C’est une idée qui semble présenter des perspectives heureuses : rendre les véhicules électriques plus accessibles. Comment ? Remplacer les moteurs thermiques des véhicules condamnés à la casse, par des moteurs électriques… plus propres et ainsi moins chers.

    Quand on sait qu’il y a plus d’un milliard de véhicules polluants qui circulent dans le monde, on conçoit la portée éventuelle de cette initiative.

    A qui la devons nous ? A Wadie Maaninou et à ses camarades de l’école d’ingénieurs INP – Ense3 de Grenoble

    Mais le concept existait déjà en Californie depuis une dizaine d’années où il a pris le nom de rétrofit. Avec des orientations différentes puisqu’au départ il mobilisait des passionnés d’automobile cherchant à rendre leurs bolides « propres ». Il existait d’ailleurs des groupes similaires en Allemagne et en Italie, bricoleurs du dimanche inspirés par des préoccupations environnementales.

     Difficultés administratives

    Le projet baptisé « rétrofit » a pris du retard en France pour des raisons administratives[1] : homologation très longue et chère des anciens véhicules thermiques.

    Qu’à cela ne tienne : l’équipe grenobloise a été faire ses armes au Kénya où elle a « converti » des 4×4 de safari.

    Puis, fin 2018, apparaît une première structuration de la filière, à travers une association interprofessionnelle, AIRe, qui rassemble les pionniers rétrofit français. Objectif ? Faire pression sur les pouvoirs publics afin de modifier la législation et rendre l’homologation plus simple. Travail de longue haleine débouchant sur un arrêté publié en mars qui débloque la situation et permet deux avancées majeures :.

    • Suppression de l’accord constructeur..
    • Homologation d’un modèle valant pour tous les modèles de la série.

    Cette homologation en série, permet désormais d’industrialiser la filière et la création de Phoenix Mobility, start-up grenobloise.

    Ses objectifs ?

    Se tourner vers le marché de masse, et rendre le rétrofit accessible à tous.

    La première étape est orientée exclusivement vers les professionnels : entreprises et collectivités).

    La deuxième, vers les particuliers, est prévue pour 2021.

    Deux sites de fabrication sont prévus – à Paris et dans le Nord de la France – et doivent ouvrir d’ici  la fin de l’année.

    Mais l’équipe ne veut pas s’arrêter là  et prévoit déjà la mise en place d’un réseau de garages installateurs, qui pourraient réaliser le rétrofit partout en France. Cette extension pourrait permettre de faire baisser le prix de la conversion à l’électrique qui s’élève de nos jours à 15.000 € environ

     Notons que toute voiture ayant plus de 5 ans peut être, théoriquement, transformée en véhicule électrique. On peut savoir si le véhicule qu’on possède peut être converti et à quel coût, en effectuant une simulation.

    Sur le plan technique le rétrofit s’effectue en retirant tout d’abord tous les composants thermiques de la voiture : moteur, boîte de vitesse, courroie de distribution, radiateur… Puis, un kit électrique, compatible avec le modèle, est installé. L’installation s’effectue ainsi en moins de 24 heures. Les batteries disponibles ont une autonomie entre 150 et 300 km et une durée de vie de 10 ans.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

    Liens : Phoenix Mobility, AIRe

    [1] Pourquoi ne sommes nous pas surpris ? Les derniers enseignements du coronavirus ont, eux aussi, fait apparaître la carence de l’administration française, pléthorique et ultra-pourvoyeuse de textes et réglementations de toutes sortes, mais inefficace et même paralysante car ignorante des besoins réels.

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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