Des champs magnétiques à géométrie variable ?

    © Copyright 2010 CorbisCorporationLa ministre de l’Écologie et de l’Énergie Delphine Batho « demande aux préfets de recommander aux gestionnaires d’établissements et aux autorités compétentes en matière d’urbanisme de ne pas implanter de nouveaux établissements sensibles dans des zones exposées à un champ magnétique supérieur à 1 microtesla ». Elle suit ainsi l’avis de l’Afsset (devenue Anses) qui, dès 2010 recommandait « de ne plus installer ou aménager des bâtiments sensibles (hôpitaux, maternités, établissements accueillant des enfants etc.) à moins de 100 mètres des lignes de transports d’électricité à très haute tension ». « Par précaution » précisait-elle. Souci partagé par l’Opecst (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques)

    C’est le CGEDD (Conseil général de l’environnement et du développement durable) et le CGIET (Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies) qui ont été chargés de diligenter la mission portant sur les modalités envisageables pour la mise en œuvre des recommandations de l’Anses. Le ministre recommande en particulier de ne pas autoriser  » l’implantation de nouveaux établissements sensibles (hôpitaux, maternités, établissements accueillant des enfants tels que crèches, maternelles, écoles primaires, etc.) dans les zones qui, situées à proximité d’ouvrages très haute tension, haute tension, lignes aériennes, câbles souterrains et postes de transformation ou jeux de barres, sont exposées à un champ magnétique de plus d’un microtesla, cette valeur, appliquée en bordure de zone de prudence, apparaissant globalement compatible avec la valeur d’exposition permanente des occupants de bâtiments sensibles de 0,4 microtesla proposée par l’avis de l’Anses. »

    Parfait. Très bonne décision. Mais encore une fois et comme pour les déchets toxiques, pourquoi ne prendre que des demi-mesures ? Ne plus autoriser des constructions de bâtiments sensibles à proximité de lignes à haute tension est sans doute une bonne chose. Mais pourquoi peut-on continuer à construire des maisons, des bureaux, des centres commerciaux à proximité de ces mêmes lignes ? 

    Si les informations dont dispose le gouvernement révèlent un danger quelconque pour la santé, il faut bien évidemment étendre cette sage décision à l’ensemble des bâtiments accueillant ou abritant des êtres humains…Non ?

    Pourquoi cette « discrimination » qui pourra être reprochée plus tard à la ministre si des nuisances se confirment alors, qu’en fait, elle est la seule qui ait osé prendre une mesure…dont on parlait depuis des années sans jamais passer à l’acte ?

     

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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