Un danger permanent pour le personnel soignant : la Chimiothérapie.

    Un danger permanent pour le personnel soignant : la Chimiothérapie. C’est ce que dénonce une étude américaine parue sur le site de la revue BMJ Quality and Safety. L’information, en fait, n’est pas nouvelle  mais elle confirme le travail réalisé par Laure-Zoé Kaestli –  Genève, mars 200 et intitulé : «  Evaluation des risques liés à la manipulation de produits potentiellement toxiques à l’Hôpital et recommandations de protection » .

    Il ressort de ces études que la chimiothérapie ambulatoire comporte des risques pour le personnel soignant. Ainsi, sur 1339 infirmiers affectés à des services d’oncologie ambulatoire et suivis par les chercheurs de l’Université du Michigan, 17% sont potentiellement exposés aux risques entraînés par les produits toxiques administrés à leurs patients. La peau et le nez étant particulièrement visés.

    Il apparaît ensuite que les centres qui emploient le plus grande nombre de personnel et qui disposent des meilleurs moyens financiers sont ceux qui observent le moins d’incidents d’exposition.

    On peut ainsi lire sous la plume de Christopher Friesse, maître de conférences à l’école d’infirmiers du Michigan : « Ces travaux montrent que prêter attention à la charge de travail, à la bonne marche de l’organisation et à la qualité des conditions de travail est payant. Il ne s’agit pas seulement d’une question de satisfaction au travail, mais de réduire ce type de risques professionnels« .

    Ce monsieur parle d’or et le conseil qu’il nous donne concerne tous les services de prise en charge ambulatoire, qu’ils soient américains ou non. A signaler qu’aux USA « [Nous] avons pris le mesures pour réduire les incidents de piqûres d’aiguilles et les accidents d’exposition au sang (AES). Mais nous n’avons pris aucune mesure de prévention à l’exposition aux produits de chimiothérapie » déplore encore le texte de Christopher Friesse.

    De son côté, l’étude genevoise parue il y a deux ans, concluait :

    « Le personnel hospitalier est régulièrement confronté à la manipulation de produits

    potentiellement toxiques. Tout produit mutagène, carcinogène ou toxique pour la

    reproduction devrait bénéficier de mesures de protection adaptées. Des recommandations officielles claires existent sur ces mesures de protection.

    Les médicaments cytotoxiques parentéraux utilisés dans les traitements anticancéreux sont clairement identifiés comme produits dangereux mais les risques liés à la manipulation d’autres principes actifs ou formes galéniques ne sont en revanche pas toujours connus.

    Afin de répondre aux exigences légales en matière de santé au travail il est donc apparu important de déterminer et d’apprécier les risques liés à la manipulation des produits potentiellement dangereux utilisés dans notre institution en élaborant une méthode d’analyse systématique  »

    Même son de cloche dans l’étude intitulée « Exposition du personnel de soins aux cytostatiques » et parue dans « dmt – études et enquêtes ». Basée sur une enquête réalisée dans les hôpitaux de Dax  et de Bayonne, l’étude se pose la question « de l’éventuelle toxicité des cytostatiques sur le personnel soignant manipulant ces produits » et elle conclut sur la nécessité, au-delà du personnel hospitalier sur lequel porte l’enquête, « de se préoccuper à un  niveau collectif, du personnel exposé aux cytostatiques dans les organismes privés, et des infirmières libérales qui préparent et administrent des chimiothérapies au domicile des patients, généralement sans moyens de protection« .

    Nous vous laissons découvrir ces deux études grâce aux liens que nous vous fournissons, mais nous ne saurions trop insister à Primum-Non-Nocere sur les risques encourus, non seulement par le personnel soignant, mais par l’ensemble de la population, par la diffusion anarchique  des rejets dans le circuit des eaux usées, de produits toxiques utilisés en ambulatoire, notamment ceux qui concernent la cancérologie. Notre ouvrage à paraître « Hippocrate, au secours ! Il sont devenus fous… » est très explicite sur cette question.

     

    Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere

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