Un nouveau modèle de santé possible ? La médecine intégrative.

    médOn sait qu’en matière de santé les USA se caractérisent par la prévalence des assurances privées qui coûtent fort cher aux patients, mais évitent les déficits colossaux – par le fléau d’une obésité liée à des habitudes alimentaires catastrophiques – par la hausse exponentielle des maladies cardio-vasculaires (ceci expliquant peut-être cela) et l’importance du burn-out au travail (point sur lesquels nous sommes d’ailleurs en train de les imiter)…
    Mais voilà, les Etatsuniens se veulent pragmatiques et réalistes, alors ils inventent des solutions nouvelles pour régler des problèmes anciens.
    La médecine intégrative

    Sur le plan de la santé, et en s’inspirant du concept « d’intelligence collective » – introduit dans l’approche du développement durable et des nouveaux styles d’encadrement ou de direction – qui consiste à substituer l’intelligence du groupe à l’intelligence pyramidale – ils ont inventé « la médecine intégrative ».
    Qui vient s’inscrire dans la longue chaine des approches renouvelées de la « médecine » depuis les révolutions « holistiques » et « new-âge » et qui aboutirent à l’éclosion des médecines douces, des médecines parallèles, des médecines alternatives et complémentaires, que nous avons connue depuis les années 60.
    Nous sommes donc devant l’apparition du dernier avatar d’une médecine qui se veut plus soucieuse de la globalité humaine : la médecine intégrative.

    Quelle en est la définition ?
    Allier le meilleur des progrès technologiques, au meilleur des sagesses anciennes, comme la médecine traditionnelle chinoise ou la médecine ayurvédique.
    Deux chercheuses canadiennes, Luce Pélissier-Simard et Marianne Xhignesse, ont précisé cette définition un peu générale, dans un article publié dans le magazine « Le Médecin du Quebec » (01/01/2008) qui synthétise 16 points constituant la charte même de la médecine intégrative :

    • Elle intègre les meilleurs soins de la médecine scientifique occidentale et ceux des approches complémentaires
    • Elle repose sur des données probantes quant à l’efficacité et à l’innocuité des méthodes proposées
    • Elle s’attarde à la prévention et au maintien de lasanté en s’intéressant aux différentes facettes du mode de vie : alimentation, activité physique, gestion du stress et bien-être émotionnel
    • Elle considère le patient comme un être unique et entier, dans ses dimensions sociales, psychologiques, spirituelles et communautaires autant que biologiques et corporelles
    • Elle considère que le patient est un acteur important dans la gestion de sa santé et des soins qu’il reçoit.
    • Elle met l’accent sur la relation thérapeutique
    • Elle se préoccupe du soulagement et du soutien autant que de la guérison
    • Elle s’attarde à la recherche et à la compréhension des processus de santé et de guérison ainsi qu’aux moyens de faciliter ces derniers
    • Elle encourage la compréhension de la culture du patient et de ses croyances pour favoriser la guérison
    • Elle recherche et enlève les barrières qui peuvent bloquer la réponse innée de guérison du corps
    • Elle emploie des interventions simples et naturelles avant de passer à celles qui sont plus coûteuses et interventionnistes
    • Elle voit la compassion comme toujours utile, même lorsque d’autres avenues (sic) ne le sont pas
    • Elle accepte que la santé et la guérison soient propres à chacun et puissent différer chez deux personnes atteintes de la même maladie
    • Elle encourage les soignants à explorer leur propre équilibre de santé, ce qui leur permettra de mieux intervenir en ce sens auprès de leurs patients
    • Elle exige des fournisseurs de soins qu’ils agissent en tant qu’éducateurs, modèles de rôle (sic) et mentors pour leurs patients
    • Elle encourage le travail de collaboration, non seulement avec le patient, mais aussi avec une équipe interdisciplinaire pour améliorer la prestation des soins

    Il est clair, pour les théoriciens de la médecine intégrative, qu’une telle approche exige la collaboration d’une équipe pluridisciplinaire qui s’ouvre à des thérapeutes et accompagnants divers, allant tous dans le sens de l’intérêt et des souhaits du patient dans son parcours de santé. Mais cela exige aussi, et avec la même importance, que le soignant soit à même, de comprendre ce parcours à partir de son propre chemin de santé. Nul n’étant à même d’accompagner l’autre sur ce chemin vers la santé, s’il n’expérimente pas lui-même et sur lui-même ce qui constitue la bonne santé.

    Il s’agit là d’une conception quasi idéale dont nous avions nous même préconisé un certain nombre de points dans notre ouvrage « Hippocrate, au secours !… ».
    Mais étant donnée la tournure de plus en plus technicisée, étatisée et encadrée que prend la pratique médicale en France, au grand dam de nombreux médecins qui ne veulent pas être ramenés à de simples distributeurs de soins, nous doutons qu’une telle approche puisse voir le jour chez nous dans le court et même le moyen terme.

    Au risque d’être fort agréablement contredits dans l’avenir……

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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    • Olivier ABOSSOLO

      Bonjour Mr Toma,
      tout d’abord bravo pour votre site et votre action pour le développement en santé durable. Je vois avec plaisir que vous êtes resté fidèle à vos convictions déjà bien présentes et actrices à la clinique Champeau de Béziers où nous nous sommes croisés. Je me permets d’amener un bémol d’espoir à vos propos sur l’affirmation de « non-avenir » de la médecine globale en France, en vous invitant à visionner cette petite vidéo. Elle révèle que la porte commence à s’entrouvrir … .
      Bien à vous.
      Olivier ABOSSOLO
      https://www.youtube.com/watch?v=fcCOpUtW-CU

      • Olivier TOMA

        Bravo Olivier,
        Je suis votre parcours depuis des années, vous êtes un exemple pour cette profession.
        J’ai pas mal de projet en cours, notament sur le sujet de la médecine intégrative pour participer à la rendre implicite, il faut que nous nous croisions…
        Bien amicalement.