Les rizières produiraient-elles plus de GES qu’on le croit ?

    riziere gaz a effet de serre

    Il y a quelque chose qui ne tourne vraiment pas rond sur notre planète. Voilà que certains soupçonnent les rizières qui permettent à d’immenses pays-continents de survivre, de produire plus de GES que nous ne le soupçonnions. En fait le double de ce que nous croyions (d’après une étude parue aux USA) !

    Comment ?

    Tout simplement parce-que l’alternance immersion/assèchement des rizières favorise l’émission du protoxyde d’azote (N2O). Ainsi le riz ferait-il  concurrence à l’équivalent de 200 centrales au charbon.

    Les faits.

    Ces sournoises rizières répandent principalement deux gaz dans l’atmosphère.

    • le méthane,
    • le protoxyde d’azote (N2O).

    Tous les deux s’ingénient à réchauffer notre atmosphère  en surpassant le dioxyde de carbone lui-même. C’est dire.

    Le méthane d’abord. Il intervient par prolifération d’organismes qui mettent à profit les immersions des rizières.

    Le second, le N2O. Celui-ci se manifeste  à la faveur et l’immersion puis de l’assèchement intermittents du sol.

    C’est cette technique pratiquée par une partie des riziculteurs qui serait l’objet de la sous-estimation  des scientifiques, selon l’ONG Environmental Defense Fund (EDF), responsable de l’étude et publiée dans les compte-rendus de l’académie des sciences américaine, la revue PNAS.

    L’explication.

    En fait, il était admis dans le monde scientifique que « presque toutes les rizières du monde [étaient] immergées en continu ». Ce qui est faux et, de toute façon, n’a jamais été comptabilisé. Alors que la réalité veut que l’ONU – toujours très inspirée –  et d’autres organisations technocratiques internationales – qui le sont tout autant – « encourageaient les agriculteurs à immerger de façon intermittente leurs rizières, afin de réduire les émissions de méthane »…

    Idée géniale… sauf que cette pratique accroissait les émissions de N2O, bien plus dangereuses que celles de méthane.

    Conséquences.

    « L’impact climatique total de la riziculture a été fortement sous-estimé » affirment donc les responsables de l’étude.

    En clair, cela veut dire que les émissions mondiales de N2O dues aux pratiques de la riziculture représenteraient l’équivalent des émissions de 200 centrales au charbon, comme indiqué plus haut. Émissions passées à la trappe dans les calculs concernant les émissions de GES pour chaque pays. Dont l’Inde et la Chine.

    Pour pallier ces dommage potentiels, il faudrait limiter le niveau de l’eau à plus ou moins 5-7 centimètres au-dessous ou au-dessus du niveau du Soleil. Niveaux très inférieurs à la pratique courante.

    Si on exclut le fait qu’une expertise scientifique a pratiquement autant de pertinence qu’un programme politique, on pourrait peut-être conseiller à nos amis Chinois et Indiens de passer à la culture du haricot, si bien chantée par Bourvil.

    Quoique, du côté des gaz, on ne puisse rien garantir.

     

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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