Un plan pour améliorer la sécurité des soignants à l’hôpital. Vraiment ?

    Un plan pour améliorer la sécurité des soignants à l'hôpital. Vraiment ?
    Le ministre de la Santé a présenté aux principales fédérations hospitalières un plan destiné à assurer la sécurité des soignants. Plan qui fait suite aux scandaleuses dégradations des conditions de travail du personnel soignant, en particulier urgentiste. Ainsi le mardi 13 septembre un urgentiste de l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis (93) a été violemment agressé : le frère d’un patient, mécontent d’attendre, lui a fracturé les deux mains. Sans commentaire.

    La violence au quotidien et la menace terroriste

    Le dernier bilan de l’ONVS (2014) a recensé 14.502 agressions contre les personnes et les biens, soient 16% de plus qu’en 2013. Parmi ces agressions 15% visent les urgences. Les agressions verbales et physiques sont le lot quotidien des hôpitaux, et le risque d’attentats, dans ce contexte, n’arrange rien.

    Les six mesures de Marisol Touraine

    • 75 millions d’euros sur 3 ans, soient 25 millions d’euros par an, débloqués pour équiper les établissements en caméra de vidéosurveillance ou pour sécuriser les accès.
    • Chaque établissement devra élaborer un plan de sécurité d’établissement (PSE) pour traiter les questions de sécurité.
    • Les patients, comme les professionnels, pourront être formés en matière de vigilance, de prévention et de réaction face à une menace d’attentat, et face aux violences.
    • Les ARS (Agence Régionale de la Santé) ne sont pas négligées qui devront désigner les sites à protéger en priorité et coordonner les actions.
    • En cas d’attentat, le ministre prévoit un renforcement de la protection des établissements avec des patrouilles mobiles « Vigipirate – Sentinelle » sur les sites les plus sensibles afin de prévenir les risques de sur-attentat ! Une intervention après coup si on comprend bien ! Et on renforcerait immédiatement les effectifs dans les hôpitaux qui accueilleraient les victimes.
    • Enfin côté sécurité informatique le ministre dévoilera ultérieurement les mesures spécifiques prévues pour déjouer les cyberattaques contre les hôpitaux.

    Parfait, mais réfléchissons

    3000 établissements de santé recevront 25 millions : soient 8000 euros par établissement. Pense-t-on sérieusement ce budget suffisant pour financer le contrôle des entrées, une police hospitalière, de la vidéo surveillance….?

    L’impression est celle d’un saupoudrage médiatique pré-électoral. 75 MILLIONS sur trois ans c’est presque de l’argent perdu car une telle somme ne permet absolument pas de résoudre le problème dans toute son urgence et son ampleur.

    Trois questions complémentaires

    • Les mesures mise en place seront elles détaillées et connues ?
    • Ces mesures seront elles évaluées au regard des résultats de l’ONVS ?
    • Quels seront les critères d’attribution de ces fonds aux établissements ?

    On attend les réponses du ministère avec intérêt.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

     


    Photo en une : SIPA

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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