Une forêt verticale à Milan pour purifier l’air

    © Copyright 2008 Corbis CorporationOn n’arrête pas le progrès ? Peut-être. Un cabinet d’architectes – Boeri Studio – a eu l’idée d’aérer et d’assainir l’atmosphère de Milan à travers son projet « Bosco Verticale » qui consiste à rien moins que de créer une forêt verticale sur les balcons et toits de Milan, faute de place au sol. Il faut dire que dans cette grande cité de 4.500.000 habitants, chaque personne fume environ l’équivalent de 15 cigarettes par jour, tant l’intense trafic y développe de fortes concentrations de particules fines en suspension dans l’air. Ainsi Milan qui donna plusieurs papes à la Chrétienté peut aussi s’enorgueillir  de taux de dépassement réguliers des seuils de tolérance fixés par l’Europe.

    Mais Milan  n’est pas seule en cause puisque sur les 4 villes les plus polluées d’Europe, 3 sont italiennes : Turin, Brescia et Milan. Plovdiv en Bulgarie emportant la palme. Cette pollution coûterait d’ailleurs 10 milliards d’euros et entraînerait la mort de 8 200 morts annuelles en Italie.

    D’où l’idée de créer des espaces verts dépolluants dans une ville qui n’en compte que 4% de sa superficie ! Espace ridicule dont les pauvres arbres qui la peuplent ont bien du mal à absorber les ras de marée de CO2 produits par la ville, pour ne rien dire des autres polluants.

    Et c’est là où intervient le projet Bosco Verticale qui est censé compenser efficacement l’étalement urbain et la pollution atmosphérique – problèmes universels qui ne vont pas s’arranger quand nous atteindrons les 9 milliards d’habitants sur Terre – en favorisant l’extension verticale des villes.

    D’où l’importance de la construction des bâtiments respectant la qualité de l’air intérieur (QAI) et  de placer ainsi l’homme au centre du projet architectural..

    Cette première forêt verticale au monde aura une superficie équivalente à 10 kms2. Elle comprendra 2 tours de 17 et 24 étages plantées d’environ 900 arbres de 3 à 9 mètres et de milliers d’arbustes et de plantes qui devront jouer le rôle de poumons de la ville d’ici fin 2013.

    Nonobstant les difficultés techniques que cette initiative représente et qui semblent avoir été dépassées par Boeri Studio (essayez de monter puis d’empoter un arbre de 3 à 9 mètres sur votre balcon…) on nous assure que cette forêt artificielle constituera un réservoir de biodiversité, un régulateur de climat (par absorption de CO2)  et qu’elle pourra même filtrer les eaux grises des résidents.

    Il serait opportun de chiffrer une étude d’impact pour connaître plus précisément les avantages écologiques, économiques et surtout sanitaires d’une telle réalisation – qui se chiffre à plusieurs millions.  L’idée pourrait alors en être largement diffusée s’il apparaissait que les avantages sur le long terme compensent les surcoûts qu’elle entraîne, en allégeant réellement les charges de l’assurance maladie.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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