Pollution : Son impact sur la santé humaine est réévalué.

    © Copyright 2013 CorbisCorporationPoser la question c’est y répondre car cette réponse s’impose après la publication de l’alerte lancée par l’Université d’Utrech (Pays-Bas) qui nous révèle fort opportunément que les niveaux jugés «sécuritaires » par les autorités sanitaires européennes, concernant la pollution de l’air et surtout aux particules de 2,5 micromètres de diamètre, les « PM2.5 »,  ne nous protègent pas d’une « augmentation significative de la mortalité« . Pas de quoi pavoiser donc. Et d’enfoncer le clou en revendiquant dans le « Lancet » du 9 décembre 2013, en conclusion de cette étude, une  » réglementation européenne « moins laxiste » (sic). Rappelons que de précédentes études avaient clairement mis en évidence le rapport étroit mortalité/exposition à long terme à un air pollué par une concentration en particules de diamètre inférieur à 10 micromètres (PM10) ou 2,5 micromètres (PM2.5).
    Ici, nous avons affaire à une synthèse d’études menées au titre du projet européen Escape et associant les résultats de  » 22 études réalisées dans 13 pays, couvrant des zones urbaines et rurales, et portant au total sur 367.251 personnes « . Ce qui a permis aux chercheurs de mettre en  évidence l’impact de la concentration de polluants atmosphériques sur des taux de décès, sur une longue période d’environ 14 ans.
    Les facteurs de confusion possibles n’ont pas été négligés comme les facteurs socio-économiques, les modes de vie (tabagisme, consommation d’alcool et alimentation) sans oublier les antécédents de santé.

    Résultats au terme des quatorze années d’observation :

    • Décès de 8% des participants.
    • La concentration moyenne en NO2 moyenne variait de 5,2 à 59,8 microgrammes/m3, la concentration de PM2.5 de 6,6 microgrammes à 31 microgrammes/m3 durant toute la période de mesures.

    De plus les observations démontrent que :

    • Chaque palier supplémentaire franchi de 5 microgrammes de PM2.5 par mètre cube (HR : 1,07 IC : 95 % de 1,02 à 1,13) déclenche une augmentation de mortalité de l’ordre de 7%.
    • Mieux ! (si on  peut dire) : même en deçà du seuil maximum autorisé pour la concentration de PM2.5, la corrélation entre les différentes concentrations de PM2.5 et la mortalité, démontre un risque en hausse significative. Et cela même « lorsque la concentration est inférieure à la limite annuelle moyenne européenne de 25 microgrammes par m3 (HR 1,06), et même < 20 microgrammes par m3« 

    Inutile d’épiloguer longuement sur ces résultats alarmants car deux conclusions simples s’imposent :

    • Les niveaux d’exposition considérés pourtant comme «sûrs» ne le sont pas puisqu’ils se révèlent nocifs à long terme et facteurs d’une hausse de la mortalité.
    • Il faut absolument les revoir au plus vite et imposer de nouvelles normes dans l’Union Européenne pour protéger la vie de nos concitoyens. CQFD.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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