Du Phénoxyéthanol dans les produits pour bébé

    Un peu de Perchlorate dans votre eau froide ?

    Il faut le croire puisque l’ANSM – à la suite du rapport réalisé par le Comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs, renouvelle son alerte concernant la présence de phénoxyéthanol, dans les produits destinés aux bébés. Or le phénoxyéthanol est un produit conservateur plus que suspect.

    Pourquoi ce rappel ?

    Parce-que le phénoxyéthanol qu’on trouve dans différents produits cosmétiques n’a rien à faire dans ceux qui sont destinés aux bébés. C’est pourquoi l’ANSM en 2012 déjà,  proscrivait le phénoxyéthanol dans les produits destinés aux fesses de bébé. Quant aux autres produits destinés aux enfants de moins de 3 ans, elle fixait la teneur maximale de cette substance à 0.4% .

     

    Or le Comité scientifique européen a publié une étude en 2016 qui affirmait qu’une concentration de 1% de phénoxyéthanol dans les produits cosmétiques ne présentait aucun danger pour qui que ce soit, quel que soit son âge !

    Ce qui a conduit l’ANSM à créer un Comité scientifique spécialisé temporaire,  chargé de travailler sur l’utilisation du phénoxyéthanol dans l’industrie cosmétique pour vérifier, voire confirmer ou infirmer, les recommandations de 2012 de l’ANSM. C’est ce rapport vient d’être publié par l’ANSM et sur lequel nous attirons votre attention ici.

     

    Le rapport du CSST du 28 mai 2018.

     

    Il dénonce prioritairement les lingettes et les produits pour le siège des bébés.

    Il s’appuie sur une étude nationale réalisée entre 2013 et 2016 qui montre que les parents utilisent chaque jour cinq produits cosmétiques en moyenne pour leur enfant âgé entre 0 et 3 ans. Au nombre desquels les lingettes, les nettoyants pour les cheveux et le corps, les laits hydratants pour le corps, les eaux lavantes et les crèmes pour le siège ont retenu particulièrement  leur attention. Ce qui a permis d’établir que les lingettes et produits pour le siège constituent une part essentielle de l’exposition au phénoxyéthanol.

    Et de conclure : « La recommandation par l’ANSM de non-utilisation du phénoxyéthanol dans les produits cosmétiques destinés au siège doit être maintenue. Il est souhaitable de l’élargir aux lingettes qui sont très habituellement utilisées aussi pour nettoyer le siège des jeunes enfants ».

    Et de maintenir néanmoins la concentration maximale de phénoxyéthanol à 1% pour les autres produits cosmétiques à l’usage des enfants de 3 ans ou moins !

     

    Et les femmes enceintes ?                        

     

    S’appuyant sur l’étude réalisée sur la cohorte mère-enfant nommée PELAGIE,  le CSST a constaté un lien entre l’exposition des femmes enceintes au phénoxyéthanol et des anomalies de la reproduction et du développement. Son rapport indique que « l’élévation de la concentration d’acide phénoxyacétique [métabolite principal du phénoxyéthanol] mesuré dans les urines des femmes recueillies en début de grossesse a été associée à un allongement du délai nécessaire à concevoir, à des modifications du niveaux de plusieurs hormones stéroïdiennes dans le sang du cordon et à des modifications d’un score de compréhension verbale ».

     

    Prudent, le CSST suggère que le lien de cause à effet n’étant pas établi, ces résultats doivent être confirmés. De quoi continuer à contaminer d’innombrables femmes enceintes et enfants pendant trois ou quatre ans supplémentaires.

    Il nous reste le principe de précaution. Mais qui l’applique vraiment ?

    Probablement pas tous les industriels.

     

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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