Réduire de 20 à 30% l’émission de CO2 en Europe ? Très bien ! Comment ? Combien ?

     Réduire de 20 à 30% l'émission de CO2 en Europe ? Très bien ! Comment ? Combien ?L’Union Européenne va adopter une résolution pour hausser ses objectifs de réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO2) qui passeraient de 20 à 30% d’ici 2020, avant d’aborder les discussions sur le changement climatique qui s’ouvriront à Durban à la fin du mois.

     Au Conseil de l’Environnement qui a eu lieu en Octobre dernier, « les ministres avaient déclaré que le groupe s’engagerait pour une nouvelle phase du Protocole de Kyoto à condition que les principaux émetteurs ne s’engagent à faire de même. »

    D’après une source (discrète) proche du Parlement Européen, il semblerait que la résolution sera très probablement adoptée et que la motion présentée au parlement français sera approuvée dans les mêmes termes.

     Les objectifs…

     Passer de 20% à 30% de réduction, si nous calculons bien, cela représente une réduction de 4% par an !

     Cette « source » affirme qu’il est  « dans le propre intérêt de l’Union Européenne de viser un objectif de protection climatique supérieur à 20%, dans la mesure où cela aura pour effet de créer des emplois, de la croissance et de la sécurité de manière simultanée ».

    Un objectif plus général sur le plan international serait d’arriver à resserrer l’écart entre les tonnes de dioxyde de carbone que les nations se sont engagées à ne plus produire et  la réduction indispensable à réaliser pour limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C, ce fameux seuil qui – selon certains scientifiques – éviterait la catastrophe d’un changement climatique.

     Se présente alors le problème du financement destiné à aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique. Si on considère la Chine et l’Inde comme des pays « en développement » on souhaite bien du plaisir aux comptables de projet.

     Rappelons que les financements sur le long terme jusqu’à 2020 ne sont pas fournis.

    C’est aux participants aux différents sommets qu’il appartient de réunir les cent milliards de dollars annuels indispensables. Ce qu’ils se sont engagés à réaliser.

     Si « la crise économique ne peut pas servir d’excuse pour ne rien faire » comme l’affirme Jo Leinen, président du Comité pour l’Environnement du Parlement Européen, il est tout aussi évident, pour les analystes, que les discussions de Durbanne ne pourront pas encore remplacer le Protocole de Kyoto.

    « Un traité complet, juridiquement contraignant et international couvrant l’ensemble des parties reste la meilleure façon de maintenir l’augmentation des températures mondiales en dessous du seuil des 2°C » soupire la Commissaire au Climat, Connie Hedeggard, mais elle espère qu’on pourra néanmoins « poser les bases d’un traité mondial qui pourrait prendre effet après Kyoto, et renforcer les autres mécanismes existants pour limiter le réchauffement climatique d’ici là« 

      Rappelons que l’Union Européenne s’est déjà engagée à réduire ses émissions de 20% d’ici 2020, c’est à dire le double de ce qui lui était demandé dans la première phase du Protocole de Kyoto qui expire à la fin de cette année. On va donc passer au triple si nous comprenons bien ce nouvel objectif

     Les Moyens….

     Remarquons alors que cette réduction passant de 20 à 30% entre 2012 et 2020, pour aussi souhaitable qu’elle soit, ne pourra être réalisée dans le secteur hospitalier si l’Etat ne crée pas un Fond pour la Rénovation Energétique Hospitalière (FREH) destiné à financer cet objectif ambitieux.

    Ne pas le financer, sous le prétexte de la crise par exemple, entraînera des conséquences financières infiniment plus difficiles que d’ouvrir sa  bourse au bon moment. Tout simplement parce que le coût de l’énergie va augmenter de façon exponentielle dans les dix ans qui viennent (certains prévoient le redoutable « Pic De Production » mondiale[1] pour le pétrole en 2015) et que les entreprises qui n’auront pas réalisé cette fameuse diminution de CO2 (passant donc de 2 à 4% par an) paieront la « taxe carbone ».

    On devine les conséquences sur le  budget prévisionnel de l’ensemble du secteur hospitalier ! Et on devine aussi, du même coup, qui devra payer la facture.

    En conséquence, investir dès aujourd’hui dans un « FREH » c’est parier sur l’avenir et garantir un avenir à la fois plus sain pour nous tous et plus souriant pour les finances de l’Etat et celles des contribuables.

    Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere,

    [1] Le Pic De Production, comme son nom ne l’indique pas, fixe le moment où la  production d’une ressource naturelle non renouvelable, comme le pétrole, commence à baisser puis à se tarir….dans le même temps où la demande augmente pour alimenter les besoins des économies émergentes en plein essor, comme celles de la Chine, de l’Inde ou du Brésil….On ne mesure pas la crise mondiale que cette situation peut déclencher auprès de laquelle les chocs pétroliers que nous avons connus paraîtront bien anodins).

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