adopter depuis longtemps vient d’être reprise – par Philippe Lamoureux, directeur général du Leem (Les entreprises du médicament) qui a déclaré récemment : « C’est intéressant, mais il faut mieux le documenter. Nous sommes dans une balance bénéfices-risques : l’impact environnemental est important, mais ne doit pas être l’entrée majeure face à l’intérêt thérapeutique ».

    C’est un avis qui doit être soigneusement analysé dans toutes ses implications et conséquences.

    Doit être notamment pris en compte le fait que l’impact environnemental et l’intérêt thérapeutique ne sont pas deux considérations séparées l’une de l’autre car il est évident que la première a un effet direct sur la seconde, si bien qu’on peut considérer que contrôler « l’impact environnemental » est une manière de contribuer à un réel « intérêt thérapeutique ».

    Néanmoins la bonne volonté du Leem semble évidente et nous lui proposons de travailler ensemble sur la résolution de cette épineuse question de santé publique.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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