Un Etat des lieux sur le Suicide en France

    suicidePour son premier anniversaire, l’Observatoire national du suicide créé par le ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, vient de publier un Dossier consacré à la prévention du suicide. Rappelons qu’on a recensé 11 000 suicides en France en 2011 à quoi il faut ajouter les 200 000 personnes qui ont fait ce qu’on appelle pudiquement une « TS ».
    Mieux connaître cette réalité et mieux la prévenir constitue l’objectif de cet Observatoire.
    Pour ce faire, il réunit des parlementaires, des représentants des associations, des professionnels de santé, des experts, des chercheurs et l’ensemble des administrations concernées pour mieux répondre au caractère transversal du suicide et élaborer une stratégie de prévention coordonnée entre les différents acteurs.

    L’Observatoire doit remplir deux principales missions :

    • « recenser les outils et les données disponibles sur les suicides et les tentatives de suicide, en vue d’améliorer le système de surveillance existant ;
    • faire connaître et évaluer les actions de prévention afin de développer les interventions les plus efficaces.»

    Ce rapport qui présente une description et une analyse des sys­tèmes d’information, des actions de prévention et des perspectives de recherche constitue un premier état des lieux. Il est appelé à s’étoffer et s’actualiser dans les années qui viennent grâce aux recommandations qui y figurent débouchant sur une collecte de données :

    • estimation plus serrée du nombre des TS « alors même que cet événement n’implique pas systématiquement un contact avec le système de soins »,
    • identification et hiérarchisation des facteurs de risques,
    • conception de programmes d’action « ciblés et cohérents»
    • meilleur repérage et meilleur accompagnement des personnes vulnérables, dans le respect de leur dignité et de leur libre arbitre.

    Et, puisque sommes amenés à évoquer le suicide en France, nous pouvons peut-être citer le synopsis d’une très récente émission (06 janvier sur France 5) consacrée à un sujet connexe et intitulée : «  Morts sur ordonnance ».
    Voici ce synopsis dans son intégralité : « Anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères et autres tranquillisants sauvent des vies. Mais de nombreux experts parlent aussi de « bombes à retardement » : ils seraient à l’origine de suicides, de graves troubles du comportement et d’homicides. Certains seraient plus addictifs que les drogues dures ! Aux Etats-Unis, les procès intentés par les victimes ont coûté des milliards de dollars aux industries pharmaceutiques. A partir de témoignages sans concession, cette enquête montre la dangerosité potentielle de ces molécules et analyse comment l’industrie pharmaceutique a verrouillé le marché. »

    Nous suggérons donc une recherche rigoureuse et sans concession aux responsables de l’Observatoire, sur la part qui revient à ces médicaments dans le taux de suicides ou de TS en France. En attirant tout particulièrement l’attention sur le danger que fait courir l’état de burn out qui affecte gravement un personnel hospitalier qui, sans doute plus que tout autre, peut être tenté de recourir aux « bombes à retardement » ci-dessus dénoncées, pour tenir le coup. Soupçon qui nous paraît corroboré lorsque nous lisons à la p. 61 du Dossier édité par l’Observatoire du suicide, les lignes suivantes : «  En revanche les taux de mortalité diffèrent sensiblement suivant les secteurs d’activité. Le secteur de la santé et de l’action sociale présentent le taux de mortalité par suicide le plus élevé : 34,3/100.000 ! »
    N’oublions pas que la France est la championne incontestée de la consommation de psychotropes (toutes classes confondues) au monde.

    Ceci explique peut-être, au moins en partie, cela.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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