Rêvons d’un indice de prescription du médicament : l’indice PBT.

    Rêvons d’un indice de prescription du médicament : l’indice PBT.Il faut absolument diminuer les impacts des résidus médicamenteux.

    Le « Quotidien du Médecin » du 02 Mars 2010 révélait qu’il y avait eu en France mille vingt deux décès par intoxication en 2006 ayant pour cause – pour plus de la moitié d’entre eux – les médicaments par prises accidentelles ou erreurs de prescription.

    On pouvait mettre cette information, en parallèle avec une autre information parue dans la revue « Panorama du Médecin » du 29 Septembre 2008 indiquant « qu’il y a chaque année cent cinquante mille hospitalisations liées aux médicaments. Après avoir décortiqué ce chiffre global, la revue concluait :  » Champions de la consommation de médicaments en Europe, les Français ingurgitent en moyenne pas moins de mille cinq cents comprimés par habitant et par an ! »

    Dans la partie consacrée aux « Médicaments » de notre ouvrage à paraître ,nous nous montrions évidemment préoccupé[s] par les conséquences en termes de santé, mais [aussi] sur les conséquences environnementales d’une telle consommation ».

    A quand, un indice pour les médicaments en France ?

    Il faut savoir que grâce aux progrès de l’analyse physico-chimique, la présence de traces de substances médicamenteuses a été largement établie à l’échelle mondiale et en particulier dans les eaux superficielles et souterraines, dans les eaux résiduaires et dans les boues des stations d’épuration ou dans les sols.

    C’est ainsi que la secrétaire d’Etat à l’écologie, découvrant la recette de l’eau tiède, avait affirmé dans les colonnes d’un quotidien du Mardi 24  Novembre 2009 qu’« on n’avait pas pris entièrement conscience du problème jusqu’à une étude récente qui a montré qu’il y avait une féminisation croissante des populations de poissons….. » (L’intégralité de la déclaration ministérielle vaut le détour, nous vous y renvoyons). L’aveu d’ignorance du sujet révélé par le ministre nous avait laissés pantois puisque cela faisait près de dix ans alors que les professionnels de santé alertaient l’opinion publique et les autorités dites compétentes sur cet état de choses et proposaient que l’indice PBT devînt un critère de choix majeur comme il l’est dans d’autres pays !

    Mais hélas, aujourd’hui, on continue à prescrire des médicaments sans tenir compte de l’indice PBT (Persistent Bioaccumulation and Toxic) qui classe les médicaments de 1 à 9 en fonction du taux de rejet dans les urines des molécules qui le composent.

    Voici comment Karine Le Loët, journaliste à Terra Eco (Paris) présentait cet indice PBT.

    « Une base de données suédoise recense les médicaments et leurs effets sur l’environnement » « Jusqu’ici, avant de rédiger une ordonnance, un médecin scrutait la posologie et les contre-indications d’un médicament. Désormais, en Suède, celui-là peut aussi s’attarder sur le Net pour savoir si le traitement est dangereux pour l’environnement et opter, le cas échéant, pour une molécule moins nocive. Et ce grâce à une base de données nationale, à la pointe du progrès.

    En fait, celle-ci s’inscrit au coeur d’un nouvel effort européen. En 2006, des études ont mis en évidence la présence de molécules pharmaceutiques – antidépresseurs, antibiotiques, oestrogènes – dans les voies d’eau (rivières, lacs) et le circuit d’eau potable. Leur présence s’explique simplement : ces molécules passent en fait dans les excrétions humaines qui transitent par les égouts avant d’être rejetées dans les rivières. Mais les risques de cette pollution sont encore inconnus. Aussi, l’Union européenne a-t-elle recommandé à ses membres de classer leurs médicaments selon leur dangerosité pour l’environnement. Manquait un outil pour rassembler les données.

    Un modèle à copier

    La région de Stockholm s’est attelée  à la tâche en classant les substances pharmaceutiques selon leur toxicité et la persistance de leurs agents. Une initiative applaudie, vite reprise au niveau national. Depuis, l’Association suédoise de l’industrie pharmaceutique a créé un modèle de classification et [a] créé une base de données sur le portail des Médecins suédois. Déjà, 1100 substances y sont répertoriées dont 60% comportent des informations environnementales. Et la base de données vise l’exhaustivité en 2010 ».

    L’intégralité du document sur la « Classification environnementale des médicaments 2009 » – « Stockholm County Council » se trouve en pièce jointe.

    En Suède, la réduction de résidus des produits pharmaceutiques dans le sol, l’eau, l’air est l’un des cinq plus importants objectifs environnementaux du « Stockholm County Council ».

    Le but étant de faire baisser en 2011 le niveau des produits médicamenteux rejetés dans les nappes phréatiques par rapport à celui de 2005.

    En 2010, tous les produits pharmaceutiques vendus en Suède sont estimés du point de vue de l’environnement selon le « Swedish Association of the Pharmaceutical Industry »

    Comment se fait la classification ?

    Les risques environnementaux sont basés sur le ratio entre le PEC de la substance et la grande concentration de PNEC. (Rappelons qu’un ingrédient est jugé compatible sur le plan environnemental si la concentration qui n’engendre aucun effet néfaste pour l’organisme le plus sensible testé (PNEC)- est supérieure à la concentration que l’on s’attend à trouver dans l’environnement (PEC))

    Le risque est spécifique comme :

    – INSIGNIFIANT :           si  PEC/PNEC < 0,1

    – BAS : si PEC/PNEC 0,1 – 1

    – MODERE : si PEC/PNEC > 10

    Le danger environnemental évoqué par les initiales PBT exprime les caractéristiques intrinsèques dommageables pour l’environnement de la substance dans les termes suivants :

    PERSISTENCE : Possibilité de résister à la dégradation dans le milieu aquatique

    BIOACCUMULATION : L’accumulation dans le tissu adipeux des tissus des organismes aquatiques

    TOXICITE : L’empoisonnement potentiel de l’organisme aquatique.

    Chacune de ces caractéristiques se voit attribuer une valeur numérique (0-3). Le total de ces valeurs constitue le PBT. L’index PBT peut comprendre des valeurs comprises entre (0-9).

    Pour plus d’informations voir aussi le site édité par le « Stockholm County Council » www.janusinfo.se/environment. Ou télécharger le document suivant : Téléchargement Classification Médicaments Environnement – anglais –

    Rappelons, pour conclure, que le principe de précaution fait partie de la loi Européenne et est valable dans tous les pays membres. Aussi, suggérons-nous d’imposer cet indice au dossier d’agrément des nouveaux médicaments en complément du dossier toxicologique dans les autorisations de mise sur le marché. Et, de même, devrait-il aussi commencer à constituer un critère majeur (à efficacité égale) dans la prescription, tant en ville qu’à l’hôpital. Si l’indice PBT n’arrive à s’imposer par la voie officielle (sans doute à causes des enjeux mercantiles qui y sont liés) il est sans doute possible de l’imposer à la base par les prescripteurs et les consommateurs/patients.

    Ainsi nous pourrions avoir un indice « composite » qui prenne compte de l’efficacité du médicament, de son coût et de ses impacts sanitaires et environnementaux…

    Pour cela, nous avons participé à l’écriture d’une question posée à l’assemblée nationale, par un des rares députés qui est retranscrite ci dessous.

    Nous avons besoin de soutien dans cette démarche, …pour assurer, demain, à nos enfants une eau exempte de résidus pharmaceutiques en tous genres

    Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere

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