Qui paie pour la gestion des déchets chimiques ? Ne cherchez pas : ce sont les systèmes de santé, vous et moi.


    Qui paie pour la gestion des déchets chimiques ? Ne cherchez pas : ce sont les systèmes de santé, vous et moi.Un rapport très exhaustif (mondial) du PNUE (Programme des Nation Unies pour l’Environnement)  étudie la gestion des produits chimiques : de leur production au traitement des déchets qu’ils provoquent. Il évalue le coût  de la gestion de ces déchets à  236 milliards de dollars environ.,

    Coquette somme entièrement à la charge des systèmes de santé et des particuliers !

    Dans un contexte industriel mondial où apparaissent de nouveaux gros utilisateurs – les pays dits « émergents » – le recours de plus en plus massif aux produits chimiques ne laisse pas d’inquiéter quant aux coûts en matière de santé…pour ne rien dire du coût humain …..

    Voici comment Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE, résume la problématique liée à la gestion des produits chimiques :  » les progrès en terme de production et d’efficacité industrielles permis par l’utilisation des produits chimiques ne doivent pas se faire au détriment des êtres humains et de l’environnement. En fait, les progrès faits via l’utilisation de ces produits chimiques ne peuvent pas être considérés comme des progrès s’ils mettent en péril les réserves d’eau potable dans certaines régions, ou la sécurité alimentaire dans d’autres« . On ne saurait mieux dire.

    Et il ajoute :  » Les communautés à travers le monde, en particulier celles des pays émergents et en voie de développement, sont de plus en plus dépendantes des produits chimiques, depuis les engrais en passant par les produits plastiques et électroniques« .

    Et ça, c’est pas bon du tout pour nous, les petits et les sans-grades ! comme dirait Edmond Rostand.

    Parce que  le PNUE estime à près de 236 millards de dollars la perte financière réalisée entre la production et le traitement des déchets. Mais le plus scandaleux c’est que les industriels échappent à la majeure partie de cette énorme dette « au profit » (si on peut dire)  des systèmes de santé internationaux et des particuliers : c’est à dire vous et moi.

    C’est pourquoi le PNUE appelle les gouvernements « à prendre les mesures nécessaires pour faire évoluer cette situation en impliquant de plus en plus les industriels sur cette problématique« .

    Le genre de clause de style qui ne coûte pas cher et fait toujours plaisir !

    Et pourtant il est temps d’agir quand on estime les coûts liés aux empoisonnements par les pesticides en Afrique sub-saharienne, supérieurs aux aides qui sont versées annuellement à cette Région du monde, pour développer son système de santé. Ubu ne ferait pas mieux.

    Ce n’est plus de l’absurdité, c’est du cynisme radical

    Quant à la Chine, le rapport estime que la pollution chimique de l’eau à coûté  634 millions de dollars de dégâts aux élevages de poisson…..entièrement à la charge des pisciculteurs.

    En conclusion, le PNUE, vraiment très conciliant,  affirme que « le rythme des progrès a été lent, et les résultats restent encore très insuffisants« 

    C’est le moins qu’on puisse dire ! Quand donc les pollueurs seront-ils aussi les payeurs ?

    Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere

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