On les jette à la porte, ils reviennent par la fenêtre : les PHTALATES

    On les jette à la porte, ils reviennent par la fenêtre : les PHTALATESOn croyait qu’après toutes les alertes lancées et la prise de conscience des autorités de tutelle, les phtalates allaient être vaincus. Et bien non. Des chercheurs américains – de la Boston University’s Slone Epidemiology Center (SEC) et de la Harvard School of Public Healthdonc assez crédibles pour publier dans la revue Environmental Health Perspectives du 15 décembre, nous affirment qu’on en trouve dans plus de « 100 médicaments et compléments alimentaires« . Ils y entrent comme ingrédients inactifs et ne sont pas signalés sur les notices (à quoi servent-elles donc ?).

    Et pourtant certains de ces phtalates sont considérés et démontrés comme toxiques. Mais – voyez comme c’est commode – on est incapable de nous dire quelle est la quantité exacte de ces substances dans ces médicaments et compléments alimentaires, quelle est leur importance dans les posologies conseillées et quelles sont les conséquences à attendre sur une exposition à long terme.

    Incroyable ! penserez-vous. Pas tellement parce que ces phtalates sont contenus dans l’enveloppe des produits actifs, dans la capsule par exemple, où ils sont censés permettre de « cibler la livraison des ingrédients actifs à une zone spécifique du tractus gastro-intestinal, ou à gérer leur  libération progressive dans le temps« .

    Et pourtant les chercheurs nous rappellent que des substances comme le DBP par exemple, sont parfaitement identifiées comme produisant des effets négatifs sur la reproduction des animaux en laboratoire et sont très soupçonnées d’intervenir comme perturbateur endocrinien sur la reproduction masculine.

     Les pragmatiques et les malthusiens penseront que cela va résoudre le problème de la pseudo-surpopulation mondiale, les gens de bon sens s’inquiéteront sur un taux démographique catastrophique en occident. Au choix.

    Parmi les médicaments dénoncés par les chercheurs US, 50 sont délivrés sur ordonnance, 40 en OTC (Over-The-Counter) et 26 compléments alimentaires ont des notices qui signalent « DEP ou DBP ». Et comme l’univers de la chimie est celui de l’opacité et l’ambigüité, ils relèvent qu’un grand nombre de notices montrent la présence de phtalates à la toxicité hypothétique, associés à des phtalates pour lesquels  elle est avérée.

    Si on considère qu’il y a des millions de médicaments et de produits alimentaires sur le marché, sur ordonnances ou en vente libre, on conçoit la sommes de phtalates que nous avalons sans le savoir !

    Ce qui n’empêche nullement de commencer par recenser « les médicaments spécifiques qui ont inclus des phtalates dans leur formulation »  affirme les Pr Kathy Kelley, responsable principale de l’étude.

    Et elle ajoute :  » Les résultats actuels devraient aider les chercheurs à mener les études nécessaires sur les risques potentiels des phtalates, mais ces efforts sont limités par le manque de centralisation et d’informations publiquement disponibles sur la présence de phtalates dans les médicaments et compléments alimentaires….Pour le chercheur, la quantité exacte de phtalates, en particulier de DBP devrait être parfaitement connue pour chaque forme posologique ».

    Ce n’est pas nous qui la contredirons sur l’ensemble de ces points.

     Le député Bapt monte aux créneaux.

    « Enfin ! » serions nous tentés de nous écrier. Nous apprenons que le député PS Gérard Bapt a déposé une proposition de loi pour interdire le DEHP, une substance de la famille des phtalates largement utilisée comme plastifiant, dans les dispositifs médicaux (tubulures, masques à oxygène…).

    Cette proposition fait suite à celle d’Yvan Lachaud (Nouveau Centre), adoptée en première lecture – contre l’avis du gouvernement – pour interdire – enfin ! –  l’utilisation de perturbateurs endocriniens comme les phtalates et les parabènes.

    Encore qu’on nous précise que la famille des phtalates recouvre  des substances dont certaines ne seraient pas « potentiellement dangereuses » pour la santé humaine (que recouvre ce conditionnel ? nul ne le sait) et, que l’interdiction absolue préconisée par la proposition de loi Lachaud paraît « excessive et difficilement applicable » par les industriels, au député Bapt.

    Autant ne pas faire de loi, si on suit bien ce raisonnement !

     C’est pourquoi le député PS propose « d’interdire, à compter du 1er janvier 2014, la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché de tout dispositif médical contenant du DEHP« .
    Rappelons

    • que l’Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA) catalogue le DEHT parmi les plus nocifs dans la liste qu’elle a établie des substances à contrôler en priorité et publiée en octobre 2008.
    • et que les phtalates sont notamment accusés de provoquer des troubles mentaux, moteurs et du comportement chez les enfants exposés avant leur naissance….

    Il aura fallu 7 ans pour que la vigoureuse campagne contre les phtalates menée par le C2DS soit enfin relayée par un projet de loi.

     Tout vient à point à qui sait attendre ? Voire…combien d’enfants ont-ils été gravement pollués pendant ces « 7 ans de réflexion » ?

    Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere

     

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