Première estimation du coût de la pollution de l’air intérieur en France : 19 milliards d’E !.

    © Copyright 2008 Corbis Corporationon sait que de nombreux facteurs entrent en jeu dans les paramètres d’une estimation de ce genre : grande diversité de situations d’exposition à de nombreux agents physiques et contaminants chimiques ou microbiologiques dans l’environnement intérieur, avec des conséquences variables sur la santé. A quoi il faut associer d’autres facteurs tels que les déterminants génétiques, les facteurs socio-économiques et d’autres paramètres environnementaux.
    Les préoccupations liées aux risques sanitaires dans notre pays sont déjà à l’origine d’études destinées à  renforcer les mesures de prévention et de protection. Surtout quand on constate que sous nos latitudes chaque personne passe 90% de son temps en environnement intérieur.

    Combien ça coûte ?

    En complément l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI) et Pierre Kopp, Professeur d’économie de l’université Sorbonne Panthéon ont voulu mener une étude exploratoire du coût socio-économique de la pollution de l’air intérieur. Ce qui a conduit à bâtir une méthode exploratoire pour chiffrer les conséquences économiques des effets de certains polluants de l’air intérieur sur la santé. Ce qui aboutit au montant approximatif de 19 milliards d’euros pour une année.
    Outre ces aspects sanitaires, les informations recueillies à l’occasion de cette étude peuvent s’avérer  déterminantes pour orienter efficacement des mesures de prévention. Est considéré comme polluant de l’air intérieur « tout polluant présent dans l’air des environnements intérieurs indépendamment de sa source, qu’elle soit spécifique à cet environnement et ses occupants (chauffage, cuisson, mobilier, produits d’entretien, etc.), ou bien extérieure à celui-ci comme la pollution atmosphérique extérieure par exemple »

    Le groupe « des Six » !

    Les chercheurs ont sélectionné six polluants – le benzène, le radon, le trichloréthylène, le monoxyde de carbone, les particules et la fumée de tabac environnementale – qui offrent les données utiles tenant à l’exposition de la population dans les logements français. Données extrapolées aux autres types d’environnements intérieurs. Choix lié d’autre part à  » l’existence d’une relation dose-réponse ou de données de santé publiées, en lien avec les expertises sur les valeurs guides de qualité d’air intérieur (VGAI) réalisées par l’Anses« .
    L’étude met alors en relation les retombées économiques de la pollution de l’air intérieur pour la société avec les « coûts de l’impact sanitaire généré par les polluants retenus (coût estimé des décès prématurés, coût estimé de la prise en charge des soins, coût estimé des pertes de production, etc.) »

    Pour aller plus loin…

    C’est ainsi qu’on arrive à 19 milliards d’Euros pour une année.
    Certes ces résultats ont un caractère plus illustratif que définitif compte tenu des hypothèses retenues et des limites définies, mais il n’en demeure pas moins que  » les coûts associés à l’impact sanitaire de l’exposition aux particules représentent une part prépondérante du coût global« .
    Du fait que les effets sanitaires de certains polluants sont déjà pris en compte pour les études en lien avec la pollution de l’air extérieur, on ne peut additionner air intérieur et air extérieur dans la même estimation.
    Il faudra bien sûr, aller plus loin en intégrant dans l’étude d’autres polluants couramment présents dans les environnements intérieurs comme par exemple le formaldéhyde et les moisissures. Sans oublier de tenir compte de la co-exposition des personnes aux différents polluants de l’air intérieur. L’étude nécessitera aussi  un affinement de l’analyse de la sensibilité de certaines hypothèses de calcul.

    Restera à comparer les méthodes retenues avec d’autres méthodes de calcul socio-économique pour consolider la fiabilité des résultats et évaluer la possibilité de les étendre à d’autres sujets.
    Pour votre part, nous ajouterons qu’il est simple et peu couteux d’appliquer les « 10 éco-gestes » de la campagne pour l’amélioration de la qualité de l’air intérieur et qu’un peu de prévention appliquée au domicile, à l’école et dans tout établissement recevant du public, réduirait considérablement la facture

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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