Après l’asticothérapie voici la bactériophagie ou phagothérapie.

    Une nouvelle méthode thérapeutique est née : la bactériophagie ou encore phagothérapie

    Elle consiste à lancer une armée de virus contre nos maladies. Ce n’est d’ailleurs pas très nouveau puisqu’on utilisait la méthode avant l’apparition des antibiotiques et que de nos jours elle est utilisée dans les pays de l’Est. La phagothérapie représente donc une solution intéressante pour combattre les infections nosocomiales à bactéries multi-résistantes.

    Tout va pour le mieux donc ? Non la phagothérapie est interdite en France et les bactériophages sont mis à l’index. Si bien que leur recours ne relève que de la stricte clandestinité.

    Pourquoi ?
    Parce-que la plupart des médecins ne connaissent pas l’existence des phages.
    Et parce-que la méthode apparaît comme rétrograde puisque ses heures de gloire remontent aux années 1920.
    Alors qu’aux USA la Food and Drug Administration (FDA) ) autorise l’usage de produits basés sur les phages en agroalimentaire depuis 2006. Ainsi a-t-elle autorisé le Listex, un produit phagothérapeutique d’origine hollandaise qui s’attaque aux bactéries de la listériose. A tel point qu’il  a été approuvé aussi au Canada. Et qu’il pourrait être utilisé en Europe si l’administration l’y autorisait.

    La méthode.

    Et pourtant ces virus présents dans la nature, peuvent être des alliés précieux car ils sont programmés pour tuer.  Pas les hommes mais les bactéries qu’ils choisissent précisément et qu’ils investissent de leur ADN; dans laquelle ils se multiplient jusqu’à la tuer.
    Charmant n’est-ce pas ? Il n’empêche que c’est ce phagocytage des bactéries et leur élimination qui constitue le principe même de la phagothérapie, complétement oubliée chez nous depuis l’invasion des antibiotiques.

    Des initiatives ponctuelles

    En France des essais très concluants sont menés par le centre hospitalier de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) et à l’hôpital Raymond-Poincaré à Garches. Il existe aussi une association : « Le Lien », qui veut aboutir à une reconnaissance officielle de la phagothérapie.  L’argument invoqué n’est pas mince, ce serait même « un enjeu de santé publique« . En effet  certaines bactéries développent aujourd’hui des « niveaux de résistance inquiétants, voire alarmants » contre lesquels on ne dispose plus d’armes efficaces.

     L’industrie à la remorque ?

    La carence vient de l’industrie pharmaceutique qui ne s’y intéresse pas et ne la connaît pas. Sauf Pherecydes-Pharma seul laboratoire privé à élaborer des médicaments à base de phages, utilisés contre les staphylocoques dorés et certaines infections respiratoires. Avec des résultats si encourageants que des produits actuellement en tests pré-cliniques pourraient être appliqués chez l’homme dans un futur proche.

    Nous allons donc peut-être assister au détrônement des antibiotiques, considérés comme panacée universelle depuis l’après-guerre, au  bénéfice de cette  phagothérapie qu’ils avaient cru  renvoyer aux poubelles de l’histoire de la médecine.

    On affirme attendre les premiers traitements dans les trois ans.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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