» Un petit Livre Vert » après le « Rouge » ? La Chine s’attaque à la pollution.

    © Copyright 2010 CorbisCorporationQui l’eût cru ? La Chine prévoit d’investir 277 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années pour lutter contre la pollution atmosphérique

    Cet argent ira principalement aux régions qui souffrent le plus de la pollution atmosphérique et des taux élevés de PM 2.5 ces particules particulièrement dangereuses qui investissent les poumons et causent de graves problèmes respiratoires entre autres maladies. 

    Régions particulièrement visées : le nord de la Chine, surtout Pékin, Tianjin, et la province de Hebei, où la pollution atmosphérique est particulièrement grave.

    Le gouvernement table sur une réduction de 25% des émissions atmosphériques d’ici 2017 par rapport aux taux de 2012.

    D’après la presse chinoise, ce serait « le plan de la Chine le plus complet et le plus strict pour contrôler et réduire dans certaines régions la pollution atmosphérique d’ici l’année 2017 ».

    Mais deux plans supplémentaires visant la pollution atmosphérique et l’amélioration de l’environnement rural seraient engagés au cours des cinq prochaines années. Toujours d’après le rapport officiel reprise par la presse chinoise.

    Pourquoi cette mobilisation soudaine contre la pollution en Chine ? Parce que, nous explique-t-on, les leaders de la Chine ont réalisé, après avoir lancé le plan en 2012,  » qu’une approche plus stricte contre la pollution atmosphérique était nécessaire » .

    C’est pourquoi en décembre 2012 – et d’après Chai Fahe, vice président de l’Académie de Recherche Chinoise de Sciences Environnementales – la Chine a déclaré vouloir dépenser 56 milliards de dollars d’ici 2015 pour réduire la pollution de l’air dans les villes majeures.

    Bien sûr, les autorités chinoises ne se sont pas converties à la religion de la protection de l’environnement, touchées par la grâce. Les raisons apparaissent comme beaucoup plus politiques qu’écologiques : la pollution qui a atteint les villes du nord du pays en janvier a déclenché un vif mécontentement populaire, annonciateur de difficultés sociales possibles qui tendent à s’étendre en Chine. Et, dans le contexte,  la découverte, au mois de mars, de milliers de cochons pourrissant dans un cours d’eau qui alimente Shanghai n’a rien fait pour arranger les choses.

    Bon appétit.

    Mais les progrès sont laborieux. En effet les gouvernements locaux trouvent une bonne part de leurs ressources financières dans les taxes payées par les industries polluantes sous leur juridiction. Il n’y a donc pas que dans le monde libéral que les intérêts financiers et mercantiles polluent le libre exercice d’une démocratie soit disant souveraine.

    Cela nous renvoie à la dernière estimation publiée par l’Institute of Physics (IOP) de Londres dans la revue Environmental Research Letters :  plus de 2 millions de décès surviennent chaque année en conséquence directe de la pollution de l’air extérieur. A l’inverse les changements climatiques, qui peuvent aggraver les effets sanitaires de la pollution, n’auraient qu’un effet minime et n’entraîneraient qu’une faible proportion des décès actuels liés à la pollution atmosphérique….

    Les estimations présentées dans cette étude montrent que  » la pollution de l’air extérieur constitue un facteur de risque environnemental majeur,notamment en Asie de l’Est et en Asie du Sud où les densités de population et les niveaux de pollution sont les plus élevés « . Si on prend en compte le changement climatique qui affecte la pollution de l’air, et les réactions entraînant la formation ou prolongeant la durée d’un effet polluant en augmentant les émissions de composés organiques interagissantavec l’ozone et les matières particulaires, on constate quele nombre de décès qu’on peut mettre en relation avec l’évolution du climat depuis l’ère industrielle reste assez faible :

              1.500 décès liés à l’ozone

              2.200 liés aux PM2.5 chaque année.

    Nous ne savons s’il nous faut considérer ces chiffres comme une incontestable bonne nouvelle.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

     

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