La biodiversité, nouvel enjeu pour le dialogue social en entreprise ?

    Planete-Business

    C’est l’idée qui s’impose quand on entend le président confédéral de la CFE-CGC, admettre que son organisation a longtemps été éloignée de ce sujet tout en mettant en avant l’importance du dialogue social autour du vivant pour l’avenir des entreprises et des syndicats. Et ce, alors que la loi climat et résilience donne aux CSE de nouvelles prérogatives en matière d’environnement.


    Les liens entre diversité biologique et sociale sont reconnus.

    Ce même président de nous expliquer : Les liens entre une organisation syndicale et la problématique de la biodiversité ne semblent pas toujours évidents. Ils sont pourtant bel et bien réels […]. Dans biodiversité, il y a ‘diversité’. Et cette notion même nous attire. […] Nous revendiquons la diversité des points de vue, qui rend possible un monde vivant, socialement. […] C’est l’assemblage de toutes les personnalités et la nécessité de vivre ensemble qui font la valeur de la société.

    D’autres déclarations encore, montrent que la CFE-CGC affiche donc son ambition de rattraper son retard en la matière. Certains pensent ainsi que le sujet de la biodiversité au sein de l’entreprise permet de connecter tous les sujets environnementaux entre eux. A condition, cependant, de s’éloigner des concepts abstraits et montrer davantage que la biodiversité fait partie du quotidien.

    Nous ne contredirons pas ce point de vue.


    Des prérogatives élargies.

    Ce sont celles que la loi Climat et Résilience accordent aux syndicats désormais amenés à se saisir davantage des questions de biodiversité. C’est ainsi que l’art. 40 de cette loi intègre la dimension environnementale des décisions soumises à la consultation du CSE dans le cadre de ses attributions générales (pour les entreprises de plus de 50 salariés).

    L’ancien président de la Plateforme RSE fournit alors quelques exemples concrets : formuler un avis sur la prise en compte de la biodiversité lors de la consultation des rapports RSE, demander une revue sur les engagements environnementaux et la stratégie environnementale de l’entreprise ou encore pousser le sujet lors d’un déménagement de site.

     

    De la mise en œuvre de ces dispositions.

    Intégrer la biodiversité dans le dialogue social pose le problème de la légitimité de ceux qui seront amenés à traiter le sujet ès qualités. Problème délicat que certains posent de la manière suivante, lapidaire : Quels sont les gens qui ont le droit de s’en mêler ? Et de quel droit ?

    Représenter les intérêts des humains comme le font les syndicats, et leur rendre compte, est une chose, mais représenter « la biodiversité » c’est risquer de se se prétendre représentatif sans avoir cette capacité d’être contesté. En clair se pose la question d’être bien sûr de représenter des enjeux réels…. sans trop avoir à rendre compte à qui que ce soit.

     

    Opinions nuancées

    A quoi le directeur général de l’Office français de la biodiversité répond de la façon suivante :

    Le citoyen est porteur d’une part de l’intérêt général qui est celui de défendre la biodiversité. Je crois plus à la force mobilisatrice du citoyen sur le décideur, public ou privé, qu’au volontarisme naturel des dirigeants, publics ou privés […] Les salariés, également citoyens, consommateurs, peuvent faire pression sur l’entreprise. Ils ont un droit et un devoir d’immersion, d’action, d’initiative sur ce sujet. Et doivent faire en sorte de se l’approprier.

    Pétition purement idéologique ou bon sens pratique ? Chacun y répondra à l’aune de ses convictions.

    Ce qui, en revanche, nous paraît frappé au coin du bon sens c’est l’idée défendue par cette même personnalité suivant laquelle économie et écosystèmes étant intimement solidaires, le changement de modèle n’est pas une option. Le modèle économique qui gouverne est un modèle prédateur de ressources naturelles, en cours d’épuisement. Si on veut demain imaginer des modes de vie qui soient compatibles avec la biodiversité, il y a un enjeu de sobriété à traiter. C’est une réflexion à avoir dans un syndicat« . A quoi certains répondent que la sobriété est associée par certaines organisations syndicales à la perte d’emplois.

    Un autre acteur, le directeur recherche et innovation chez CDC estime, quant à lui que pour mener cette transformation accélérée » des entreprises, « un dialogue patron-investisseurs sera insuffisant.

    Au final – ajoute-t-il – ce sont les hommes et les femmes qui travaillent en entreprise qui se mettront, ou non, en capacité d’accepter et de rendre possible cette transformation. […] C’est en le faisant et en l’anticipant qu’on arrivera à sauver un certain nombre d’emplois et d’entreprises.

    Fort bien. Nous espérons qu’il en connaît la recette.

    Nous laisserons le mot de la fin au patron de la CFE-CGC, qui affirme que la prise en compte des questions environnementales et de biodiversité permettra aux syndicats de « progresser » mais aussi de perdurer. « On peut dire que les entreprises qui n’auront pas intégré la question du sens de leur activité finiront par disparaître car elles n’attireront plus personne… C’est pareil pour une organisation syndicale.

    Les enjeux sont connus, les paris sur le bon sens et le sens des responsabilités de chacun des partenaires sociaux, sont ouverts.

    Attendons la suite avec confiance

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