STOP au formaldéhyde !

    Qu’est-ce-que le formaldéhyde ?

    C’est un gaz incolore, suffocant et inflammable. Plus connu sous sa forme liquide, c’est du formol (ou méthanal ou aldéhyde formique) et il est classé cancérogène avéré chez l’homme par le CIRC depuis 2004.

    Emploi

    On l’utilise soit comme désinfectant ou biocide, soit comme fixateur ou liant dans des résines (produits de bricolage, entretien, revêtements des murs, sols, meubles, plastiques, etc).

    A l’hôpital, il est très utilisé pour la conservation des pièces anatomiques qui nécessite des analyses en laboratoires. Le formol est donc très présent, stocké et manipulé dans nos structures de santé…

    Sa toxicité se manifeste par voie aérienne et/ou par exposition directe.

    Son emploi le rend très présent dans l’air des logements et l’air intérieur en général. C’est sans doute la raison pour laquelle il a fallu reconnaître le cancer du nasopharynx – particulièrement présent dans certains laboratoires et les sociétés de vitrification des parquets – comme maladie professionnelle en 2009.

     

    Sa diffusion

    D’où la nécessité indispensable de bien aérer logements et locaux comme le recommande le PNSE 2.

    Les expositions à cette substance toxique sont donc à la fois professionnelles et environnementales. Plus d’une centaine de milieux professionnels et une grande diversité de secteurs d’activités y sont exposés : vétérinaires, cosmétiques, médicaux, industriels, agricoles…

    Il a été établi que de nos jours le formaldéhyde menace plus de 190 000 travailleurs. Avec une prédilection pour les secteurs de la santé (anatomopathologistes), de l’agriculture, de l’industrie chimique et des pompes funèbres (embaumeurs).

    Sa menace est non moins négligeable dans la fabrication du papier ou de certaines résines. Et, bien entendu, son usage multiple en fait l’un des polluants privilégié de l’air des lieux de vie : bureaux, logements…

    Formaldéhyde et cancer

    Nous avons évoqué les mises en garde du CIRC concernant les cancers du nasopharynx en 2009. Indiquons qu’aux USA le National Toxicology Programm, 2011 a publié un rapport  » qu’il existe des preuves suffisantes de la cancérogénicité du formaldéhyde fournies par des études chez l’Homme  »

    En Europe, la classification du formaldéhyde reste « cancérogène de catégorie 3 » (donc  possible chez l’Homme), mais elle est en cours de révision. Chez nous, les travaux exposant au formaldéhyde ont été ajoutés à la liste des procédés cancérogènes du Code du travail par l’arrêté du 13 juillet 2006.

     

    Réglementation

    Elle existe mais est-elle toujours appliquée ?

    On peut en douter quand on constate que l’Afsset a mis en évidence « des niveaux de risque de cancer du nasopharynx associés à des expositions aériennes à long terme variées et correspondant à des secteurs d’activités professionnelles« .

    Le risque augmente à partir d’une exposition à une répétition de pics d’au moins 5 mg/m3 (Afsset, 2009).

     

    Ses nuisances

    C’est pourquoi le cancer du nasopharynx est reconnu comme maladie professionnelle (tableau 43 bis relatif aux affections cancéreuses provoquées par l’aldéhyde formique). Il faut  justifier d’une exposition de 5 ans liée à certains travaux (préparation du formol, utilisation dans certains laboratoires, vernissage de parquets, travaux d’extinction d’incendies…).

    Cette reconnaissance du risque cancérogène par le droit du travail (arrêté de la Direction générale du travail du 13 juillet 2006) entraîne l’obligation, pour les entreprises,  de justifier d’actions visant « à substituer son usage à un produit non nocif pour la santé ou à en protéger les travailleurs« .

    TRAVAILLEURSD’autant qu’on en trouve à peu près partout : désinfectants, série des biocides, fixateurs, liants… Il est aussi bien dans les produits de bricolage, d’entretien, dans les revêtements de murs, de sols ou de meubles, dans les plastiques, dans la fumée de tabac. Bref, 5 % des produits chimiques en contiennent.

    Il pénètre l’organisme par les voies respiratoires, oculaires, auditives, les intestins et la peau où il peut provoquer des réactions allergiques.

    Ses concentrations

    Il est très présent dans l’air des logements en France :

    • 10 % des logements sont « multi pollués »
    • 4 % subiraient des concentrations supérieures ou égales à la valeur guide de l’Afsset pour des expositions de deux heures.

     

    Les marges (technocratiques) du tolérable

    L’Afsset, en collaboration avec le CSTB, propose des valeurs-guides : 10 µg/m3 (10 microgrammes par mètre cube) pour une exposition de longue durée.

    Le Haut Comité de Santé Publique (HCSP) quant à lui propose :

    • 10 µg/m3 (10 microgrammes par mètre cube) comme valeur « cible » à atteindre dans 10 ans
    • 30 µg/m3 comme valeur « repère » tolérable ; à condition de profiter de travaux de rénovation pour choisir les matériaux plus sains et atteindre l’objectif de 10 μg/m3.

     

    L’AFSSET a aussi développé une procédure qui permet d’identifier et de promouvoir les matériaux et les produits « faiblement émissifs ».

    L’INPES, quant à elle, a publié un guide sur la pollution de l’air intérieur avec des conseils pour repérer les sources et savoir les réduire.

    Cependant cette même Afsset cherche à assainir milieux professionnels et environnementaux : actions de prévention, substitution, concentration – surveillance des travailleurs exposés – amélioration des connaissances médicales.

     

     

    • Le PNSE 2, concernant le même sujet préconise dans le cadre du règlement européen R.E.A.Ch :
    • restriction du formaldéhyde pour certains usages (matériaux de construction, panneaux de particules de bois…)
    • mise en place d’un étiquetage obligatoire

    Désormais l’Anses a proposé de retenir les valeurs-guides existantes pour les locaux de certains établissements recevant du public : écoles, crèches, établissements sanitaires, établissements sportifs couverts) :

    • 30 µg/m3 pour une exposition de longue durée à compter du 1er janvier 2015 ;
    • 10 µg/m3 pour une exposition de longue durée à compter du 1er janvier 2023.
    • valeurs inférieures à la valeur-guide de 100 µg/m3 proposée par l’OMS !

    Ces valeurs-guides doivent être régulièrement révisées, en fonction des résultats des campagnes favorisant la qualité de l’air intérieur et des progrès réalisés dans la substitution du formaldéhyde par d’autres produits. (Anses, 2011).

    Un défi, dont il faut oser parler …

    éco-conception des soinsAu-delà des matériaux de construction et de rénovation, il faut supprimer le formol dans nos structures hospitalières (comme nous avons déjà supprimé l’éther) pour protéger nos professionnels contre sa haute toxicité. Des procédés existent pour supprimer intégralement ce produit mais visiblement le changement d’habitude semble perturber nos anatomopathologistes qui rétorquent que c’est plus cher !!!

     

     

    Est-ce une plaisanterie ?

    Non, nous décidons donc d’en parler…

    Nous avons inventorié ces procédés alternatifs, ils sont à votre disposition si vous décidez d’agir…

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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