Les conséquences économiques du changement climatique

    Les conséquences économiques du changement climatique
    Ce sont les conséquences qu’essaie d’évaluer l’OCDE (2016) dans son rapport :  » Les conséquences économiques du changement climatique, Editions OCDE Paris, par le truchement d’un certain nombre de modélisations. Dans ce très bref compte-rendu nous irons directement aux conclusions car ce sont elles qui doivent inspirer la réflexion et l’action.

    Conclusions du rapport

    Face aux conséquences importantes du changement climatique, notamment en termes de PIB, l’action des pouvoirs publics est impérative. Ils doivent mettre en place:

    • des politiques ambitieuses pour réduire les émissions à l’origine du changement climatique,
    • des politiques d’adaptation pour gérer au mieux les effets résiduels, éviter les conséquences les plus graves et réduire les répercussions économiques des dommages climatiques.

    De plus les responsables politiques devront tenir compte des risques d’événements climatiques majeurs et des effets à long terme du changement climatique. La réduction des émissions produit des avantages et minore les risques. L’adaptation, elle, réduit les conséquences négatives des impacts climatiques inévitables et aide les sociétés à préparer l’avenir.

    L’action publique doit donc tenir compte de l’ensemble complet des dommages marchands et non marchands à éviter grâce aux réductions des émissions et ne pas s’en tenir au seul profil temporel des dommages marchands projetés dans l’exercice de modélisation.

    Les avantages d’une telle politique pourraient représenter à eux seuls plus d’un point de PIB à la fin du siècle, (cf; le modèle AD-DICE). Faute d’adaptation des entreprises et des ménages les coûts du changement climatique pourraient doubler.

    La mise en place précoce des bonnes mesures d’atténuation peut contribuer à  diviser par deux les dommages au PIB d’ici à 2060, sans tenir compte des effets économiques de cette politique en elle- même. Elle peut réduire les conséquences négatives du changement climatique à long terme. Malgré ces politiques d’atténuation les dommages liés au changement climatique devraient rester néanmoins importants dans les régions vulnérables, notamment en Afrique et en Asie.

    Ces mesures d’atténuation peuvent considérablement diminuer les risques de dommages graves (d’après les simulations, la marge d’incertitudes tombe de 2-10 % à 1-3 % en 2100 pour les impacts climatiques considérés) alors que la mise en place de politiques d’atténuation moins ambitieuses pendant les premières décennies induira des coûts plus faibles à court terme, mais des risques accrus à long terme.

    Les politiques d’atténuation bénéficieront à tous les secteurs de l’économie, mais leur coût ne sera pas proportionnel aux avantages attendus pour les différents secteurs. Elles tendront à modifier la structure de l’économie au profit des services.

    Ainsi le secteur de l’agriculture, en dépit de sa taille réduite, sera très fortement touché, directement et indirectement, par les dommages climatiques ; or il s’agit d’un émetteur important et les mesures d’atténuation strictes pourraient entraîner des coûts élevés pour lui.

    Du côté de la production d’énergie et de l’industrie, les dommages climatiques sont moins importants que les effets potentiels de l’application de politiques d’atténuation strictes. Le renouvelable peut doper la production en présence de politiques d’atténuation ambitieuses, mais les effets négatifs sur les producteurs de combustibles fossiles dépassent ceux sur le secteur du renouvelable.

    Les services devraient bénéficier des politiques d’atténuation car peu polluant, mais les dommages climatiques ont sur lui des effets négatifs. Mais sa taille importante comparée à celle d’autres secteurs, lui permet d’envisager une augmentation de sa part dans le PIB total car il se trouve moins affecté que les autres secteurs.

    D’autres recherches devront être menées pour remédier aux principaux déficits de données. En particulier sur les conséquences économiques régionales du dépassement de points de basculement importants, dont les retombées sur l’économie pourraient être bien supérieures à celles qui ont été prises en compte dans la présente modélisation. Une méthodologie robuste est par ailleurs nécessaire pour intégrer dans l’évaluation les dommages non marchands et les co-avantages des politiques publiques.

    Il faut optimiser les politiques d’adaptation et d’atténuation liées au changement climatique, en y intégrant un certain niveau de dommages résiduels. Dans le calcul des coûts et des avantages, il faut ajouter une prime de risque pour couvrir les risques de dépassement de points de basculement irréversibles et éviter les risques d’événements climatiques majeurs. Enfin, certaines mesures publiques peuvent produire des co-avantages importants immédiatement bénéfiques localement, telles que l’ amélioration de la QAI.

    Olivier TOMA – PRIMUM NON NOCERE

     

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