NOTRE SANTE FACE AUX NANOPARTICULES.

    nanoNous avons déjà attiré l’attention de nos lecteurs sur les graves questions que pose l’utilisation des nanoparticules : notamment dans les crèmes solaires (dioxyde de titane), dans les aliments (nano oxyde de silicium) et dans les textiles (nano-argent) où ils sont couramment et abondamment utilisés sans que nous sachions vraiment quels dangers potentiels ils nous font courir.

    Comme tous les « progrès » techniques et chimiques qui paraissaient tellement prometteurs au départ et cause des plus graves atteintes à l’environnement (et à la santé humaine ou animale) à l’arrivée, les nanoparticules ont alimenté les espoirs les plus irrationnels (et les convoitises les plus avérées) de la part des fabricants quand on a commencé de les intégrer dans toute une série de produits à la fin du siècle dernier.
    Et cela, malgré le rapport “Évaluation des risques liés aux nanomatériaux” publiée par l’Anses de mai 2014, qui pointait les effets toxiques sur les êtres vivants provoqués par ces nanomatériaux.
    Le problème étant que les évaluations sont difficiles à mener et nos connaissances en la matière fragmentaires, si bien qu’il se pourrait que certains nanomatérieux fussent inoffensifs. « Dans le doute abstiens toi » dit la sagesse populaire. Las, en matière de consommation, c’est l’adage inverse qui est souvent adopté : « Dans le doute tu peux y aller ! » avec les conséquences qu’on devine et qu’une affaire comme le « Médiator » ou celle des prothèses « PIP » viennent nous rappeler de temps en temps.

    Quid ?

    Un nanomatériau, naturel ou fabriqué, est uns substance dont 50% minimum des particules qui le composent mesurent entre 1 et 100 nanomètres (nm, 10-9 m) .
    Ses dimensions extrêmement réduites le doteraient des propriétés très séduisantes du point de vue physique, chimique et biologique pour l’industrie. On veut bien le croire.

    Estimations et contrôles.

    En France, depuis l’instauration d’une « obligation de déclaration » mise en place en janvier 2013, on sait que les fabricants et importateurs ou distributeurs qui y sont soumis, ont mis sur le marché « entre 243 et 422 catégories de substances à l’état nanoparticulaire » pour la seule année 2012. Ce qui représente un poids 500.000 tonnes dont 280.000 produites sur place et 220.000 importées. Une paille ! Et encore ne sont pas pris en compte les volumes de nanomatériaux intégrés aux produits finis fabriqués à l’étranger (en Chine donc) et consommés ensuite chez nous. On vous laisse imaginer.
    D’autre part les informations consultables par le public sont rigoureusement incompréhensibles pour un consommateur moyen et les fabricants ont obtenu de ne pas indiquer dans quels produits se trouvent les nanomatériaux déclarés !
    Epatant, non ?

    Or, l’Anses estimait en 2010 que le marché français de 2008 présentait quelques 246 produits finis contenant des nanomatériaux…mais ne garantissait pas l’exhaustivité de ce chiffre.
    Et, depuis, aucun nouveau recensement n’a été effectué, même si des associations de consommateurs et des ONG un peu partout ont constitué des registres. Lesquels ne seraient « ni complets, ni totalement fiables, ni remis régulièrement à jour » affirme la représentante de l’association Avicenne, en point en matière de tentative de contrôles des nanomatériaux.

    Invasion-Colonisation

    Or ces nanomatériaux sont partout. En particulier dans les cosmétiques et en particulier dans nos crèmes solaires (où ils devraient être signalés sur le contenant) mais aussi dans nos aliments tels que sel, sucre, soupes, cacao ainsi que plats surgelés, glaces, sauces, assaisonnements. On les retrouve dans les bonbons et cheving-gums et enfin dans les textiles pour leurs propriétés supposément antibactériennes et anti-mauvaises odeurs donc dans les chaussettes, vêtements de sport, sous-vêtements, T-shirts…

    Mais la liste n’est pas close. Toujours pour ses propriétés antibactériennes le nano-argent est présent dans les sparadraps, sèche-cheveux, peluches souris et claviers d’ordinateur, désinfectants de l’eau ; on le retrouve dans les raquettes de tennis, écrans souples, parce-chocs, phares, pneus, revêtements, batterie.. et encore dans les ciments, le vitres autonettoyantes dans les encres, les peintures, les enduits…
    Rassurez-vous, ils sont présents dans de nombreux autres produits que nous ne pouvons détailler ici.

    Les risques ?

    Ce n’est pas pour rien que je les comparais aux virus un peu plus haut. Les nanomatériaux peuvent pénétrer partout : on les respire, on les avale, on les absorbe par la peau. Pour quels effets ? Nul ne peut répondre actuellement. A cette question de façon définitive. Pourquoi ? Parce-qu’on ne sait pas évaluer précisément cette exposition chez l’homme dans les conditions réelles de sa vie quotidienne.

    Faut-il les proscrire ?

    Là encore il ne faut pas s’attendre à des réponses décisives. Ce qui est sûr c’est que certains nanos ont « des effets toxiques : comme certains nanotubes de carbone peuvent provoquer des effets génotoxiques, cancérigènes, pathologiques respiratoires, des aberrations chromosomiques et des atteintes cellulaires »…Rien que cela ! Quant au dioxyde de titane, il est classé “substance cancérogène possible chez l’homme” par le Circ (Centre international de recherche sur le cancer).
    Pour les autres ? Mystère et boule de gomme. A la grâce de Dieu….et des industriels si soucieux de notre confort et de leur CA, mais peut-être pas de notre santé.

    Une solution ?

    Elle nous paraît évidente telle qu’exprimée par le directeur de l’Institut Jean Lamour, Université de Lorraine : « Plutôt que de multiplier les gammes de nanos, donc les études, longues et chères, n’en retenir que quelques-unes dont les tests auront montré la non-toxicité d’un bout à l’autre de leur cycle de vie. » Position d’extrême bon sens.
    Mais si le bon sens était « la chose du monde la mieux partagée » la France ne réunirait par une conférence mondiale sur la protection de l’environnement où se jouera peut-être le sort des générations à venir.

    Le C2DS réagit

    Le C2DS n’est pas resté inactif pour essayer de conjurer ce danger potentiel qui pèse sur la santé des Français. Aussi avait-il saisi Roselyne BACHELOT, l’Anses et Bérengère POLETTI (en charge du suivi du PNSE2) en août 2010 pour les alerter sur une situation qui nous semble incohérente : l’utilisation massive à l’hôpital de produits contenant du dioxyde de titane sous forme nanoparticulaire. Nous assortissions notre mise en garde de 9 propositions pour assainir une situation rendue d’autant plus dangereuse que les avis dilatoires des uns et l’attitude vélléitaires des autres risquaient de la rendre explosive à terme. D’autre part, par la voix de Mr Francois GROSDIDIER, nous posions une question au gouvernement sur la dangerosité de ce matériau et proposions la « mise en œuvre d’une procédure d’autorisation de mise sur le marché de matériaux de construction hospitalier ».
    Ces propositions nous semblent plus que jamais d’actualité et nous les reformulons avec insistance en espérant qu’elles aboutissent à une prise de responsabilités des autorités sanitaires en charge de ce dossier.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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