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Violences hospitalières : les menaces se confirment.

Violences hospitalières : les menaces se confirment.

La particulière vulnérabilité des établissements de santé devant la recrudescence des attentats islamistes sur notre territoire (et celui d’autres pays européens ou extra-européens) nous a inspiré un article et d’un appel aux autorités responsables, il y a peu de temps.

Nous revenons sur ce sujet ultra-sensible à partir de faits concrets qui montrent que notre inquiétude, – et notre indignation – devant l’irresponsabilité des pouvoirs publics en matière de protection des hôpitaux et cliniques, de leurs patients et de leur personnel, sont parfaitement justifiées.

En France

Ainsi le dimanche 7 août un visiteur poignarde à mort une résidente dans sa chambre de l’Ehpad de Lutzelhouse (Bas Rhin) .

On apprendra que cet homme est âgé de 48 ans, qu’il n’appartient pas à l’établissement, « qu’il était venu rendre visite à la nonagénaire » comme il le faisait souvent, car ils étaient originaires de la même commune.

Arrêté et placé en garde à vue dans un premier temps, il a très vite fait l’objet d’une « mesure immédiate d’hospitalisation sous contrainte « en raison de son état psychiatrique. On nous dit que les investigations se poursuivent, en vue de l’ouverture d’une information judiciaire criminelle qui permettra notamment de déterminer « les motivations de l’auteur des coups de couteau et les raisons de son passage à l’acte ».

C’est comme dans Molière où le faux médecin se rend à une réunion de ses confrères pour « voir et aviser ce qu’il aurait fallu faire pour guérir le malade qui mourut la veille« .

Sauf que nous ne sommes pas au XVIIème siècle et qu’on ne devrait pas laisser circuler librement un déséquilibré armé d’un couteau dans un établissement où nos anciens sont supposés être protégés.

A Lyon, il y a quelques jours, deux familles se sont livrées à un règlement de compte dans les locaux de l’hôpital Edouard Herriot. Ce sont les membres du personnel soignant qui ont réussi à désarmer l’énergumène qui, armé d’une arme blanche, s’apprêtait à régler son compte au blessé qu’on était en train de soigner ! Aucune mention de l’intervention d’un quelconque service d’ordre…

Interrogés par les journalistes les infirmières et médecins expliqueront qu’ils sont soumis quotidiennement à une forte agressivité « incivilités, agressions physiques et verbales ». L’hôpital a mis en place une vidéo-surveillance, des sas de sécurité, des portes fermées, des vitres blindées, mais visiblement cela ne suffit pas à intimider un forcené ou un fanatique voulant faire preuve de violence quand il est mis en rapport avec d’autres personnes et surtout les soignants. Il reste alors soit à se défendre – comme l’ont fait le courageux personnel d’Edouard Herriot – soit à faire appel aux « forces de l’ordre » qui, telles l’arc-en-ciel après l’orage, ne peuvent intervenir que lorsque l’irréparable a déjà été commis.

Comment la France en est-elle arrivée à ce qu’il nous faille transformer tous nos lieux publics en blockhaus – écoles, églises, hôpitaux, musées, promenades,  bars, restaurants, etc… – pour protéger une société parfaitement pacifique et civilisée il y a encore quarante ans ? Poser la question c’est y répondre mais c’est une réponse qui ne plaît pas à nos responsables, coupables d’avoir laissé s’installer cette situation qui nous transforme peu à peu en un nouveau Liban ou en nouvelle Syrie.

Hors de France

Le lundi 8 août : 70 morts et une centaine de  blessés provoqués par un attentat suicide à la bombe dans un hôpital de Quetta au Pakistan. Attentat revendiqué fièrement par l’Etat islamique (EI) mais aussi par Jamaat-ul-Ahrar, une faction dissidente du mouvement des talibans pakistanais qui a généreusement promis d’autres courageuses attaques de personnes sans défense  « jusqu’à l’imposition d’un système islamique » dans le pays. Charmante perspective….qui nous pend au nez étant donné l’aveuglement de nos élites politiques.

La bombe a explosé au milieu de deux cents personnes, dont beaucoup d’avocats et de journalistes, rassemblées devant les urgences de l’hôpital pour manifester leur soutien au  bâtonnier de la province, Bilal Anwar Kasi assassiné  par les mêmes, quelques heures plus tôt. Toutes ces personnes avaient le tort immense d’appartenir à « la frange la plus libérale » des milieux politiques de la province ! Ce qui ne pouvait que susciter la plus vertueuse indignation du poseur de bombes qui s’était harnaché d’un engin composé de 8 kgs d’explosifs et bourré d’éclats de billes et de métal, pour que tout le monde puisse profiter de son pieux dévouement.

« Le Pakistan c’est loin, c’est un pays de fanatiques et nous n’avons pas de Talibans » nous répondrez-vous ?

Nous transmettrons votre remarque aux familles des 250 victimes que les amoureux d’Allah ont massacrées depuis début 2015

En Europe

D’ailleurs nous avons appris que le 26 juillet 2016, jour de l’égorgement du père Hamel chez nous, un médecin de l’hôpital universitaire Benjamin-Franklin de Berlin avait été abattu par arme à feu par un patient qui s’est ensuite suicidé. On ne connaît  pas les raisons de cet acte…mais on nous affirme que « rien  n’indique un attentat » ! Encore un « déséquilibré » sans doute…..

Après que les coups de feu aient retenti la direction de l’hôpital a demandé à ses employés de se confiner et de s’enfermer. Sage précaution, mais n’aurait-il pas mieux valu que le porteur d’une arme à feu soit découvert et mis hors d’état de nuire avant même d’entrer dans le hall de l’hôpital ?

Que les agresseurs soient motivés par l’amour et la jalousie, la haine, l’idéologie ou quelque autre fumeuse raison, peu nous chaut : ils devraient en toute circonstance être détectés, refoulés voire arrêtés avant de passer à l’acte. S’interroger ensuite sur leurs motivations ne sert qu’à charger les enquêteurs d’une tâche devenue parfaitement dérisoire par rapport au problème qui nous préoccupe : la protection de nos établissements de santé.

Le bouquet final

25 personnes (au moins) blessées par l’explosion d’une bombe qui visait un véhicule de police qui passait près d’un hôpital, dans la localité de Kiziltepe, au sud de la ville de Mardin en Turquie.

Attentat attribué-à et revendiqué-par les « déséquilibrés » du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Outre ces personnes blessées, il faut considérer la destruction des bâtiments et des véhicules alentour.

Que ferons nous lorsqu’un fou l’Allah ou autre détraqué pénétrera dans un de nos hôpitaux avec une bombe ou une mitraillette soigneusement dissimulées sous les gandouras ou les hidjabs qui se multiplient dans nos rues, et que des dizaines de personnes – soignants et soignés – inonderont les couloirs et les chambres de leurs sang et de leur débris de chair ?

Aurons-nous droit à la visite de ces ministres à face de carême venus nous dire leur « indignation et leur émotion » – dont nous nous moquons – et de leur « détermination à lutter contre le terrorisme » que nous ne prendrons au sérieux que lorsque :

1/ des mesures de sécurité sérieuses seront prises pour protéger ces lieux de vie et de solidarité concrète que sont les hôpitaux, cliniques, maisons de santé et de retraite et qu’on risque sous peu de transformer en lieux de massacre et de mort.

2/ d’une manière plus générale, lorsque l’ennemi qui nous menace, parfaitement identifié, sera enfin clairement nommé et combattu.

Ce qui n’est pas le cas pour le moment pour des raisons politiques qui ne pèseront pas lourd quand l’Histoire et les générations futures jugeront nos gouvernements actuels.

Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

 http://politiquedesante.fr/2014/10/27/un-projet-pour-lutter-contre-les-violences-hospitalieres/

http://politiquedesante.fr/2016/05/04/violences-et-systeme-de-sante-un-terrible-engrenage/

http://politiquedesante.fr/2014/04/22/les-violences-contre-les-medecins-sont-encore-en-hausse/

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